20/06/2026
Haïti éliminée : Sébastien Migné, le bouc émissaire ?
Après le premier match, la sélection haïtienne pouvait au moins espérer un match nul au vu de sa prestation de haut niveau. Malheureusement, le manque de réalisme des Grenadiers devant le but ainsi que certaines décisions arbitrales en ont décidé autrement.
Hier, au stade Lincoln Financial Field de Philadelphie, aux États-Unis, se disputait le très attendu match entre le Brésil et Haïti. Au-delà de l'enjeu sportif, cette rencontre représentait bien plus qu'un simple match de Coupe du monde. Elle marquait les retrouvailles entre deux peuples liés par une forte amitié diplomatique et des échanges culturels importants.
Dès le coup d'envoi donné par l'arbitre espagnol Alejandro Hernández Hernández, Haïti évoluait dans un système en 5-4-1. Pour le sélectionneur Sébastien Migné, cette organisation était la mieux adaptée pour contrer le Brésil. Pourtant, de nombreux journalistes haïtiens critiquaient ce choix, estimant que le 4-2-3-1 aurait été plus approprié.
À la 23e minute, Haïti encaisse le premier but de la rencontre. Treize minutes plus t**d, Mateus Cunha inscrit un deuxième but et signe un doublé. Dans le temps additionnel de la première période, Vinícius Júnior aggrave le score. À la pause, le Brésil mène largement 3-0.
En seconde période, Sébastien Migné modifie son dispositif en passant à un 4-2-3-1. Les Grenadiers montrent alors un tout autre visage, se créant plusieurs occasions dangereuses tout en évitant d'encaisser un nouveau but. Cependant, cela ne suffit pas et Haïti s'incline finalement 3-0, un résultat synonyme d'élimination dans cette 23e édition de la Coupe du monde.
Depuis cette défaite, une partie de la presse haïtienne pointe du doigt Sébastien Migné, le désignant comme principal responsable de l'élimination. Pourtant, il ne faut pas oublier que c'est sous sa direction qu'Haïti s'est qualifiée pour une Coupe du monde après 52 ans d'absence. Il ne faut pas non plus ignorer les nombreuses difficultés auxquelles la sélection est confrontée : absence d'infrastructures adéquates, manque de politique sportive cohérente, budget limité et une campagne de qualification disputée entièrement à l'extérieur.
Alors, à qui revient réellement la responsabilité ? À Sébastien Migné uniquement ? Ou faut-il également s'interroger sur le rôle des dirigeants politiques, des responsables sportifs et, plus largement, de l'ensemble de la société haïtienne ?
Nathanaël Régis, journaliste sportif