21/12/2025
ENARTS – L’École Nationale des Arts fragilisée par des dérives internes de Iphares Junoir Blain: quand la corruption met en péril une institution publique
Port-au-Prince, 20 décembre 2025
Les éléments aujourd’hui disponibles ne permettent plus de reléguer la crise que traverse l’École Nationale des Arts (ENARTS) au rang de simples tensions administratives. Les faits rapportés, multiples et convergents, révèlent l’existence de pratiques assimilables à de la corruption, de l’extorsion, du détournement de fonds publics, de l’insubordination manifeste et de manœuvres frauduleuses susceptibles de compromettre durablement l’avenir d’une institution culturelle stratégique pour l’État haïtien.
Au centre de ces dysfonctionnements figure le Directeur des études, Iphares Junoir Blain, dont l’attitude et les agissements soulèvent de sérieuses préoccupations. Celui-ci serait impliqué dans un système irrégulier permettant à plusieurs employés de l’ENARTS, résidant à l’étranger, de continuer à percevoir des rémunérations de l’État sans fournir aucun service effectif. Ces bénéficiaires ne disposent ni du statut de boursiers reconnus ni d’une autorisation administrative officielle pour des études à l’extérieur du pays, ce qui constitue un paiement indu, organisé au détriment du Trésor public, dans un contexte national de grande fragilité financière.
Face à ces anomalies, le Directeur Général de l’ENARTS, Monsieur Yves Pénel, a engagé une démarche conforme aux principes de bonne gouvernance en sollicitant l’intervention du ministère de l’Économie et des Finances afin que celui-ci reprenne la gestion du payroll de l’institution. L’objectif était clair : mettre un terme aux irrégularités et restaurer la transparence dans la chaîne de paiement des agents publics.
Cette initiative, loin d’être arbitraire, a néanmoins suscité une réaction hostile du Directeur des études. Plutôt que de coopérer à l’assainissement de la situation, celui-ci aurait engagé des actions visant à discréditer la direction générale. Des campagnes de désinformation auraient été menées, des étudiants instrumentalisés, et un climat de tension entretenu dans le but manifeste de bloquer toute réforme structurelle et d’affaiblir l’autorité administrative.
Par ailleurs, l’absence quasi permanente du Directeur des études à son poste alimente davantage les inquiétudes. Peu présent dans les locaux de l’institution, absent des processus de planification académique et réfractaire à la mise en œuvre de la feuille de route définie par l’État, il donnerait l’impression d’une démission de fait, doublée d’actes de sabotage interne.
La situation du corps professoral accentue encore ces préoccupations. Sur plus d’une cinquantaine d’enseignants recensés, une majorité résiderait à l’étranger, souvent sans cadre contractuel clair ni mécanisme de reddition de comptes. Conscient de l’ampleur de ces dérives, le Directeur Général a sollicité l’appui de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif afin de conduire un audit approfondi et garantir une gestion conforme aux normes de l’administration publique.
Cette démarche de transparence, pourtant essentielle dans tout État de droit, se heurte à une opposition persistante du Directeur des études, qui manifeste une hostilité ouverte à toute intervention des instances de contrôle. Une telle résistance pose une question fondamentale : pourquoi refuser l’audit lorsqu’on n’a rien à dissimuler ?
Aujourd’hui, l’ENARTS se trouve à un moment décisif. Soit l’État assume pleinement sa responsabilité en protégeant ses institutions contre les réseaux internes de prédation, soit il tolère des pratiques qui sapent la crédibilité de l’administration publique et compromettent l’avenir de la formation artistique nationale. Les faits évoqués appellent des réponses claires. Le silence ou la complaisance face à ces dérives ne seraient rien d’autre qu’une forme de renoncement.
MIJH INFO