20/09/2020
Jean-Jacques Dessalines (né le 20 septembre 1758, sur l'habitation Vye Kay, à Grande-Rivière-du-Nord – assassiné le 17 octobre 1806 à Pont-Rouge) est un militaire et chef d'État haïtien, ayant combattu sous la Révolution française (1789-1804) puis lors de la Révolution haïtienne (1791-1804), en tant que lieutenant-général au service de Georges Biassou puis de Toussaint Louverture.
En tant qu'officier de l'armée française, il participe aux affrontements contre les Espagnols et les Britanniques. Plus t**d, il devient un dirigeant de la Révolution haïtienne en tant que lieutenant principal du général Louverture. Il mène contre les colonisateurs français de nombreux combats couronnés de succès, dont la bataille de la Crête-à-Pierrot.
Après la trahison et la capture dont Toussaint Louverture fut victime en 1802 lors de l'expédition de Saint-Domingue, Dessalines devint le leader de la révolution. Devenu un temps l'allié des forces françaises, il les trahit et bat définitivement les Français à la bataille de Vertières en 1803. Il proclame l'indépendance d'Haïti en 1804 et s'auto-proclame « gouverneur-général à vie ». Au pouvoir, il ordonne le massacre des colons français, entraînant, entre février et avril 1804, la mort de 3 000 à 5 000 personnes y compris les femmes et les enfants[1]. En septembre, sur le modèle napoléonien, il est proclamé Empereur d'Haïti par les généraux de l'Armée sous le nom de Jacques Ier.
Sacré en octobre 1804, il établit un empire autoritaire, héréditaire et de conviction catholique, et officialise le français comme langue officielle, même si une grande partie de la population ne parle que le créole. Ayant confisqué les terres des colons français expulsés ou tués, il en distribue les meilleures à ses officiers, créant ainsi une noblesse haïtienne. La constitution du 20 mai 1805 interdit la propriété privée aux personnes blanches, sauf celles qui ont été naturalisées par le gouvernement. Pour remettre en marche l’économie, il édicte les travaux forcés pour les cultivateurs, avec un règlement plus dur que celui de Louverture : leur condition est à peine moins mauvaise qu'à l'époque de l'esclavage colonial français. Contesté par certains officiers de l'armée, Dessalines est assassiné en 1806 à Pont-Rouge à la suite d'une conspiration, laissant ainsi le pouvoir à ses assassins qui abolissent l'Empire et chassent la famille Dessalines
Considéré aujourd'hui comme le « Père fondateur d'Haïti », il voit son nom donné à l'hymne national haïtien, La Dessalinienne, écrite par Justin Lhérisson.