02/06/2026
Voici une proposition d'article de presse dans un ton critique et engagé :
ALIX DIDIER FILS-AIMÉ VEUT-IL METTRE LE CEP SOUS TUTELLE ?
Par Didieu GEORGES, Rédacteur en chef de M34 Post
La note de presse publiée par le Conseil électoral provisoire (CEP) le 2 juin 2026 révèle un fait d'une gravité exceptionnelle pour l'avenir de la démocratie haïtienne. Selon le CEP, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé aurait présenté aux conseillers électoraux un projet de Décret électoral totalement différent de celui que l'institution avait soumis à l'Exécutif le 24 avril dernier.
Cette situation soulève une question fondamentale : le gouvernement cherche-t-il à faire mainmise sur le CEP afin de contrôler le processus électoral ?
Dans tout État de droit, l'indépendance de l'organisme chargé des élections constitue une garantie essentielle de la crédibilité des scrutins. Or, le CEP rappelle lui-même que l'initiative de l'élaboration du Décret électoral relève exclusivement de sa compétence. En modifiant substantiellement le texte proposé par l'institution électorale, la Primature semble franchir une ligne rouge susceptible de compromettre l'autonomie du Conseil.
Plus inquiétant encore, les membres du CEP dénoncent ouvertement une démarche qu'ils considèrent contraire aux exigences constitutionnelles. Une telle prise de position publique témoigne de la profondeur du malaise existant entre l'organe électoral et le gouvernement.
À quelques mois d'échéances électorales décisives pour le pays, Haïti ne peut se permettre un processus entaché de soupçons d'ingérence politique. Les élections ne doivent pas être organisées au bénéfice d'un pouvoir en place, mais au service de la souveraineté populaire.
M34 Post rappelle que la démocratie ne se résume pas à la tenue d'élections. Elle exige des institutions indépendantes, des règles transparentes et le respect strict de la séparation des pouvoirs. Toute tentative de soumettre le CEP à une influence politique directe ou indirecte constituerait un recul grave pour l'État de droit.
Face à cette controverse, le gouvernement doit fournir des explications claires à la population. Les citoyens ont le droit de savoir pourquoi un nouveau texte a été élaboré et sur quelle base légale il prétend s'imposer au Conseil électoral provisoire.
L'avenir de la démocratie haïtienne dépend de la confiance du peuple dans ses institutions. Cette confiance ne peut exister que dans le respect de l'indépendance du CEP et de la Constitution.
M34 Post
Un média engagé dans la défense de l'État de droit.