06/08/2026
Remaniement gouvernemental : Dr Faya Millimouno appelle Bah Oury à restaurer les libertés et à rompre avec les mauvaises pratiques
CONAKRY – Reconduit à la tête du Gouvernement après le remaniement du 27 juillet, le Premier ministre Amadou Oury Bah est désormais attendu sur des réformes de fond. C'est le message lancé par le président d'honneur du Bloc Libéral et député, Dr Faya Lansana Millimouno, qui invite l'exécutif à répondre aux véritables préoccupations des Guinéens, notamment en matière de libertés publiques, de gouvernance et de sécurité.
Interrogé sur le récent remaniement ministériel par nos confrères d'africa guinée, Dr Faya affirme qu'il ne s'attendait pas à un changement majeur de l'équipe gouvernementale. Selon lui, les principaux responsables de la transition ont fait un choix politique commun et assument collectivement les décisions prises depuis leur arrivée au pouvoir.
« Je ne m'attendais pas à un grand bouleversement. Ceux qui conduisent aujourd'hui le pays assument ensemble aussi bien les succès que les échecs de leur action », estime-t-il.
Pour le député, la priorité du Gouvernement doit désormais être le rétablissement des libertés fondamentales. Il appelle les autorités à garantir la liberté de la presse, le respect des droits des citoyens et un climat sécuritaire susceptible de rassurer la population ainsi que les investisseurs.
Dr Faya prévient qu'aucune ambition économique, y compris les grands projets comme Simandou ou la Vision 2040, ne pourra produire les résultats escomptés si les Guinéens continuent de vivre dans la peur ou si les investisseurs doutent de la stabilité du pays.
« La peur doit quitter les Guinéens. Lorsqu'un citoyen craint pour sa sécurité ou celle de ses proches, il est difficile de bâtir une nation prospère. L'argent n'aime pas le bruit, et les investisseurs recherchent avant tout un environnement stable et sécurisé », soutient-il.
Le président d'honneur du Bloc Libéral critique également la gestion des marchés publics. Selon lui, les engagements pris au début de la transition en faveur de la transparence n'ont pas été respectés. Il dénonce un système où des contrats de plusieurs milliards de francs guinéens sont attribués à des entreprises ne disposant ni de compétences techniques ni de moyens matériels suffisants.
À ses yeux, cette absence de concurrence et de transparence explique en partie la faible qualité des infrastructures réalisées en Guinée. « Tant que les marchés publics resteront concentrés entre les mains de quelques personnes, les mêmes problèmes persisteront. Les entreprises sérieuses sont écartées au profit d'opérateurs qui sous-traitent ensuite les travaux, avec toutes les conséquences que cela entraîne sur la qualité des ouvrages », déplore-t-il.
Désormais député, Dr Faya assure qu'il entend utiliser la tribune parlementaire pour interpeller le Gouvernement sur ces questions. Il souhaite toutefois que l'Assemblée nationale ne devienne pas un espace de confrontation politique permanente, mais un lieu de débats constructifs au service de l'intérêt général.
Malgré ses nombreuses réserves, l'ancien candidat à l'élection présidentielle affirme conserver une part d'optimisme. Il dit espérer que les autorités placeront réellement l'intérêt national au-dessus des considérations partisanes afin de créer les conditions d'un développement durable bénéficiant à l'ensemble des Guinéens.