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Tribune : Conakry, le théâtre des dégagements sans lendemainPar Mohamed Fodé Fofana Les bulldozers rugissent, les forces...
21/01/2026

Tribune : Conakry, le théâtre des dégagements sans lendemain

Par Mohamed Fodé Fofana

Les bulldozers rugissent, les forces de l’ordre s’affairent, et les trottoirs de Conakry retrouvent — pour quelques jours — leur visage originel. Les opérations de dégagement des emprises illégales reviennent sur le devant de la scène, comme un rituel que la Guinée connaît trop bien.

Sur le papier, l’initiative est salutaire. Elle incarne l’idée d’une capitale mieux organisée, débarrassée du chaos urbain qui étouffe ses habitants. Mais derrière le bruit des engins et les images spectaculaires, une question obsédante s’impose : combien de temps cela va-t-il durer ?

Le cycle guinéen : dégager, relâcher, recommencer
Car ce n’est pas la première fois. À chaque régime, les mêmes promesses, les mêmes démonstrations de force, et les mêmes échecs. Après quelques mois, l’anarchie reprend ses droits, les trottoirs se transforment à nouveau en marchés improvisés, et les autorités ferment les yeux. Pire, elles deviennent complices de ce désordre qu’elles prétendaient combattre.

Propagande ou véritable réforme ?

Il est légitime de se demander si ces opérations ne sont pas qu’un coup de propagande, destiné à impressionner l’opinion publique et à donner l’illusion d’une gouvernance ferme. Car en Guinée, tout semble parfois relever du spectacle : des annonces tonitruantes, des gestes symboliques, mais rarement une stratégie durable.

Le risque de l’habitude

Le citoyen guinéen n’est pas dupe. Il a vu trop de campagnes de « dégagement » finir en mascarade. Il sait que l’ordre affiché aujourd’hui peut se transformer demain en chaos toléré. Et il se demande, avec une ironie amère, si ce n’est pas là une nouvelle pièce dans le théâtre politique guinéen.

Ce qu’il faudrait vraiment

Ce que Conakry attend, ce n’est pas une opération ponctuelle, mais une politique urbaine cohérente et continue. Un suivi rigoureux, une responsabilisation des autorités locales, et surtout une volonté politique qui dépasse la simple mise en scène. Sans cela, les dégagements resteront des feux de paille, vite consumés par l’anarchie.

Pénurie de carburant : Le silence coupable de la SONAPPar Vox GuinéeLa Guinée suffoque. Les files interminables devant l...
25/11/2025

Pénurie de carburant : Le silence coupable de la SONAP

Par Vox Guinée

La Guinée suffoque. Les files interminables devant les stations-service sont devenues le symbole d’un pays pris en otage par ses propres institutions. Chaque pénurie de carburant plonge les citoyens dans un calvaire sans fin : taxis introuvables, prix des denrées qui flambent, activités économiques paralysées. Et pourtant, face à cette détresse collective, la Société Nationale des Pétroles (SONAP) choisit le silence.

Le carburant, devenu luxe inaccessible
Dans les rues de Conakry comme dans les villes de l’intérieur, le carburant n’est plus un bien de consommation courante, mais un mirage. Les Guinéens se battent pour quelques litres, les spéculateurs prospèrent, et les familles réduisent leurs déplacements au strict minimum. Le quotidien est rythmé par l’angoisse : trouver de l’essence est devenu une mission impossible.

Une institution muette
Ce qui scandalise davantage que la pénurie elle-même, c’est l’absence totale de communication. La SONAP, censée garantir l’approvisionnement et la transparence, se mure dans un mutisme glacial. Pas d’explication, pas de calendrier, pas de parole pour apaiser les esprits. Ce silence est une insulte à la dignité nationale.

Le peuple abandonné
Pendant que les dirigeants se taisent, les Guinéens souffrent. Les malades peinent à atteindre les hôpitaux, les étudiants manquent leurs cours faute de transport, les commerçants voient leurs marchandises pourrir. Le carburant, qui devrait être un outil de mobilité et de production, est devenu un instrument de souffrance collective.

Une faillite morale
Il ne s’agit plus seulement d’une crise logistique. C’est une crise de confiance. Quand une institution publique choisit le silence face à la détresse, elle abdique son rôle de service au citoyen. La SONAP doit comprendre que l’énergie n’est pas un privilège, mais un droit vital.

Vox Guinée interpelle
La Guinée ne peut continuer à vivre au rythme des pénuries et des spéculations. Le peuple mérite des explications, des solutions, et surtout du respect. Tant que la SONAP persiste dans son mutisme, les files d’attente devant les stations ne seront pas seulement des files pour du carburant, mais des files de désespoir.

Le silence n’est plus une option. La parole et l’action sont des devoirs.

⚡ Électricité de Guinée : Le silence de l’État face à l’humiliation nationalePar Mohamed Fodé Fofana Il est temps de bri...
16/11/2025

⚡ Électricité de Guinée : Le silence de l’État face à l’humiliation nationale

Par Mohamed Fodé Fofana

Il est temps de briser l’omerta. L’Électricité de Guinée (EDG), censée incarner un service public vital, s’est transformée en symbole d’arrogance, d’incompétence et de corruption. Chaque jour, des milliers de citoyens subissent l’humiliation d’une entreprise qui devrait leur garantir un droit fondamental : l’accès à l’énergie.

Un citoyen abandonné, un peuple méprisé

À Samatran village, un citoyen attend depuis des mois la pose d’un compteur. Sa demande est restée lettre morte. Pire encore, il découvre que des agents de l’EDG pratiquent un commerce parallèle : des compteurs vendus à 300.000 francs guinéens, alors qu’ils devraient être gratuits. Gratuit, car il s’agit d’un droit, et non d’une faveur.

Service client ou machine à mépriser ?

Le calvaire ne s’arrête pas là. Le service client, censé être une bouée de secours, est devenu une farce nationale. Les appels sont payants, et les agents décrochent pour… raccrocher au nez des usagers. Voilà le respect accordé à des citoyens qui, chaque mois, paient leurs factures dans la douleur et l’incertitude.

La question qui dérange

Dans ce pays, les pauvres n’ont-ils pas droit à un traitement digne ? Obtenir un compteur, une réponse, une écoute, est-ce devenu un privilège réservé à une élite ? Ou bien l’État considère-t-il que les citoyens ordinaires doivent se résigner à subir, en silence, l’arbitraire d’une entreprise publique transformée en machine à humilier ?

L’État complice par son silence

Ce scandale n’est pas seulement celui de l’EDG. C’est celui de l’État, qui ferme les yeux. Laisser prospérer une telle dérive, c’est cautionner l’injustice. C’est admettre que la corruption et le mépris sont devenus la norme.

Jusqu’à quand ?

Jusqu’à quand tolérerons-nous que des citoyens soient rackettés pour un compteur ? Jusqu’à quand accepterons-nous que des agents censés servir le peuple se comportent en bourreaux ? Jusqu’à quand l’État se dérobera-t-il à son devoir de protéger les plus vulnérables ?

Une question de dignité nationale

La Guinée mérite mieux. Ses citoyens méritent mieux. Si l’EDG est incapable de se réformer, alors que l’État assume ses responsabilités : sanctionner, réorganiser, ou remplacer. Car ce qui se joue ici dépasse l’électricité. C’est la dignité nationale qui est en cause.

Que ce passe t'il entre Black M et MC Fresh ?
20/10/2025

Que ce passe t'il entre Black M et MC Fresh ?

🇨🇮Côte d’Ivoire 2025 : une élection sous le signe de la résilience démocratiquePar Mohamed Fodé FofanaÀ l’aube du scruti...
10/10/2025

🇨🇮Côte d’Ivoire 2025 : une élection sous le signe de la résilience démocratique

Par Mohamed Fodé Fofana

À l’aube du scrutin présidentiel du 25 octobre 2025, la Côte d’Ivoire se trouve à la croisée des chemins. Ce rendez-vous électoral, censé consolider les acquis démocratiques, se déroule dans un climat de recomposition politique, de tensions sociales et de défis économiques persistants.

Le président sortant Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, brigue un quatrième mandat. Une candidature qui suscite des critiques, notamment de la part de l’opposition, qui dénonce une lecture controversée de la Constitution et une exclusion ciblée de figures majeures telles que Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro ou Charles Blé Goudé.

Face à cette dynamique, la coalition CAP-CI, regroupant 25 partis dont le PDCI, le FPI et le MGC, tente de fédérer une opposition fragmentée autour de la transparence électorale et de la réconciliation nationale. Mais les tensions identitaires, ravivées par les débats sur la nationalité de certains candidats, rappellent les fractures post-crise de 2010 et menacent la cohésion sociale.

Sur le plan économique, le programme présidentiel « Une Côte d’Ivoire solidaire » a permis des avancées notables : croissance soutenue, modernisation des infrastructures, amélioration de l’accès à l’eau et à l’électricité, et promotion du capital humain. Toutefois, ces progrès restent inégalement répartis. Les disparités régionales, le chômage des jeunes, et les inégalités sociales alimentent un sentiment d’exclusion dans certaines franges de la population.

La jeunesse, qui représente une majorité démographique, réclame plus que des promesses : des opportunités concrètes, une gouvernance inclusive, et une justice sociale réelle. Les femmes, également au cœur des politiques publiques, attendent des mesures durables pour leur autonomisation économique et politique.

La Commission électorale indépendante (CEI), sous pression, doit garantir un processus transparent, équitable et apaisé. La société civile et la communauté internationale observent avec attention, conscientes que tout glissement pourrait raviver les tensions latentes.

Plus qu’un scrutin, un test de maturité

La présidentielle ivoirienne de 2025 est plus qu’un rendez-vous électoral. Elle est un test de résilience démocratique, un appel à la responsabilité collective, et une opportunité de réconcilier les mémoires pour construire un avenir commun. Le choix appartient aux Ivoiriens, mais la responsabilité incombe à tous les acteurs du processus.

🇫🇷 France en panne : chronique d’une République en mode farcePar Mohamed Fodé Fofana – Vox GuinéeParis, octobre 2025. Al...
10/10/2025

🇫🇷 France en panne : chronique d’une République en mode farce

Par Mohamed Fodé Fofana – Vox Guinée

Paris, octobre 2025. Alors que le monde affronte des défis majeurs – climatiques, géopolitiques, économiques – la France, elle, semble s’être enfermée dans une pièce de théâtre absurde, où les rôles se redistribuent sans logique, et où le scénario se répète à l’infini. La re-renomination de Sébastien Lecornu en est le dernier acte d’un vaudeville institutionnel qui ne fait plus rire personne.

Le Président de la République, dans un jeu d’humeur digne d’un marionnettiste hésitant, alterne les gestes d’affection et les reniements politiques. Pendant ce temps, le Premier ministre provisoire – compétent mais marginalisé – tente de maintenir une façade de gouvernance, sans véritable pouvoir ni vision. Le pays, lui, s’enlise. Les réformes stagnent, les urgences s’accumulent, et les citoyens se détournent d’un spectacle qui ressemble de plus en plus à une fin de règne sans panache.

Ce qui frappe, c’est l’indécision érigée en méthode. Les ministres sont recyclés comme des accessoires de décor, les annonces se succèdent sans cohérence, et la République semble se contenter d’un théâtre d’ombres où l’apparence supplante l’action. Dans ce climat, la confiance s’effrite, l’engagement civique recule, et l’idée même de débat démocratique perd de sa substance.

La France, jadis modèle de rigueur républicaine, donne aujourd’hui l’image d’un pouvoir en roue libre, plus préoccupé par ses équilibres internes que par les attentes de ses citoyens. Et si l’on peut encore parler de gouvernance, c’est avec une ironie amère, tant les décisions semblent dictées par l’improvisation plutôt que par une vision d’avenir.

À l’heure où les peuples cherchent des repères, des leaders capables de porter des projets clairs et audacieux, la France offre le spectacle d’une République en mode farce. Une comédie politique qui, hélas, ne fait plus rire que ceux qui en tirent les ficelles.

🇲🇫France, La démission de Sébastien Lecornu : un symptôme d’un pouvoir en criseCe lundi matin, Sébastien Lecornu a remis...
06/10/2025

🇲🇫France, La démission de Sébastien Lecornu : un symptôme d’un pouvoir en crise

Ce lundi matin, Sébastien Lecornu a remis sa démission à Emmanuel Macron, à peine un mois après sa nomination à Matignon. Une décision brutale, mais révélatrice d’un malaise politique plus profond : celui d’un exécutif en perte de repères, de cohérence et de légitimité.

Une démission éclair, un gouvernement éphémère

Nommé le 9 septembre, Lecornu n’aura eu que quelques semaines pour tenter de bâtir un gouvernement. Mais dès l’annonce de sa composition, les critiques ont fusé : manque de rupture, recyclage de figures contestées, absence de vision claire. La nomination de Bruno Le Maire au ministère des Armées, en particulier, a cristallisé les tensions, accusé d’avoir aggravé la dette publique et d’incarner une continuité rejetée par une partie de la droite.

Face à la fronde des Républicains, à la menace de départ de Bruno Retailleau, et à la pression croissante des oppositions, Lecornu a choisi de jeter l’éponge. Un geste qui, loin d’apaiser, plonge davantage le pays dans l’incertitude.

Un président fragilisé, des oppositions galvanisées

La démission du Premier ministre n’est pas un simple épisode gouvernemental. Elle est un signal d’alarme pour Emmanuel Macron, dont l’autorité semble vaciller. Les appels à la dissolution de l’Assemblée nationale se multiplient, notamment du côté du Rassemblement National. À gauche, certains vont plus loin : Clémence Guetté (LFI) et Philippe Brun (PS) réclament ouvertement le départ du président.

Dans ce climat de défiance, les oppositions affûtent leurs armes. Les écologistes évoquent une motion de censure, les socialistes se disent prêts à gouverner, et les Républicains convoquent en urgence leur comité stratégique. Le pays entre dans une zone de turbulences politiques majeures.

Une démocratie en quête de souffle

Au-delà des jeux d’appareils, cette démission interroge sur l’état de notre démocratie. Comment expliquer qu’un Premier ministre, censé incarner la stabilité, soit contraint de partir avant même d’avoir prononcé son discours de politique générale ? Comment justifier un tel désordre institutionnel, alors que les Français attendent des réponses sur le pouvoir d’achat, la sécurité, la transition écologique ?

Ce départ précipité est le reflet d’un pouvoir qui peine à se réinventer, à écouter, à fédérer. Il appelle à une refondation du contrat démocratique, à une nouvelle manière de gouverner, plus transparente, plus participative, plus respectueuse des équilibres politiques.

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Sébastien Lecornu s’en va, mais les questions demeurent. Et elles sont brûlantes. Le président Macron a désormais le choix : nommer un nouveau Premier ministre, dissoudre l’Assemblée, ou ouvrir une nouvelle page politique. Quelle qu’elle soit, elle devra être écrite avec les Français, et non contre eux.

🇬🇳 Alpha Condé demande pardon pour les violences sous son régime : entre reconnaissance et stratégie politiqueConakry, 2...
03/10/2025

🇬🇳 Alpha Condé demande pardon pour les violences sous son régime : entre reconnaissance et stratégie politique

Conakry, 2 octobre 2025 — À l’occasion du 67ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée, l’ancien président Alpha Condé a adressé un message solennel à la nation, marqué par une demande de pardon pour les victimes des violences politiques survenues durant ses onze années de gouvernance. Ce geste, inédit dans son parcours, suscite à la fois espoir, scepticisme et interrogations sur ses intentions profondes.

Un discours empreint de contrition

Dans une déclaration rendue publique ce 2 octobre, Alpha Condé a exprimé ses condoléances aux familles des victimes des manifestations réprimées sous son mandat, notamment celles liées aux crises électorales et aux contestations populaires.
> « Je voudrais, encore une nouvelle fois, adresser mes condoléances à leurs familles, prier pour le repos de leurs âmes et demander pardon au nom de l’État guinéen », a-t-il déclaré.

Cette reconnaissance t**dive des souffrances vécues par de nombreux citoyens marque un tournant dans la posture de l’ancien chef d’État, longtemps accusé de minimiser les conséquences humaines de ses politiques sécuritaires.

Un bilan contrasté, entre progrès et manquements

Alpha Condé a également profité de son allocution pour rappeler les acquis de son régime, citant notamment :
- La mise en service des barrages hydroélectriques de Kaléta et Souapiti
- L’amélioration des infrastructures routières, scolaires et hospitalières
- La création de l’Agence nationale de financement des collectivités (ANAFIC)

Cependant, il a reconnu que certains « manquements » n’ont pu être corrigés avant son renversement par le coup d’État du 5 septembre 2021. Une reconnaissance qui, pour certains observateurs, pourrait ouvrir la voie à une forme de réhabilitation politique.

Une critique virulente de la transition actuelle

L’ancien président n’a pas manqué de critiquer la gestion du pays par les autorités de transition, dénonçant une Guinée « affaiblie », marquée par la peur, la répression et la corruption. Il a appelé les citoyens à se mobiliser pour « libérer le pays » et à renouer avec l’esprit du 2 octobre 1958, date fondatrice de la souveraineté guinéenne.

Une demande de pardon aux multiples lectures

Ce geste soulève plusieurs interrogations :
- Est-ce une tentative sincère de réconciliation nationale ?
- S’agit-il d’un calcul politique en vue d’un retour sur la scène publique ?
- Peut-il contribuer à apaiser les tensions et à ouvrir un dialogue inclusif ?

Pour les familles des victimes, cette demande de pardon pourrait constituer une première étape vers la reconnaissance officielle des abus et la mise en place de mécanismes de justice réparatrice.

En conclusion

La prise de parole d’Alpha Condé, à la fois humble et offensive, réinscrit son nom dans le débat national. Si elle marque une rupture avec son silence antérieur sur les violences politiques, elle appelle surtout à une vigilance citoyenne et à une réflexion collective sur les conditions d’une véritable réconciliation. Le pardon, pour être pleinement reçu, devra s’accompagner d’actes concrets et d’un engagement clair envers la vérité et la justice.

🇬🇳 2 Octobre 1958 – 2 Octobre 2025 : Une Nation en Fête, une Conscience en MarchePar Mohamed Fodé Fofana Ce 2 octobre 20...
01/10/2025

🇬🇳 2 Octobre 1958 – 2 Octobre 2025 : Une Nation en Fête, une Conscience en Marche

Par Mohamed Fodé Fofana

Ce 2 octobre 2025, la Guinée célèbre 67 ans d’indépendance dans une effervescence rare, presque sacrée. Des rues de Conakry aux quartiers de la diaspora, le rouge, le jaune et le vert s’imposent comme une évidence. Le drapeau n’est plus un simple symbole : il est devenu une émotion collective, un cri silencieux d’appartenance et de dignité.

Dans les marchés, les réseaux sociaux, les salons un même souffle traverse les cœurs : celui de la fierté. Fierté d’un peuple qui, malgré les épreuves, continue de croire en lui-même. Fierté d’une jeunesse qui danse, chante, débat, rêve. Fierté d’une mémoire qui refuse l’oubli.

Mais ce qui rend cette célébration exceptionnelle, c’est l’unité qu’elle inspire. Pour une fois — et cela mérite d’être souligné — la Guinée transcende ses clivages. L’ethnie, la région, le parti, le passé : tout semble suspendu. Le pays se regarde dans le miroir de son histoire et y voit une image commune. Une image belle, forte, fragile.

Cette parenthèse d’unité est précieuse. Elle nous rappelle que la nation ne se résume pas à ses institutions, mais à ses liens invisibles : la solidarité, la mémoire, le respect. Elle nous enseigne que l’indépendance n’est pas un événement figé, mais un processus vivant, exigeant, parfois douloureux.

À Vox Guinée, nous croyons que cette fête doit être plus qu’un moment de réjouissance. Elle doit être un rappel. Un rappel que la liberté se mérite et se protège. Un rappel que l’unité ne se décrète pas, elle se construit. Un rappel que la Guinée ne pourra avancer que si elle regarde ses enfants avec équité, ses femmes avec dignité, ses jeunes avec confiance.

En ce jour de lumière, que Dieu bénisse la Guinée.

Qu’Il éclaire ses dirigeants, qu’Il apaise ses blessures, qu’Il inspire ses bâtisseurs. Que la paix soit notre héritage, que la justice soit notre boussole, que l’amour soit notre force.

Et que chaque 2 octobre soit non seulement une fête, mais un serment : celui de ne jamais trahir l’espoir de 1958.

Guinée, Ratoma : un nouveau-né introuvable, la famille accuseLa naissance s’est muée en drame au CMC de Ratoma ce 1er oc...
01/10/2025

Guinée, Ratoma : un nouveau-né introuvable, la famille accuse

La naissance s’est muée en drame au CMC de Ratoma ce 1er octobre. Un nourrisson, né par césarienne, a disparu dans des circonstances troublantes. La famille de Makalé Soumah dénonce un grave manquement du personnel et exige des réponses.

« Au lieu de profiter de son bébé, on te le vole », témoigne la tante, bouleversée.
Une enquête est ouverte, mais les proches restent sans nouvelles.

Guinée : Promulgation de la loi L2025-022-CNT pour la construction d’une route inter-États stratégiqueConakry, le 1er oc...
01/10/2025

Guinée : Promulgation de la loi L2025-022-CNT pour la construction d’une route inter-États stratégique

Conakry, le 1er octobre 2025 — Le Président de la République a officiellement promulgué, ce mardi 30 septembre, la loi ordinaire L2025-022-CNT, autorisant la ratification d’un accord de coopération pour la construction d’une route inter-États reliant Labé (Guinée) à la frontière malienne, puis à Kédougou et Fongo-Lémbi (Sénégal). Ce projet d’infrastructure, soutenu par le Fonds Africain de Développement (FAD), s’inscrit dans une dynamique régionale visant à renforcer l’intégration économique et la connectivité entre les trois pays.

Une loi adoptée dans un cadre de transition

La loi, adoptée par le Conseil National de la Transition (CNT) le 13 mars 2025 et ratifiée le 5 février, a été présentée en Conseil des ministres avant sa promulgation. Elle marque une étape décisive dans la mise en œuvre du programme Simandou 2040 et du Plan de Développement sur 7 ans, portés par des institutions telles que AGROUTE et le ministère des Infrastructures.

Objectifs du projet

- Connecter les territoires : désenclaver les zones frontalières et faciliter les déplacements entre Guinée, Mali et Sénégal.
- Stimuler les échanges économiques : favoriser le commerce régional, l’investissement et la fluidité logistique.
- Renforcer la coopération sous-régionale : consolider les liens diplomatiques et techniques entre États voisins.
- Créer des opportunités locales : générer des emplois dans les secteurs du BTP, du transport et des services connexes.

Une infrastructure à vocation stratégique

La route inter-États prévue est conçue comme un corridor de développement, capable de transformer les dynamiques économiques locales et régionales. Elle devrait également faciliter l’accès aux marchés agricoles, miniers et touristiques, tout en renforçant la résilience des communautés frontalières.

Réactions et perspectives

Des voix institutionnelles et économiques saluent cette promulgation comme un signal fort de la volonté guinéenne de s’inscrire dans une logique de coopération régionale durable. Pour les populations concernées, ce projet représente une promesse de désenclavement, de mobilité accrue et d’amélioration des conditions de vie.

🇬🇳 Guinée, 67 ans d’indépendance : entre héritage, turbulences et devoir d’avenirPar Mohamed Fodé Fofana – Vox GuinéeLe ...
30/09/2025

🇬🇳 Guinée, 67 ans d’indépendance : entre héritage, turbulences et devoir d’avenir

Par Mohamed Fodé Fofana – Vox Guinée

Le 2 octobre 1958, la Guinée entrait dans l’histoire en devenant le premier pays d’Afrique francophone à dire « non » à la communauté française, affirmant ainsi sa souveraineté. Soixante-sept ans plus t**d, alors que la nation s’apprête à célébrer cet anniversaire, une question fondamentale s’impose : que faisons-nous de cette indépendance ?

Héritage historique : une rupture fondatrice, un idéal en suspens

L’acte de 1958 fut plus qu’un rejet du néocolonialisme : il fut une promesse. Celle d’une Guinée libre, digne et solidaire. Mais cette promesse s’est heurtée à la réalité des régimes successifs, souvent marqués par l’autoritarisme, les divisions internes et les crises sociales. L’histoire nous oblige à regarder en face les échecs comme les avancées, et à interroger notre rapport à la mémoire collective.

Réformes politiques : entre refondation et incertitudes

L’année 2025 marque un tournant institutionnel majeur : référendum constitutionnel du 21 septembre, adoption d’une nouvelle constitution, promulgation du code électoral, et annonce d’élections présidentielles en décembre. Ces jalons pourraient ouvrir une nouvelle ère démocratique.

Mais des inquiétudes subsistent :

- La liberté d’expression est en recul, avec des arrestations ciblées et une presse sous pression.
- Des disparitions non élucidées nourrissent la peur et le doute.
- Le flou autour de la candidature du président actuel alimente les suspicions et fragilise la transparence du processus électoral.

La démocratie ne se décrète pas : elle se construit dans la clarté, le respect des droits et la confiance entre gouvernants et gouvernés.

Économie : potentiel immense, précarité persistante

La Guinée dispose de ressources naturelles enviées : bauxite, or, terres agricoles, jeunesse dynamique. Pourtant, la majorité de la population vit dans la précarité. Le chômage des jeunes atteint des niveaux alarmants, les prix des produits de base explosent, et l’économie informelle devient la norme.

Il est urgent de :

- Mettre en place une politique de redistribution équitable.
- Soutenir l’entrepreneuriat local et les PME.
- Lutter efficacement contre la corruption et les détournements.

L’indépendance économique reste à conquérir.

Société : fractures visibles, résilience invisible

La société guinéenne est traversée par des tensions ethniques, des inégalités de genre, une marginalisation des zones rurales et une jeunesse souvent livrée à elle-même. Mais elle est aussi porteuse d’une formidable résilience : femmes engagées, jeunes créatifs, artistes visionnaires, citoyens solidaires.

Cette énergie sociale doit être reconnue, protégée et amplifiée.

Appel à la responsabilité collective

À l’aube de ce 67ème anniversaire, il est temps d’interpeller toutes les composantes de la nation :

- Gouvernants : soyez les garants de la justice, de la transparence et du respect des libertés.
- Citoyens : refusez la résignation, engagez-vous dans le débat public, éduquez dans la dignité.
- Jeunes : ne laissez personne vous voler votre avenir. Créez, innovez, revendiquez.
- Femmes : votre voix est essentielle. Elle doit être entendue, respectée, amplifiée.
- Anciens : transmettez la mémoire, mais aussi l’exigence morale.
- Enfants : rêvez fort, car c’est dans vos rêves que se dessine la Guinée de demain.

Conclusion : l’indépendance, une œuvre inachevée

Le 2 octobre ne doit pas être un simple rituel. C’est une date qui nous oblige à regarder le passé avec lucidité, à vivre le présent avec courage, et à bâtir l’avenir avec responsabilité. La Guinée a 67 ans. Elle est à un tournant. Et ce tournant, c’est nous tous qui devons le négocier. Ensemble.

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