26/06/2026
𝙅𝙚 𝙢𝙚 𝙧𝙚𝙣𝙙𝙨 𝙘𝙤𝙢𝙥𝙩𝙚 𝙦𝙪𝙚 𝙘𝙚𝙧𝙩𝙖𝙞𝙣𝙚𝙨 𝙗𝙡𝙖𝙜𝙪𝙚𝙨 𝙣𝙚 𝙢𝙚 𝙛𝙤𝙣𝙩 𝙥𝙡𝙪𝙨 𝙧𝙞𝙧𝙚…
Pendant longtemps, je les regardais sans vraiment y prêter attention. Aujourd'hui, je les regarde autrement.
Je pense par exemple à une vidéo que j’ai regardé qui expliquait que si les femmes avaient inventé les voitures, elles auraient prévu des espaces pour le maquillage et les talons, mais auraient oublié l'essentiel, comme le moteur.
Ou à ces nombreuses mises en scène où un homme commet une faute dans son couple et où il suffit de donner de l'argent à sa partenaire pour que tout soit pardonné.
Ou encore à cette scène de classe où les garçons racontent leurs ambitions de devenir président, médecin ou ingénieur tandis que la seule fille interrogée répond que son rêve est de devenir l'épouse du président.
Pris isolément, cela peut sembler anodin. Après tout, ce ne sont que des blagues.
Mais justement, ce n’est pas seulement de l'humour.
Ce sont aussi des récits, des représentations et des mises en scène qui participent à la manière dont nous apprenons à voir les femmes et leur place dans la société. Ils nous répètent que les femmes seraient superficielles, motivées par l'argent ou destinées à exister à travers les ambitions des hommes plutôt qu'à travers les leurs.
À force d'être diffusés, partagés et répétés, ces contenus contribuent à une forme de socialisation collective. Ils finissent par rendre normales certaines idées, parfois même sans que nous nous en rendions compte. Les jeunes filles les regardent. Les jeunes garçons les regardent.
Et chacun apprend, consciemment ou non, ce qu'il est censé attendre des femmes.
Ce n'est pas que j'ai perdu mon sens de l'humour.
C'est simplement que je suis devenue plus attentive à ce qui se cache derrière le rire.
L'humour n'a pas besoin de rabaisser pour être drôle. Il n'a pas besoin de réduire les femmes à des caricatures pour faire rire. Nous pouvons rire ensemble sans construire, même
involontairement, des représentations qui limitent les possibilités des autres.
Peut-être avons-nous simplement besoin d'un humour plus conscient de ce qu'il raconte et de ce qu'il contribue à normaliser.