06/08/2026
Madame Anne Marie Linda présidente de la (AML) qui s’exprime et soutient Madame la ministre de la jeunesse Grâce Emie KUTINO
« je considère que son analyse néglige une question fondamentale : le rôle de la Constitution dans la protection durable des droits de la jeunesse.
La Constitution est la norme suprême de l'État. Elle fixe les principes qui orientent toutes les lois, les politiques publiques et les budgets nationaux. Lorsque la jeunesse y est insuffisamment prise en compte, les gouvernements successifs disposent de moins d'obligations constitutionnelles spécifiques à son égard.
À ce jour, les articles 42 et 43 de la Constitution abordent principalement le droit à l'éducation, à la culture, à la protection et à l'épanouissement de la jeunesse. Ces dispositions sont importantes, mais elles demeurent limitées au regard des défis actuels auxquels font face les jeunes Congolais.
Les difficultés dénoncées par Mme Djena NKadia chômage, précarité, domination du secteur informel, faible accès aux opportunités économiques ne constituent pas un argument contre une révision de la Constitution. Elles peuvent, au contraire, démontrer qu'il est nécessaire de renforcer le cadre constitutionnel afin d'imposer à l'État des engagements plus précis envers la jeunesse.
Réviser la Constitution ne signifie pas ignorer les problèmes sociaux ; cela peut permettre de créer une base juridique plus solide pour les combattre durablement. Une Constitution modernisée pourrait, par exemple, consacrer des principes relatifs à l'emploi des jeunes, à leur accès à l'entrepreneuriat, à leur participation aux institutions publiques, à leur formation professionnelle, à leur innovation, à leur accès au numérique et à des mécanismes de financement adaptés.
Il ne faut pas opposer les revendications sociales à la réforme constitutionnelle qu'a proposée Mme la ministre de la Jeunesse, Grâce Émie KUTINO. Au contraire, les deux peuvent être complémentaires. Les politiques publiques répondent aux besoins immédiats, tandis que la Constitution garantit que ces droits resteront protégés au-delà d'un seul gouvernement.
Ainsi, soutenir une réflexion sur la révision de la Constitution ne revient pas à détourner l'attention des difficultés de la jeunesse. Cela consiste à chercher une solution structurelle afin que les générations futures bénéficient de garanties constitutionnelles plus fortes.
La jeunesse représente la majorité de la population congolaise et constitue l'avenir de la Nation. Une Constitution moderne devrait refléter cette réalité en accordant à la jeunesse une place plus importante, non comme une faveur politique, mais comme une exigence de justice, de développement et de stabilité nationale … »