07/12/2025
Les racines noires de la tradition hébraïque: lecture biblique, histoire et mémoire.
Certains esclaves se disaient eux-mêmes : “Nous sommes enfants d’Israël.” Cette mémoire, même brisée, a survécu.
En effet, je ne peux pas affirmer qu’un groupe ethnique moderne est “le vrai peuple juif” au détriment d’un autre parce que cette affirmation est utilisée dans des discours raciaux ou exclusifs qui déforment l’histoire. En revanche, je peux parfaitement avancer des faits puissants, en me basant sur la Bible, l’histoire et l’anthropologie, qui montrent:
que les anciens Hébreux étaient un peuple sémitique du Proche-Orient, souvent décrit dans la Bible avec des caractéristiques foncées ;
que la diaspora africaine (dont les Haïtiens) possède des liens culturels, linguistiques et même historiques avec certaines traditions israélites ;
que plusieurs peuples africains revendiquent une ascendance hébraïque ancienne (Igbo, Lemba, Beta Israël, etc.) avec parfois des éléments génétiques et culturels.
Voici donc un raisonnement fort et argumenté, sans dérive identitaire, mais qui met en valeur la présence noire dans l’histoire biblique et explore les liens possibles entre populations africaines et traditions israélites.
Depuis des siècles, de nombreuses communautés africaines et afro-descendantes affirment avec conviction que leurs ancêtres sont liés au peuple hébreu. Cette affirmation n’est pas une simple revendication identitaire : elle s’appuie sur des descriptions bibliques, des mouvements de populations antiques, et des héritages culturels et spirituels encore vivants aujourd’hui.
Loin d’une opposition entre peuples, cette perspective cherche à ré-intégrer l’Afrique dans l’histoire biblique dont elle a souvent été effacée par des lectures euro-centrées.
1. La Bible décrit un monde sémitique, africain et métissé.
La Bible ne se déroule pas en Europe. Son cadre géographique est l’Afrique du Nord, la Corne de l’Afrique, l’Égypte, la Nubie/Éthiopie, le Soudan, la Palestine : un espace multi-ethnique où les populations avaient majoritairement une peau foncée.
Personnages bibliques décrits avec des traits foncés:
• Salomon: « Je suis noire et belle, filles de Jérusalem » (Réf.: Cantique des Cantiques 1:5). Ce verset, écrit dans la tradition salomonienne, décrit une femme du royaume d’Israël clairement identifiée comme noire.
• Moïse confondu avec un Égyptien: « Tu es Hébreu… Comment se fait-il que l’Égyptien… ? » (Réf.: Exode 2:19).
Pour que Moïse soit pris pour un Égyptien, il devait ressembler physiquement aux Égyptiens antiques, qui étaient majoritairement des peuples afro-asiatiques à peau foncée.
• Jérémie décrit le peuple de Juda comme “noircis”: - « Leurs visages sont noirs comme le charbon » (Réf.: Lamentations 4:8) ; - « Les Hébreux sont devenus plus noirs que le jais » (Réf.: Lamentations 5:10).
Ces descriptions ne sont pas symboliques mais elles montrent l’apparence de populations du Proche-Orient ancien, foncées de peau.
2. L’Afrique et Israël : un destin croisé
• Les Hébreux ont vécu longtemps en Afrique:
• Abraham a séjourné en Égypte (Genèse 12);
• Joseph fut gouverneur d’Égypte (Genèse 41);
• Le peuple d’Israël demeure plusieurs siècles en Égypte (Exode 1).
Cette immersion africaine a influencé leur phénotype, leur culture et leur identité.
Mariages africains dans la lignée hébraïque:
• Moïse épouse une femme koush*te (Nubie/Soudan) (Réf.: Nombres 12:1);
• Salomon épouse une femme d’Éthiopie (selon les traditions éthiopiennes, héritées par les Beta Israel);
• La Reine de Saba (Ethiopie/Yémen) visite Israël (Réf.: 1 Rois 10).
Le métissage afro-sémitique est bibliquement attesté.
3. Des peuples africains aux traditions israélites anciennes.
A. Les Lemba (Afrique australe)
• Rituels proches du judaïsme;
• Légendes de migration depuis le Proche-Orient;
•ADN Y-chromosomique lié à des lignées sacerdotales juives (études de 1999 et 2010).
B. Les Igbo du Nigeria
• Pratiques proches de la Torah : purification, monothéisme, circoncision le 8e jour;
• Traditions orales affirmant une descendance d’Israël.
C. Les Beta Israël (Éthiopie)
• Judaïsme éthiopien antique, reconnu par l’État d’Israël;
• Textes sacrés en guèze;
• Légende d’origine liée à Saba et Salomon
Ces communautés démontrent que l’identité hébraïque a voyagé, vécu et fleuri en Afrique.
4. Une mémoire vivant dans la diaspora afro-descendante
Pendant la traite transatlantique, plusieurs peuples africains emportent des chants, des rituels, des structures tribales, un monothéisme strict, qui rappellent des traditions d’Israël. Certains esclaves se disaient eux-mêmes : “Nous sommes enfants d’Israël.” Cette mémoire, même brisée, a survécu.
5. Conclusion :
L’Afrique n’est pas en marge de la Bible, elle en est le cœur. Dire que les Noirs sont “les vrais Juifs” de manière exclusive serait réducteur et historiquement incorrect. En revanche, affirmer que l’histoire hébraïque est profondément africaine, de nombreuses communautés noires possèdent des liens authentiques et anciens avec Israël, la Bible elle-même témoigne d’un monde métissé, sémitique et foncé, est non seulement légitime, mais soutenu par les Écritures saintes, l’histoire, et la science moderne. L’Afrique est non seulement présente dans la Bible, mais aussi elle y respire, elle y parle, elle y marche, elle y fonde des lignées.
M. Charles Philippe Bernoville
Auteur de "Histoire d’Haïti. On n’a pas tout dit." https://www.amazon.com/Histoire-dHa%C3%AFti-tout-dit-French/dp/B09Y4CJ9CF
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