Africana TV Caraïbes

Africana TV Caraïbes AFRICANA TV Caraïbes se veut au plus de près de la Culture Afro.

Retrouvez-nous chaque semaine pour des récits oubliés, des héros redécouverts, et des mémoires qui résistent. A PROPOS

Africana TV Caraïbes est un média participatif , un média qui permet la participation active de ses utilisateurs ou de son audience à la création et à la diffusion de contenu. Contrairement aux médias traditionnels, qui sont souvent des entreprises centralisées, les médias participatifs sont souvent des plateformes en ligne où les utilisateurs peuvent publier leur propre contenu, commenter et partager le contenu des autres, et participer à des discussions et des débats. Le journalisme citoyen est un exemple de média participatif, où les citoyens peuvent soumettre des reportages ou des vidéos sur des événements locaux ou internationaux. Le concept de média participatif a été popularisé avec l'avènement d'Internet et des technologies de communication qui permettent une plus grande interactivité entre les individus. Cela a permis à un plus grand nombre de personnes de s'exprimer et de partager leurs points de vue et leurs expériences, ce qui a conduit à une diversification de la voix publique.

25/09/2026

Les Afro-Péruviens, héritiers d’une histoire africaine au Pérou

L’histoire des Afro-Péruviens commence au XVIᵉ siècle, avec l’arrivée au Pérou de populations africaines déportées dans le cadre de la traite atlantique organisée par l’Empire espagnol. Arrachés principalement à l’Afrique occidentale et centrale, ces hommes, ces femmes et ces enfants furent employés dans les haciendas, les plantations, les ateliers, les maisons urbaines et certains secteurs de l’économie coloniale.

Une part importante de ces populations provenait de l’espace correspondant aujourd’hui à l’Angola et aux deux Congo, héritage notamment des anciens royaumes du Kongo et d’Angola. D’autres captifs venaient de Sénégambie, de Guinée, de la Côte de l’Or — principalement l’actuel Ghana — ainsi que de régions d’Afrique orientale comme le Mozambique.

Au fil des générations, ces populations ont construit des communautés originales, particulièrement sur la côte péruvienne, notamment autour de Lima, Callao, Ica et Chincha. Malgré l’esclavage et les discriminations qui ont marqué leur histoire, elles ont conservé et transformé des héritages africains dans la musique, la danse, la cuisine, la langue et les traditions populaires.

La culture afro-péruvienne est aujourd’hui l’un des éléments majeurs du patrimoine culturel du Pérou. Le festejo, le landó et le zapateo, entre autres expressions musicales et chorégraphiques, témoignent de cette longue histoire. Des figures comme Nicomedes Santa Cruz et Victoria Santa Cruz ont largement contribué à faire connaître cet héritage.

25/09/2026

Edmond Albius, le jeune Réunionnais qui révolutionna la vanille

En 1841, à seulement 12 ans, Edmond Albius réalise une découverte qui va transformer l’histoire de la vanille. Jeune captif à La Réunion, alors appelée île Bourbon, il met au point une méthode simple de pollinisation manuelle du vanillier.

Originaire du Mexique, le vanillier avait été introduit à La Réunion, mais ses fleurs ne produisaient presque pas de gousses. L’insecte pollinisateur présent dans son milieu naturel était absent de l’île.

Edmond découvre alors un geste ingénieux : à l’aide d’une fine tige, il soulève la membrane séparant le pollen du stigmate et les met en contact. Une manipulation simple, mais révolutionnaire.

Grâce à cette technique, la production de vanille se développe rapidement à La Réunion, qui devient un important centre mondial de production de la célèbre vanille Bourbon. La méthode se diffuse ensuite dans les plantations tropicales du monde entier.

Affranchi en 1848, Edmond reçoit le nom d’Albius. Pourtant, malgré l’immense valeur économique de sa découverte, il ne connaît ni fortune ni véritable reconnaissance de son vivant. Il meurt dans la pauvreté en 1880, à l’âge de 51 ans.

Aujourd’hui encore, la pollinisation manuelle de la vanille repose sur le principe découvert par Edmond Albius.

23/09/2026

SANITÉ BÉLAIR : LA FEMME QUI A AFFRONTÉ L’ARMÉE NAPOLÉONIENNE

Née vers 1781 à Saint-Domingue, Sanité Bélair est devenue l’une des figures féminines de la lutte qui allait conduire à l’indépendance d’Haïti.

Lieutenante dans les forces de Toussaint Louverture, elle prend les a***s contre l’expédition française envoyée par Napoléon Bonaparte en 1802 pour reprendre le contrôle de la colonie.

Aux côtés de son époux, le général Charles Bélair, Sanité participe aux combats et contribue à galvaniser les combattants. Son courage lui vaut le surnom de « Jeanne d’Arc de Saint-Domingue ».

Mais la répression française finit par la rattraper. Capturée en 1802, elle est condamnée à mort et exécutée par décapitation,Sanité Bélair avait à peine 21 ans. Selon les récits historiques, elle a refusé de porter un bandeau au moment de son exécution, choisissant d'affronter ses derniers instants les yeux ouverts.

Son nom est aujourd’hui associé à la résistance haïtienne et à la participation des femmes dans la révolution qui aboutira, le 1er janvier 1804, à la naissance d’Haïti, première république noire indépendante du monde.

22/09/2026

Les Siddis : la diaspora Africaine bantoue oubliée du sous-continent indien

Les Siddis (ou Sidi, Sheedi, Habshis) sont une communauté d'Inde et du Pakistan descendant des peuples bantous d'Afrique de l'Est, aujourd'hui concentrée au Gujarat, au Karnataka et autour de Hyderabad .

L'arrivée des premiers Africains sur les côtes indiennes remonterait, selon certaines traditions historiques, à l'an 628 de notre ère, au port de Bharuch, sur la côte du Gujarat, ensuite au VIIe siècle : marins, marchands, mercenaires et esclaves arrivés via les routes arabes (port de Bharuch).

XIIIe siècle : importation massive comme soldats et esclaves par les royaumes indiens
XVIe–XIXe siècle : traite portugaise, élargissant le bassin d'origine (Congo, Mozambique, Tanzanie, Malawi)

Ascension et pouvoir : certains Siddis sont devenus soldats, nobles, voire souverains — l'exemple le plus marquant étant les principautés siddies de Janjira et Jafarabad (dès le XIIe siècle), ou encore Jamal-ud-Din Yaqut, esclave devenu confident de la sultane Razia Sultana.

Après l'abolition (XVIIIe–XIXe s.) : par crainte d'être repris, beaucoup se réfugient dans les forêts des Ghâts occidentaux, où leurs descendants vivent encore aujourd'hui en communautés isolées.

Identité : pleinement indianisés (langue, habits, rituels), majoritairement musulmans, mais toujours perçus comme « étrangers » en raison de leur physionomie. La génétique confirme une ascendance à trois composantes — africaine, sud-asiatique, européenne.

Mémoire culturelle survivante : le Dhamaal, danse-rituel aux résonances est-africaines, reste le marqueur identitaire le plus vivant, alors que la plupart ignorent la région précise d'Afrique dont ils sont originaires.

19/09/2026

Rendez-vous ce dimanche 20 septembre 2026 à 13h00 pour assister à la grande parade du Carnaval Tropical !

Le cortège prendra son départ place des Ternes, avant de rejoindre la rue Simone Veil à Saint-Ouen.

Au programme : 19 groupes à pied, des rythmes entraînants, des danses, des costumes hauts en couleur et une formidable célébration de la diversité des cultures ultramarines.

Le défilé se déroulera sous le regard de la Reine du Carnaval Tropical, pour un moment placé sous le signe de la fête, du partage et de la tradition.

18/09/2026

1802 : Déportés pour avoir dit non à l'esclavage : l'histoire oubliée des Guadeloupéens exilés en Corse sous Bonaparte

Le 20 mai 1802, par décret du 30 floréal an X, le Premier Consul Napoléon Bonaparte rétablit l'esclavage dans les colonies françaises où il avait été aboli en 1794. Deux mois plus t**d, le 16 juillet, un arrêté signé de sa main ordonne spécifiquement le retour à l'esclavage en Guadeloupe en représailles à la révolte qui s'y était déclenchée.

Dès mai 1802, une insurrection éclate contre l'expédition Richepance, envoyée pour rétablir l'autorité coloniale sur l'île. Elle est menée par des officiers de couleur, pour la plupart issus de l'ancienne classe des libres de couleur affranchis en 1794 parmi eux, Louis Delgrès, chef de bataillon métis né en Martinique. Le 15 mai, depuis Basse-Terre, il lance une proclamation restée célèbre, appelant à la résistance armée. La répression est violente : nombre d'insurgés périssent au combat, notamment lors du siège de Matouba.

Les survivants de la rébellion ne connaissent pas tous le même sort. Richepance autorise la vente comme esclaves, dans des colonies étrangères, des soldats de couleur faits prisonniers. Mais une partie de l'élite politique, militaire et intellectuelle guadeloupéenne à laquelle s'ajoutent des prisonniers haïtiens capturés au cours de la même période échappe à cette vente pour être déportée vers la Corse.

De 1802 à 1814, la Corse sert ainsi de lieu de relégation pour des centaines de déportés antillais et haïtiens. Cet épisode, resté longtemps en marge de l'historiographie officielle, a fait l'objet ces dernières années d'un intérêt renouvelé : documentaires (Bonaparte, côté noir, 2016 ; Bonaparte côté noir, 2021), expositions et travaux universitaires ont contribué à sortir cette page de l'ombre.

16/09/2026

Le Gullah : un héritage africain vivant en Amérique

Sur les côtes de la Caroline du Sud et de la Géorgie, les communautés Gullah-Geechee ont préservé une culture afro-américaine profondément marquée par les origines africaines des populations déportées pendant la traite transatlantique.

Les archives du port de Charleston montrent la diversité de ces origines. Environ 39 % des Africains déportés provenaient d'Afrique centrale correspondant au Royaume Kongo ; 20 % venaient de Sénégambie, 17 % de la Côte-au-Vent, 13 % de la Côte-de-l'Or (actuel Ghana), 6 % de la Sierra Leone et environ 5 % des régions des golfes du Bénin et du Biafra.

Cette diversité de peuples — Bakongo, Mbundu, Mandingues, Wolof, Mende, Temne, Vai et bien d'autres — a créé, dans les plantations de riz, d'indigo et de coton, un environnement linguistique exceptionnel.

C'est dans ce contexte qu'est apparu le Gullah, une langue créole à , façonnée par le contact entre l'anglais et de nombreuses langues africaines. L'isolement relatif des Sea Islands et des zones côtières a ensuite contribué à préserver cette langue et de nombreuses traditions pendant plusieurs générations.

Le patrimoine Gullah-Geechee comprend également la fabrication de paniers en sweetgrass, la pêche, les traditions culinaires, les récits oraux et des pratiques musicales issues de plusieurs héritages africains.

14/09/2026

La Sapologie : quand l'élégance se fait art de vivre

Née dans les deux Congo — la République du Congo et la République démocratique du Congo —, la sapologie, que l'on nomme couramment "la sape", est un mouvement esthétique et culturel intimement lié aux villes de Brazzaville et de Kinshasa. Elle érige l'art vestimentaire en véritable discipline, où l'élégance le dispute à l'excentricité la plus assumée.

Le mot lui-même puise sa source dans "se saper", verbe familier signifiant "s'habiller". Mais réduire la sapologie à un style serait la trahir : elle constitue avant tout une manière d'être au monde, où le raffinement du vêtement devient le langage privilégié de l'affirmation de soi.

Ceux qui la pratiquent — les sapeurs, majoritairement des hommes, mais aussi quelques femmes sapologues — vouent un temps et une énergie considérables à la quête de pièces de créateurs, d'étoffes nobles et d'accessoires choisis avec un soin extrême. Leurs tenues, éclatantes de couleurs et d'audace, témoignent d'une inventivité qui ne doit rien au hasard.

Car la sapologie ne s'arrête pas à l'apparence : elle porte en elle une véritable philosophie, celle de l'estime de soi, de l'assurance et de l'élégance érigées en principes de vie.

Pour le sapeur, l'habit devient un instrument d'affirmation identitaire, une manière de se singulariser et de tenir tête, avec panache, aux difficultés de l'existence.

Ce mouvement possède également une dimension éminemment sociale : les sapeurs se rassemblent à l'occasion de "congrès" où ils rivalisent d'ingéniosité et de style, dans une émulation joyeuse.

Chansons, œuvres plastiques et documentaires se sont d'ailleurs emparés de ce phénomène, preuve de son rayonnement bien au-delà des frontières congolaises.

Certains n'y verront qu'un jeu superficiel d'apparences. C'est ignorer que la sapologie demeure, pour ceux qui l'incarnent, une forme d'expression artistique et culturelle à part entière — un hymne à l'individualité, à l'esthétique et à la dignité personnelle, mais aussi une forme de résistance silencieuse, où la créativité et le style deviennent les a***s d'une élégance conquise malgré l'adversité.

07/09/2026

Les Afro-Mexicains : une communauté trop souvent invisibilisée, mais dont l'histoire est fondamentale dans la formation du Mexique moderne.

Dès le XVIe siècle, les Espagnols ont amené des personnes africaines réduites en esclavage vers la Nouvelle-Espagne (le Mexique colonial) — d'abord pour pallier le déclin démographique des populations autochtones décimées par les épidémies, puis pour le travail dans les mines, les plantations de canne à sucre et les haciendas. À un moment donné, la Nouvelle-Espagne a compté la deuxième plus grande population d'esclaves africains des Amériques après le Brésil.

Après l'indépendance (1810-1821) et surtout avec l'idéologie du mestizaje (métissage) promue au XXe siècle, l'identité mexicaine a été construite autour de la fusion entre héritages espagnol et autochtone — laissant l'apport africain largement hors du récit national. Beaucoup d'Afro-Mexicains ont ainsi été absorbés dans la catégorie générale de "métis" ou de "mexicains", sans reconnaissance spécifique.

La région de la Costa Chica, à cheval sur les États de Guerrero et d'Oaxaca (sur le Pacifique), reste le cœur démographique et culturel afro-mexicain. On y trouve :

Des traditions musicales et dansées distinctives, comme la danza de los diablos
Des pratiques rituelles et une cosmovision propres
Des villages où l'identité afro-mexicaine (parfois appelée "afromestiza" ou "negra") reste vivante

D'autres poches existent aussi dans le Veracruz, notamment autour de Yanga, du nom d'un chef marron qui dirigea une révolte d'esclaves au début du XVIIe siècle et fonda l'une des premières colonies libres d'Amérique — San Lorenzo de los Negros, aujourd'hui rebaptisée Yanga en son honneur.

Ce n'est qu'en 2019 que le Mexique a modifié sa Constitution pour reconnaître officiellement les Afro-Mexicains comme partie intégrante de la composition pluriculturelle de la nation. Le recensement de 2020 a été le premier à inclure une catégorie d'auto-identification afro-mexicaine, révélant environ 2,5 millions de personnes se reconnaissant comme telles — soit près de 2% de la population.

22/08/2026

Louisy Mathieu : de l'atelier du tonnelier en Guadeloupe à l'hémicycle

Basse-Terre, Guadeloupe, 1848. Louisy Mathieu a 31 ans et vit encore dans les chaînes de l'esclavage. Tonnelier, puis ouvrier typographe, il a appris à lire en secret, par l'instruction religieuse — un savoir formellement interdit aux esclaves.

27 avril 1848 : l'escl@vage est aboli. Mathieu devient un homme libre.

22 août 1848 — trois mois plus t**d à peine — il est élu représentant suppléant de la Guadeloupe à l'Assemblée nationale constituante, porté par les listes abolitionnistes aux côtés de Schœlcher et Perrinon.

Le désistement de Schœlcher, élu à la fois en Guadeloupe et en Martinique, lui ouvre le siège : le 23 octobre 1848, Louisy Mathieu entre au Palais-Bourbon. Il devient le premier ancien escl@ve à siéger dans une assemblée parlementaire française.

À l'extrême-gauche de l'hémicycle, il vote pour le droit au travail, contre l'interdiction des clubs, et défend sans relâche l'égalité des droits, sans distinction de couleur.

Dans sa seule intervention à la tribune, le 1er décembre 1848, il remercie solennellement la nation d'avoir brisé les fers de « ses frères ».

178 ans plus t**d, le 13 mai 2026, une plaque à son nom est dévoilée au Palais-Bourbon, aux côtés de Hugo, Lamartine, Tocqueville et Schœlcher.

Adresse

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97122

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