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Le Parc National Historique Citadelle, Sans-Souci, Ramiers (PNH-CSSR), joyau du patrimoine mondial et symbole de l’ingén...
13/04/2026

Le Parc National Historique Citadelle, Sans-Souci, Ramiers (PNH-CSSR), joyau du patrimoine mondial et symbole de l’ingéniosité haïtienne sous Henry Christophe, traverse aujourd’hui l’une des crises les plus graves de son histoire contemporaine. Toutefois, depuis 2022, ce patrimoine mondial (du Palais Sans-souci à la Citadelle) fonctionne sans aucune autorité de gestion suite à la non prise en charge de l'Autorité de Gestion du Parc (AGP) par le Comité Interministériel de Gestion (CIG) du Parc. Le drame survenu ce 11 avril 2026 à la Citadelle Laferrière, ayant coûté la vie à plusieurs dizaines de visiteurs, n’est pas un accident isolé. Il constitue l’aboutissement d’un long processus de dégradation institutionnelle, marqué par l’absence d’une autorité de gestion effective du Parc. Cet événement tragique pose une question fondamentale : comment un site classé patrimoine mondial peut-il fonctionner sans système de gestion opérationnel ?

Depuis la fin du projet PAST en juillet 2022, le Parc National Historique Citadelle, Sans-souci, Ramiers (PNH-CSSR) est livré à lui-même. Pour des raisons politiques, l'Autorité de Gestion du Parc (AGP) n'a pas été prise en charge par l'État, notamment par le Ministère de la Culture, malgré l'existence d'un plan de gestion fraîchement rédigé par l'UNESCO et en dépit que la feuille de route l'exigeait au
Ministère de la Culture et de la Communication Haïti (MCC).

Ces faits ne sont pas anecdotiques. Ils traduisent une défaillance systémique de gouvernance stratégique (à travers le Comité Interministériel de Gestion du Parc - CIG) coordonnée par le Ministère de la Culture et de la Communication (MCC) et opérationnelle (AGP). Car, comme le souligne la feuille de route de mise en place de l’Autorité de Gestion du Parc (AGP), l’absence de mécanismes institutionnels adaptés empêche toute gestion efficace du site... [Lire intégralement l'article sur] 👇🏽
https://lescientifique.org/la-necessite-dune-gouvernance-au-parc-national-historique-citadelle-sans-souci-ramiers

Auteur : Marc-Donald Vincent, 12 avril 2026.

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🇭🇹 Parc National Historique  , Sans-souci, Ramiers : d’un   mondial à un espace sans   malgré l'existence d'une   de rou...
12/04/2026

🇭🇹 Parc National Historique , Sans-souci, Ramiers : d’un mondial à un espace sans malgré l'existence d'une de route et d'un plan de mais sans bras de gestion

Auteur : Marc-Donald Vincent, 12 avril 2026.

Le Parc National Historique Citadelle, Sans-Souci, Ramiers (PNH-CSSR), joyau du patrimoine mondial et symbole de l’ingéniosité haïtienne sous Henry Christophe, traverse aujourd’hui l’une des crises les plus graves de son histoire contemporaine.

Toutefois, depuis 2022, ce patrimoine mondial (du Palais Sans-souci à la Citadelle) fonctionne sans aucune autorité de gestion suite à la non prise en charge de l'Autorité de Gestion du Parc (AGP) par le Comité Interministériel de Gestion (CIG) du Parc.

Le drame survenu ce 11 avril 2026 à la Citadelle Laferrière, ayant coûté la vie à plusieurs dizaines de visiteurs, n’est pas un accident isolé. Il constitue l’aboutissement d’un long processus de dégradation institutionnelle, marqué par l’absence d’une autorité de gestion effective du Parc.

Cet événement tragique pose une question fondamentale : comment un site classé patrimoine mondial peut-il fonctionner sans système de gestion opérationnel ?

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1. Un patrimoine mondial sans gouvernance réelle

Classé depuis 1982 au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Parc couvre environ 25 km² et représente bien plus qu’un espace touristique. En ce sens, il est un territoire habité, écologique, culturel et économique.

Dans le cadre du renforcement de la culture et la préservation du patrimoine, le projet PAST financé par la Banque mondiale avait facilité la création d'une Autorité de Gestion du Parc (AGP) à Milot dans le but d'emmener le Parc à une gestion équitable et technique. L'AGP est dotée des meilleures spécialistes des ministères de la culture, du tourisme, de l'environnement, de l'ISPAN, de l'UTE et d'autres techniciens des quatre principales communes de ce Parc National Historique à savoir Milot, Dondon, Plaine du Nord et Grande Rivière du Nord. Des rapports indiquent que l'AGP fut le meilleur livrable du projet PAST.

Pourtant, depuis la fin du projet PAST en 2022, le parc est livré à lui-même. Pour des raisons politiques, l'AGP n'a pas été prise en charge par l'État malgré la feuille de route l'exigeait au Ministère de la Culture, dirigée par Madame Emmelie Prophète, à l'époque. Dès lors, les conséquences sont visibles et documentées :

__ incendie du dôme de la Chapelle Royale de Milot ;
__ tentatives d’incendie de la Citadelle ;
__ vol de pièces historiques (dont deux couleuvrines)
__ déforestation, agriculture anarchique, infiltration illégale ;
__ absence de contrôle des flux touristiques ;
__ absence définitive d'une autorité de gestion spécialisée dans la gestion culturelle au Parc.

Ces faits ne sont pas anecdotiques. Ils traduisent une défaillance systémique de gouvernance stratégique (à travers le Comité Interministériel de Gestion du Parc - CIG) et opérationnelle (AGP). Car, comme le souligne la feuille de route de mise en place de l’Autorité de Gestion du Parc (AGP), l’absence de mécanismes institutionnels adaptés empêche toute gestion efficace du site .

2. Le drame du 11 avril 2026 à la Citadelle Laferrière : une catastrophe évitable

L’afflux massif de visiteurs à la Citadelle sans régulation des entrées, sans limitation des capacités d’accueil, sans dispositifs de sécurité et sans gestion des flux montre clairement l’absence d’une autorité fonctionnelle. Tandis que, la gestion d’un site de cette envergure impose :

__ des quotas de visiteurs ;
__ des circuits contrôlés ;
__ une surveillance permanente ;
__ des protocoles de sécurité.

Ce travail relève précisément d’une Autorité étatique de Gestion du Parc sous la hiérarchie du ministère de la culture et en collaboration avec les différents ministères partenaires du Comité Interministériel de Gestion du Parc (CIG), notamment le Ministère de la Culture (MCC), le Ministère du Tourisme (MT), le Ministère de l'Environnement (MD), l'institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN), et de l'Unité Technique d'Exécution (UTE) entant que bras fiduciaire du Ministère de l'Économie et des Finances (MEF) et de la Banque Mondiale.

En conséquence, laisser des milliers de personnes accéder librement à un monument historique fragile, sans contrôle, constitue une faute de gouvernance majeure.

3. Une solution existait déjà : la feuille de route pour l’Autorité de Gestion du Parc (AGP)

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les solutions ne sont ni nouvelles ni inexistantes. Car, dans le cadre du projet PAST financé par la Banque mondiale, une feuille de route complète a été élaborée, par la Spécialiste Dithny Joan Raton, pour la mise en place d’une Autorité de Gestion permanente du Parc. Ce document stratégique proposait une transformation progressive en trois phases :

A. Mettre en place une gouvernance structurée et légale

La feuille de route recommande la révision du cadre juridique du Comité Interministériel de Gestion du Parc, la reconnaissance officielle de l’AGP comme organe de gestion clarification des responsabilités entre ministères et l’intégration d’une ligne budgétaire dédiée dans chaque institution. L'objectif consistait à sortir d’une gestion floue

B. Créer une structure opérationnelle capable d’agir

Le document, la feuille de route, disponible depuis 2022 mais jamais effectif insistait sur :

__ la mise en place d’un corps professionnel (patrimoine, environnement, tourisme) ;
__ la présence d’agents pour la perception des taxes et le contrôle des accès ;
__ l’élaboration de règlements internes et outils de gestion ;
__ l’application effective du plan de gestion élaboré par l’UNESCO.

Aujourd’hui, aucun de ces dispositifs n’est pleinement opérationnel au Parc National Historique Citadelle, Sans-souci, Ramiers (PNH-CSSR).

C. Organiser la gestion des visiteurs et du territoire

La feuille de route mettait en avant :

__ la structuration et l'accréditation des guides touristiques, marchands de souvenirs, des meneurs de chevaux, des artisans et des acteurs locaux ;
__ la formation continue des intervenants au Parc National Historique ;
__ la création d’un conseil consultatif incluant société civile et secteur privé ;
__ la création d'un conseil scientifique ;
__ la mise en place de mécanismes de médiation des conflits.

Cela inclut implicitement la régulation des flux touristiques, la sécurité des visiteurs et la gestion durable du site, autant d’éléments absents lors du drame du 11 avril 2026.

4. Assurer un financement durable et autonome

Le modèle proposé dans la feuille de route de 2022 repose sur :

__ une contribution de l’État haïtien ;
__ des financements internationaux ;
__ la perception des taxes touristiques par la DGI ;
__ un fonds dédié à la gestion du parc.

L'objectif de ce modèle visait à garantir une autonomie administrative et financière du Parc National Historique Citadelle, Sans-souci, Ramiers (PNH-CSSSR).

5. Vers une autorité autonome et pérenne

À terme, la feuille de route prévoyait une AGP autonome, capable de gérer, planifier et protéger le Parc National Historique Citadelle, Sans-souci, Ramiers, avec un système de suivi et d’évaluation. Malheureusement, cette vision reste depuis 2022 non mise en œuvre à cause d'un problème de priorité gouvernementale.

6. Absence d'une autorité de gestion au Parc : un échec politique et institutionnel

Le refus de mettre en œuvre cette feuille de route après la phase expérimentale de l'Autorité de Gestion du Parc (AGP) lors de la fin du projet PAST financé par la Banque mondiale constitue un tournant critique. Depuis octobre 2022, aucune autorité permanente n’a été instituée au Parc National Historique Citadelle, Sans-souci, Ramiers alors que :

__ le plan de gestion du Parc rédigé par l'UNESCO était disponible ;
__ les outils institutionnels étaient définis ;
__ les partenaires internationaux étaient mobilisés ;
__ sauf que le gouvernement à travers le Ministère de la Culture, sous Emmélie Prophète, n'acceptait pas de prendre en charge l'AGP et préférait de mettre tout le personnel technique de L'AGP à pied.

7. Repenser d’urgence la gouvernance du Parc National Historique Citadelle, Sans-souci, Ramiers (PNH-CSSR)

Le drame du 11 avril 2026 doit être un point de bascule. Ainsi, il est impératif de :

A. activer immédiatement l’AGP permanente en :

__ adoptant du cadre juridique ;
__ nominant des responsables au bureau de l'AGP, à la Citadelle et au Palais Sans-souci ;
__ déployant un système opérationnel.

B. Réguler l’accès à la Citadelle

__ quotas de visiteurs ;
__ systèmes de billetterie contrôlée
__ surveillance des flux

C. Appliquer le plan de gestion existant via :

__ la conservation ;
__ le tourisme durable ;
__ la protection environnementale.

D. Renforcer la sécurité et la maintenance

__ équipes techniques permanentes
__ protocoles d’urgence
__ entretien régulier

E. Impliquer les communautés locales

__ emplois
__ formation
__ gouvernance participative

Conclusion : sauver le patrimoine, sauver des vies

Le Palais Sans-Souci, la Citadelle Laferrière (Citadelle Henry) et l’ensemble du Parc, notamment la Zone Clé de Biodiversité (ZCB) ne sont pas seulement des monuments. Ils sont des piliers de l’identité haïtienne.

Mais sans gouvernance, un patrimoine devient vulnérable. Car, sans organisation, un site touristique devient dangereux.

Le drame du 11 avril 2026 survenu à la Citadelle Henry rappelle une vérité fondamentale : la gestion du patrimoine est une responsabilité vitale, pas seulement culturelle.

Haïti dispose déjà des outils, des plans et des expertises. Ce qui manque aujourd’hui, ce n’est pas la connaissance mais la décision politique et l’action.

Lire ces deux rapports produits sur la Parc National Historique Citadelle, Sans-souci, Ramiers ( PNH-CSSR) pour mieux comprendre les enjeux et déduire des perspectives de développement 👇🏽

Synthèse des réalisations & leçons apprises dans la gestion du Parc National Historique Citadelle, Sans-Souci, Ramiers (PNH-CSSR): Octobre 2018-juillet 2022
https://hal.science/hal-04856087/

Rôle des parties prenantes du « Parc National Historique Citadelle, Sans-souci, Ramiers » : perspectives de développement et gestion durable
https://hal.science/hal-04961728/

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🇫🇷     : le professeur Evens Emmanuel porte la vision d’un   engagé et inclusifAuteur : Marc-Donald Vincent, 8 avril 202...
08/04/2026

🇫🇷 : le professeur Evens Emmanuel porte la vision d’un engagé et inclusif

Auteur : Marc-Donald Vincent, 8 avril 2026.

À la croisée des mutations globales et des responsabilités académiques, le professeur Evens Emmanuel s’impose comme une figure centrale d’un nouveau projet scientifique francophone. Élu président du Réseau des Universités Francophones Responsables et Inclusives (RUFRI), il incarne l'ambition de repositionner l’université comme acteur clé du changement social.

C’est lors de l’Assemblée Générale Constitutive tenue le 17 octobre 2024 à Toulouse que le professeur Evens Emmanuel a été porté à la tête du RUFRI. Dès sa prise de fonction, il adresse un message fort, marqué par un « sentiment de fierté et de convivialité », tout en appelant à une mobilisation collective des universités francophones.

Dans son allocution, il déclare que « Nos universités ne peuvent plus se contenter d’observer, elles doivent agir ensemble, de manière responsable et inclusive », affirme-t-il.

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1. Un leadership axé sur l’action et la transformation

Sous l’impulsion du professeur Evens Emmanuel, le RUFRI se positionne comme une réponse concrète aux grands défis contemporains, notamment la crise climatique, les inégalités, les transformations urbaines et les pressions sur les ressources. Son approche repose sur une idée centrale :

__ faire de l’université un acteur actif des transformations sociales ;
__ dépasser la posture d’observation académique ;
__ promouvoir une recherche utile et engagée ;
__ encourager la coopération scientifique internationale.

Ce leadership s’inscrit dans une volonté de rupture avec les modèles passifs de production de savoir.

2. Une activité structurante : bâtir un réseau scientifique équitable

L’une des principales activités portées par le RUFRI consiste à structurer un espace de collaboration entre universités du Nord et du Sud. L’objectif est de corriger les déséquilibres historiques dans les échanges académiques. Dans cette dynamique, le réseau travaille à :

__ connecter des institutions issues de différents continents ;
__ valoriser les savoirs produits dans les contextes locaux ;
__ faciliter les échanges entre chercheurs ;
__ développer des projets scientifiques conjoints.

L’activité du RUFRI ne se limite pas à un cadre symbolique mais vise une transformation réelle des pratiques de coopération.

3. Ancrer l’université dans les réalités des territoires

Pour le professeur Evens Emmanuel, l’université doit répondre aux besoins concrets des sociétés. Cette orientation se traduit par des actions visant à renforcer l’impact local des institutions membres. Parmi les priorités :

__ développer des recherches adaptées aux contextes locaux ;
__ renforcer les liens avec les communautés ;
__ promouvoir l’innovation sociale ;
__ diffuser les connaissances au-delà du milieu académique.

« Car, une université socialement responsable répond aux besoins des populations qui l’entourent. »

4. Créer des ponts entre institutions et réseaux

Le RUFRI, sous la direction de son président, s’inscrit également dans une logique d’ouverture. Il cherche à établir des partenariats avec d’autres réseaux académiques et organisations internationales. Cette activité inclut :

__ la collaboration avec des réseaux de l’espace francophone ;
__ la mise en commun des ressources scientifiques ;
__ la participation à des initiatives internationales ;
__ la co-construction de programmes de recherche.

À cet effet, l’objectif est clair. Car, il permet de construire ensemble plutôt que de travailler en silo.

5. Une gouvernance à l’image des valeurs défendues

Le professeur Evens Emmanuel met en avant une gouvernance collégiale et inclusive. Le bureau du RUFRI, composé de membres issus de plusieurs pays et continents, reflète cette diversité. Les principes clés :

__ parité de genre ;
__ représentation des pays du Sud ;
__ inclusion des jeunes chercheurs ;
__ décisions partagées.

Cette organisation vise à garantir une équité réelle dans la prise de décision.

6. Un engagement aligné sur les enjeux globaux

Le RUFRI s’inscrit dans la dynamique de l’Agenda 2030, en affirmant le rôle stratégique de l’université dans les transformations économiques, sociales et environnementales. De là, les actions envisagées :

__ contribution aux Objectifs de développement durable ;
__ promotion d’une recherche orientée vers l’impact ;
__ intégration des enjeux environnementaux ;
__ renforcement du rôle sociétal des universités.

Pour Evens Emmanuel, l’université doit être au cœur des solutions et non en marge des crises.

Conclusion

À travers son leadership, le professeur Evens Emmanuel donne une orientation claire au RUFRI afin de stimuler la coopération universitaire francophone comme un levier d’impact concret.

Entre vision stratégique et actions structurantes, le RUFRI s’affirme comme un espace où l’engagement académique se met au service du bien commun.

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🇭🇹 Activités   en Haïti : entre   imposés et risques de    , la banalisation d’une pratique préoccupanteAuteur : Marc-Do...
06/04/2026

🇭🇹 Activités en Haïti : entre imposés et risques de , la banalisation d’une pratique préoccupante

Auteur : Marc-Donald Vincent, 6 avril 2026.

À l’intersection des dynamiques culturelles et des rapports de pouvoir, certaines pratiques observées lors d’activités socioculturelles dans le Nord d'Haïti soulèvent de sérieuses préoccupations en matière de respect du corps, de consentement et de protection des mineures. Sous couvert de participation festive, des gestes à connotation sexuelle semblent être tolérés, voire imposés, dans certains contextes.

Dans plusieurs activités organisées notamment dans le Nord du pays, une pratique consiste à apposer des empreintes de peinture sur les vêtements des participants comme forme de « ticket d’entrée ». Si cette idée peut paraître ludique à première vue, son application soulève des dérives inquiétantes.

En effet, dans de nombreux cas, ces empreintes sont volontairement placées sur la poitrine des filles et des femmes par des hommes, sans garantie de consentement libre et éclairé. D'abord, en présence de mineures, la notion de consentement est juridiquement et éthiquement invalide, aucun acte impliquant des attouchements ne pouvant être légitimé, même en cas d’apparente acceptation.

Face à ces pratiques, le corps des participantes devient alors un espace d’accès conditionnel, exposé à des gestes intrusifs déguisés en animation culturelle.

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1. Cadre juridique en Haïti : entre qualification d’agression sexuelle et protection stricte des mineures

En droit haïtien, de tels gestes peuvent être qualifiés d’atteintes à l’intégrité physique et à la dignité de la personne. Le Code pénal haïtien, renforcé par le décret du 6 juillet 2005 sur les agressions sexuelles, reconnaît comme infraction tout acte à connotation sexuelle commis sans consentement. Le fait d’imposer un contact physique sur des zones intimes, même sans violence physique explicite, peut être assimilé à une agression sexuelle ou à un attentat à la pudeur, surtout lorsqu’il existe une contrainte, une pression ou une condition d’accès à une activité.

Lorsqu’il s’agit de mineures, la loi est encore plus stricte, car toute interaction sexuelle ou attouchement sur une personne mineure est prohibé, indépendamment de toute forme d’acceptation apparente. Le consentement d’un mineur n’a pas de valeur juridique dans ce contexte. De plus, les organisateurs d’activités peuvent voir leur responsabilité engagée pour négligence ou mise en danger s’ils permettent ou tolèrent de telles pratiques. Ces actes peuvent donc entraîner des poursuites pénales contre les auteurs directs ainsi que des sanctions contre les responsables de l’événement.

2. Une pratique qui franchit la frontière du consentement

Le principe d’un marquage corporel comme condition d’accès pose déjà une question éthique. Cependant, lorsque ce marquage cible des zones intimes comme la poitrine, la situation devient problématique. On observe notamment :

__ une absence de consentement explicite ;
__ une pression sociale pour accepter afin de participer ;
__ un refus d’accès en cas de rejet du geste ;
__ une normalisation de contacts physiques intrusifs.

En effet, le consentement obtenu sous contrainte sociale ou exclusion ne peut être considéré comme valide.

3. Mineures exposées et vulnérabilité accrue

Les images et témoignages indiquent que ces pratiques concernent en grande partie des jeunes filles, parfois mineures. Ainsi, cette réalité accentue les risques :

__ incapacité à refuser face à l’autorité ou au groupe ;
__ manque de sensibilisation sur leurs droits corporels ;
__ exposition à des adultes ou jeunes majeurs abusant de la situation.

Delà, la protection des mineures devrait être une priorité absolue dans tout espace public ou événementiel.

Il est à noter qu'en présence de mineures, la notion de consentement est juridiquement et éthiquement invalide, aucun acte impliquant des attouchements ne pouvant être légitimé, même en cas d’apparente acceptation.

Ce principe implique que toute situation où une mineure semble « accepter » un geste intrusif doit être analysée à la lumière des rapports de pouvoir, de la pression sociale et du manque de capacité juridique à consentir. L’apparente passivité ou coopération ne traduit pas un choix libre, mais souvent une adaptation à un contexte contraignant, où refuser peut signifier exclusion, humiliation ou intimidation. Ainsi, la responsabilité incombe entièrement aux adultes et aux organisateurs, qui ont l’obligation de prévenir toute forme d’exposition des mineures à des gestes à connotation sexuelle.

Dans cette perspective, il est essentiel de déplacer le regard. Car, il ne s’agit pas de questionner l’attitude des victimes, mais bien de réguler les pratiques et de sanctionner les comportements inappropriés. Toute tolérance sociale face à ces actes contribue à leur banalisation, créant un environnement où les limites sont floues et les abus facilités. Une approche fondée sur la protection, l’éducation au respect du corps et l’application stricte des normes juridiques est indispensable pour garantir des espaces réellement sécurisés pour les mineures.

4. Entre jeu social et dérive sexuelle

Certains participants, notamment des jeunes garçons, recherchent ces rôles d’« apposition » pour profiter d’un contact physique avec les filles. Cela crée une ambiguïté dangereuse :

__ confusion entre animation et attouchement ;
__ intention détournée derrière une activité collective ;
__ banalisation progressive du geste dans l’espace social.

Ce qui est présenté comme ludique peut masquer des comportements assimilables à du harcèlement sexuel.

5. Le syndrome de Stockholm : une explication pertinente ?

Pour certains, l’idée selon laquelle les participantes « acceptent » ces pratiques peut amener à évoquer le syndrome de Stockholm. Toutefois, cette hypothèse reste limitée dans ce contexte. En réalité, plusieurs facteurs sont plus pertinents :

__ pression sociale et désir d’intégration ;
__ peur de l’exclusion ou du rejet ;
__ normalisation culturelle progressive ;
__ absence de mécanismes de protection.

Il ne s’agit pas d’un attachement psychologique à un agresseur, mais plutôt d’un système social qui contraint à l’acceptation.

6. Une responsabilité des organisateurs

Les organisateurs de ces activités y compris les écoles écoles qui y sont impliquées ont une responsabilité directe dans la mise en place et la régulation de ces pratiques. De ce fait, l’absence de régulation transforme une activité festive en espace de vulnérabilité.

7. Vers une prise de conscience collective

La banalisation de ces gestes dans l’espace public est révélatrice d’un problème plus large lié à l’éducation au consentement et au respect du corps. Une réponse durable nécessite :

__ des campagnes de sensibilisation ;
__ l’implication des institutions éducatives ;
__ une responsabilisation des jeunes ;
__ un encadrement strict des événements publics.

Car, le respect du corps ne doit jamais être conditionné à la participation sociale.

8. Conseils et recommandations : protection des participantes et responsabilités publiques

Aux jeunes femmes et mineures :
__ ne vous sentez jamais obligées d’accepter un contact physique pour accéder à une activité ;
__ affirmez clairement votre refus en cas de geste déplacé ou intrusif ;
__ privilégiez la participation en groupe ou avec des personnes de confiance ;
__ signalez immédiatement tout comportement inapproprié à un adulte responsable ou à un organisateur ;
__ en cas de situation grave, parlez-en à un parent, un enseignant ou une personne de confiance.

Votre corps vous appartient, car aucun divertissement ne justifie une atteinte à votre dignité.

Aux autorités locales et nationales :
__ encadrer strictement les activités socioculturelles, notamment celles impliquant des mineurs ;
__ interdire toute pratique impliquant des contacts physiques sur des zones sensibles ;
__ exiger des organisateurs des protocoles (règlements) clairs de protection des participants ;
__ renforcer la présence d’agents de sécurité municipale et de supervision lors des événements ;
__ lancer des campagnes de sensibilisation sur le consentement (pas pour les mineurs), le respect du corps et les violences sexuelles ;
__ prévoir des mécanismes de plainte accessibles et confidentiels pour les victimes.

Garantir des espaces culturels sûrs est une responsabilité collective qui engage l’État et la société.

Conclusion

Ces pratiques, bien que présentées comme festives, posent de véritables enjeux de dignité, de consentement et de protection, en particulier pour les jeunes filles.

Par conséquent, une société qui tolère l’intrusion sur le corps des femmes dans des espaces publics fragilise ses propres normes de respect et de sécurité.

Par ailleurs, il devient urgent d’encadrer ces activités afin de garantir qu’elles restent des espaces de partage culturel et non des lieux de dérives ou d’abus.

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La   de 1987 à l’épreuve du temps : entre portée   et   d’ Auteur : Me. Jonel Dilhomme, Av. Ancien professeur à l’Univer...
04/04/2026

La de 1987 à l’épreuve du temps : entre portée et d’

Auteur : Me. Jonel Dilhomme, Av. Ancien professeur à l’Université d’État d’Haïti, Chercheur en Droit International et Gouvernance Globale, 4 avril 2026.

Adoptée à la suite de la chute du régime autoritaire des Duvalier, la Constitution haïtienne de 1987 constitue l’un des textes fondateurs de la transition démocratique en Haïti. Pensée comme un rempart contre le retour de la dictature, elle a consacré des principes essentiels tels que la séparation des pouvoirs, le pluralisme politique et la protection des libertés fondamentales.

Près de quatre décennies après son adoption, cette Constitution conserve une forte portée symbolique. Toutefois, elle se trouve aujourd’hui confrontée à des limites structurelles qui interrogent sa capacité à répondre aux défis contemporains de l’État haïtien. Dans ce contexte, la question de son adaptation, voire de son remplacement, s’inscrit désormais au cœur du débat constitutionnel national.

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A- La portée symbolique d’une Constitution fondatrice

La Constitution haïtienne de 1987 représente bien plus qu’un simple texte juridique. Elle incarne une rupture historique avec l’autoritarisme et l’arbitraire étatique. Élaborée dans un contexte de transition politique, elle visait à encadrer le pouvoir par des mécanismes de contrôle institutionnel, notamment à travers un équilibre entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Elle a également consacré un ensemble de droits fondamentaux destinés à protéger les citoyens contre les abus du pouvoir. À ce titre, elle demeure un symbole fort de l’aspiration du peuple haïtien à la démocratie et à l’État de droit.

B- Une architecture institutionnelle confrontée à ses limites

Malgré cette portée symbolique, l’expérience institutionnelle des dernières décennies a mis en évidence les fragilités du modèle constitutionnel de 1987. L’organisation du pouvoir exécutif, fondée sur une cohabitation complexe entre le président et le Premier ministre, a souvent été source de blocages institutionnels. Les relations entre les pouvoirs publics se sont régulièrement traduites par des crises politiques, marquées par des conflits de légitimité et des paralysies décisionnelles.

Par ailleurs, la multiplication des institutions constitutionnelles sans mécanismes efficaces de coordination a contribué à affaiblir la capacité de l’État à agir de manière cohérente. Ces dysfonctionnements révèlent les limites d’un modèle conçu dans un contexte historique spécifique, mais confronté aujourd’hui à des réalités politiques, sociales et sécuritaires profondément transformées.

C- Une Constitution inadaptée aux défis contemporains

Le contexte actuel d’Haïti est marqué par une crise multidimensionnelle : instabilité politique, insécurité généralisée, fragilité économique et érosion des institutions publiques. Dans ce cadre, la Constitution haïtienne de 1987 apparaît de plus en plus en décalage avec les exigences de gouvernance contemporaines. Elle ne fournit pas toujours les instruments nécessaires pour répondre efficacement aux crises actuelles, notamment en matière de sécurité publique, de coordination institutionnelle et de gestion des situations exceptionnelles. De plus, l’absence d’une réforme constitutionnelle profonde depuis plusieurs décennies a contribué à accentuer ce décalage entre le texte et la réalité politique.

D- Le risque d’un cycle électoral sans stabilité institutionnelle

Dans ce contexte, l’organisation d’élections sous le seul cadre de la Constitution actuelle soulève des interrogations majeures. Si les élections constituent un élément essentiel de la démocratie, elles ne suffisent pas, à elles seules, à garantir la stabilité politique. Lorsque le cadre institutionnel demeure fragile ou inadapté, les processus électoraux peuvent, au contraire, reproduire les crises existantes. Ainsi, en l’absence de réformes structurelles, la tenue d’élections pourrait conduire à la reconduction des mêmes blocages institutionnels et alimenter un cycle de crises politiques récurrentes.

E- Vers la nécessité d’une refondation constitutionnelle

Face à ces constats, la question d’une nouvelle Constitution se pose avec une acuité particulière. Une réforme constitutionnelle ne saurait être envisagée comme une simple modification technique du texte existant. Elle devrait s’inscrire dans une réflexion plus large sur la nature de l’État, l’organisation des pouvoirs et les mécanismes de gouvernance adaptés aux réalités contemporaines d’Haïti.

Une nouvelle Constitution pourrait ainsi viser :
a) à clarifier les relations entre les pouvoirs publics ;
b) à renforcer l’efficacité de l’action gouvernementale ;
c) à adapter les institutions aux enjeux sécuritaires et économiques actuels ;
d) et à restaurer la confiance des citoyens dans l’État.

La Constitution haïtienne de 1987 demeure un texte fondateur, porteur d’une forte légitimité historique et symbolique. Toutefois, son application au cours des dernières décennies révèle des limites structurelles qui entravent le fonctionnement des institutions et la stabilité politique du pays. Dans un contexte de crise prolongée, la réflexion sur une refondation constitutionnelle apparaît comme une étape nécessaire pour adapter l’État aux défis contemporains. Car lorsqu’un cadre constitutionnel n’est plus en mesure d’organiser efficacement le pouvoir et de garantir la stabilité institutionnelle, ce ne sont pas seulement les institutions qui vacillent, c’est l’ensemble du projet républicain qui se trouve fragilisé.

Références sélectives

1- Constitution d’Haiti de 1987, telle qu’amendée en 2011, Journal officiel de la République d’Haïti (Le Moniteur).

2- Max Weber, Le Savant et le Politique, Paris, La Découverte, 2003 (éd. orig. 1919).

3- Samuel Huntington, Political Order in Changing Societies, New Haven, Yale University Press, 1968.

4- Sauveur Pierre Étienne, L’énigme haïtienne : échec de l’État moderne en Haïti, Montréal, Mémoire d’encrier, 2007.

5- International Crisis Group, Haïti : sortir de l’impasse, Rapport Amérique latine/Caraïbes n°52, Bruxelles, 14 décembre 2022.

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