23/10/2025
𝑳’𝒊𝒈𝒏𝒐𝒓𝒂𝒏𝒄𝒆 𝒄𝒊𝒗𝒊𝒒𝒖𝒆
La démocratie repose sur la participation éclairée des citoyens à la vie publique. Pourtant, au Gabon, cette participation est souvent entachée par une méconnaissance profonde des droits et devoirs civiques.
Ce phénomène, que l’on peut qualifier d’ *ignorance civique*, affaiblit les fondements démocratiques du pays et compromet la qualité des décisions politiques. Il ne s’agit pas simplement d’un manque d’information, mais d’un désintérêt généralisé et d’une instrumentalisation du vote, qui transforment l’acte électoral en une formalité dénuée de sens.
Selon des observations locales, plus de 80 % des Gabonais votent pour des raisons non civiques: en échange d’argent, par fidélité familiale ou ethnique, par suivisme ou par habitude. Le vote devient alors un acte mécanique, vidé de sa portée citoyenne.
Ce comportement est symptomatique d’une société où le citoyen ne se sent ni responsable ni concerné par les enjeux politiques. Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
- L’absence de volonté politique : L’État gabonais n’a pas mis en place de politique éducative solide en matière de citoyenneté. L’enseignement civique dans les écoles est souvent superficiel, mal adapté ou absent.
- Le déficit d’information: Les populations ne sont pas suffisamment informées sur les rôles des élus (maires, députés, sénateurs, conseillers municipaux et départementaux), ni sur les enjeux des différents scrutins.
- Le désintérêt des jeunes: La jeunesse, qui représente une majorité démographique, est souvent exclue des débats politiques ou réduite à un rôle passif. Des campagnes comme celle menée par l’ONG MALACHIE tentent de combler ce vide, mais restent marginales.
- La normalisation de l’incivisme: Le non-respect des règles de vie en société, le rejet des institutions et la banalisation de la corruption électorale sont devenus des comportements courants, renforçant le cycle de l’ignorance.
Le philosophe gabonais Bonaventure Mvé Ondo dénonce une société où l’ignorance est parfois revendiquée comme une forme de légitimité sociale.
Cette posture affaiblit la valeur du savoir et marginalise ceux qui cherchent à comprendre et à s’engager.
L’ignorance civique est un mal profond qui mine la démocratie gabonaise. Elle transforme les citoyens en spectateurs passifs ou en instruments électoraux, au lieu d’en faire des acteurs éclairés du changement.
Pour y remédier, il est urgent de repenser l’éducation civique, de renforcer les campagnes de sensibilisation, et de redonner du sens à l’acte de voter.
Une démocratie ne peut prospérer que si ses citoyens comprennent les enjeux, les responsabilités et les pouvoirs qu’ils détiennent. L’avenir du Gabon dépend de cette prise de conscience collective.
𝐀𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐝𝐮 𝐆𝐡𝐞𝐭𝐭𝐨.