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Indépendance d’Haïti : une vérité fondatrice devenue mythe ?Haïti, première République noire du monde, a inscrit son nom...
01/01/2026

Indépendance d’Haïti : une vérité fondatrice devenue mythe ?

Haïti, première République noire du monde, a inscrit son nom dans l’histoire universelle en brisant les chaînes de l’esclavage et en arrachant son indépendance à l’une des plus puissantes armées coloniales de l’époque. Le 1er janvier 1804, à Vertières, un peuple debout déclarait au monde sa volonté irréversible d’être libre. Deux siècles plus t**d, cette victoire incontestable semble pourtant prisonnière du symbolique. L’indépendance d’Haïti : vérité glorieuse ou mythe entretenu face à une réalité qui la contredit ?

L’indépendance n’est pas qu’un acte fondateur ; elle devrait être un état d’âme collectif, une souveraineté incarnée dans la gouvernance, l’économie, la justice, l’éducation. Or, que reste-t-il aujourd’hui de cette indépendance dans un pays où les décisions majeures se prennent souvent à l’étranger, où les institutions chancellent sous le poids de la corruption, et où les citoyens sont tenus à l’écart de leur propre avenir ? L'ombre de l’occupation plane encore : elle est économique, diplomatique, politique, parfois même militaire.

Comment prétendre être indépendant quand l’insécurité règne, quand des groupes armés dictent leur loi, quand la population fuit ou survit dans la peur et la misère ? Comment se dire héritier de 1804 lorsque l'État ne parvient plus à protéger les droits fondamentaux de son peuple ? À force de célébrer la date sans incarner la substance, nous avons vidé l’indépendance de sa vérité pour n’en garder que le mythe.

Pourtant, tout n’est pas perdu. L’esprit de 1804 ne demande qu’à être réactivé, non dans une nostalgie héroïque, mais dans une volonté ferme de refonder l’État haïtien sur des bases de justice, de responsabilité, de mémoire et d’avenir. C’est dans l’éducation des masses, dans l’éveil de la conscience citoyenne et dans le courage politique que l’indépendance redeviendra vérité vivante.

Alors, que 1804 cesse d’être une fête figée. Qu’elle devienne une promesse renouvelée. Non pas un simple souvenir de gloire, mais une exigence d’action. Parce que l’indépendance ne se commémore pas : elle s’exerce.

Car l'indépendance véritable ne se mesure pas aux discours prononcés chaque 1er janvier, ni aux drapeaux que l'on agite sur fond de misère nationale. Elle se mesure à la capacité d’un peuple à maîtriser son destin, à gouverner selon ses intérêts, à produire ses richesses, à éduquer ses enfants, à protéger ses plus faibles et à préserver sa dignité.

Or, que voyons-nous aujourd'hui ? Un pays fragmenté, dirigé par intérim depuis des années, sans boussole politique, sans stabilité institutionnelle. Une jeunesse sans repères, tentée par l'exil ou enrôlée de force dans la spirale de la violence. Une élite souvent déconnectée, et une majorité silencieuse qui ne croit plus aux lendemains. Le sol qui a enfanté Dessalines est aujourd'hui dominé par des forces qui piétinent l'idéal de souveraineté pour lequel il a sacrifié sa vie.

L’indépendance d’Haïti ne saurait être réduite à une simple victoire militaire du passé. Elle doit redevenir une ambition quotidienne. Elle exige un réveil citoyen, un sursaut éthique, un projet collectif où chaque Haïtien reconnaît sa part de responsabilité, de pouvoir et d’engagement. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons dire que 1804 n’était pas un accident glorieux de l’histoire, mais une fondation durable, vivante et transmise.

Haïti ne manque pas de ressources humaines, ni de talent, ni de courage. Ce qui lui manque aujourd’hui, c’est une volonté partagée de construire une indépendance réelle, dégagée de l’illusion, et ancrée dans la justice, la rigueur et la solidarité. Car ce n’est pas 1804 qui nous trahit, c’est nous qui trahissons 1804, chaque fois que nous acceptons l’humiliation, chaque fois que nous renonçons à la lutte, chaque fois que nous oublions que nous sommes le peuple de Vertières.

Alors posons-nous cette question : voulons-nous encore être indépendants, ou nous contenterons-nous d’en raconter l’histoire pendant que d’autres écrivent notre avenir ?

Pierre Ismaël NOËL, Journaliste/rédacteur

L’art secret de l’éjaculation féminineLongtemps reléguée aux marges du discours public, l’éjaculation féminine demeure l...
28/12/2025

L’art secret de l’éjaculation féminine

Longtemps reléguée aux marges du discours public, l’éjaculation féminine demeure l’un des sujets les plus entourés de silence, de fantasmes et de malentendus. Entre tabous culturels, approximations pseudo-scientifiques et réductions sensationnalistes, ce phénomène intime a souvent été dépossédé de sa dignité intellectuelle. Or, l’aborder avec rigueur et élégance, c’est participer à une réconciliation plus large entre savoir, corps et liberté.
Parler d’« art » n’est pas fortuit. L’éjaculation féminine, lorsqu’elle survient, ne relève ni d’un automatisme mécanique ni d’une performance attendue.

Elle s’inscrit dans une alchimie subtile où la physiologie rencontre la psychologie, où la confiance dialogue avec l’abandon. La science contemporaine, sans prétendre tout élucider, reconnaît l’existence de sécrétions spécifiques liées à l’excitation intense de certaines femmes. Mais la biologie, à elle seule, ne saurait rendre compte de l’expérience vécue, profondément singulière et non universelle.

Le véritable enjeu n’est donc pas de normaliser ou d’ériger ce phénomène en norme du plaisir féminin, mais de le désenclaver du mythe. Trop souvent, l’éjaculation féminine est présentée comme un graal, une preuve ultime d’épanouissement sexuel, plaçant sur les femmes une injonction supplémentaire à « réussir » leur intimité. Cette vision réductrice trahit une incompréhension fondamentale : le plaisir ne se mesure pas à ses manifestations visibles, et l’absence d’éjaculation n’est en rien synonyme de manque ou d’échec.

L’art, ici, réside dans l’écoute et le respect. Respect du corps féminin, qui ne se conforme à aucun modèle unique ; respect de la parole des femmes, trop longtemps confisquée par des discours extérieurs ; respect enfin de l’intimité, qui ne gagne rien à être exhibée sans discernement. Dévoiler sans vulgariser, expliquer sans prescrire, telle devrait être l’éthique d’un propos éclairé sur ce sujet.

En définitive, l’éjaculation féminine n’est ni un secret honteux ni un trophée à conquérir. Elle est une possibilité parmi d’autres, un chapitre discret de la vaste littérature du désir humain. La reconnaître avec sobriété et intelligence, c’est affirmer que la sexualité mérite mieux que le silence ou la caricature : elle mérite la nuance, la connaissance et, surtout, la liberté.

Dans cette perspective, il convient également d’interroger la responsabilité du langage. Les mots façonnent les représentations, et celles-ci influencent les vécus. Or, la manière dont l’éjaculation féminine est nommée, décrite ou mise en scène révèle souvent un regard encore prisonnier de schémas masculins de la sexualité. Transposer des catégories conçues pour le corps de l’homme à celui de la femme revient à appauvrir la compréhension du plaisir féminin, qui se déploie selon des logiques propres, plus diffuses, plus sensibles aux contextes émotionnels et relationnels.
L’éducation sexuelle, trop souvent limitée à des considérations biologiques élémentaires ou à des discours moralisateurs, gagnerait à intégrer cette complexité. Non pour multiplier les attentes, mais pour déconstruire les fausses évidences.

Comprendre que toutes les femmes ne vivent pas leur corps de la même manière, que certaines expériences demeurent rares, d’autres inexistantes, et que cela n’altère en rien la légitimité du plaisir ressenti, constitue un pas décisif vers une sexualité apaisée.
Il faut aussi souligner que le secret entourant l’éjaculation féminine n’est pas seulement d’ordre intime ; il est social et historique. Le corps des femmes a longtemps été observé, commenté, réglementé sans qu’elles en soient les véritables narratrices. Redonner la parole à celles qui vivent ces expériences, dans toute leur diversité, revient à rééquilibrer un récit trop longtemps confisqué. Le savoir ne peut être authentique que s’il se nourrit de l’écoute et non de la domination.

Ainsi, parler de l’art secret de l’éjaculation féminine, c’est en réalité parler d’un art plus vaste : celui de considérer la sexualité comme un espace de liberté éclairée, affranchi des injonctions et des hiérarchies implicites. C’est refuser le spectaculaire au profit du sens, la norme au profit de l’expérience, la curiosité intrusive au profit du respect.

Pierre Ismaël NOËL Journaliste/rédacteur

Aïcha Kadhafi ; héritière politique et figure de la résistance libyenne À l’orée du XXIᵉ siècle, dans les sables immémor...
25/12/2025

Aïcha Kadhafi ; héritière politique et figure de la résistance libyenne

À l’orée du XXIᵉ siècle, dans les sables immémoriaux de la Libye, émergea une figure qui devait symboliser, pour certains, l’avenir politique d’un pays sous influence autoritaire : Aïcha Mouammar Kadhafi. Fille unique et biologique du colonel Mouammar Kadhafi — l’homme qui dirigea la Libye de 1969 jusqu’à sa chute en 2011 — elle fut pendant des années le visage féminin le plus visible du régime, à la fois juriste, militaire et diplomate.

Née à Tripoli en décembre 1976, Aïcha fut élevée au cœur d’un système politique fondé sur le panarabisme transformé en une Jamahiriya — « État des masses » — que son père avait promu comme nouvelle forme de révolution populaire. Elle reçut une éducation juridique solide en Europe, notamment à l’université Paris‑VII et à l’université Paris‑1 Panthéon‑Sorbonne, où elle s’engagea dans des études de droit international qui reflétaient sans doute l’ambition de servir en tant que conseillère ou représentante de l’État libyen.

Ce parcours académique ne fut pas anodin : il permit à Aïcha de se forger une stature respectable sur le plan international, mais aussi d’être perçue comme une possible héritière politique de l’œuvre de son père. Ainsi certains observateurs de l’époque la voyaient non seulement comme l’enfant du Guide, mais aussi comme une personnalité susceptible de concilier l’autorité traditionnelle libyenne et un vernis de modernité.

Cependant, cette ascension devait être mise en perspective avec la réalité politique de la Libye. Aïcha ne fut pas seulement une figure symbolique : elle servit en tant qu’avocate, lieutenant‑colonel dans l’armée libyenne, diplomate et représentante officielle à divers niveaux. Elle fut nommée Goodwill Ambassador pour le Programme des Nations Unies pour le développement, chargé de défendre des causes sociales telles que la lutte contre le VIH/SIDA ou la pauvreté, bien que cette fonction lui ait été retirée en 2011 en pleine crise politique.

Cette diversité d’engagements traduit en réalité une dualité profonde : d’un côté la volonté d’un régime autoritaire de projeter une image de progression et d’ouverture ; de l’autre, l’implication de sa fille dans un système largement critiqué pour sa répression interne et son absence de libertés politiques. L’image d’Aïcha fut souvent mise en débat : louée par certains médias pour son apparence ou son charisme, elle fut, pour d’autres, l’incarnation d’un pouvoir patriarcal cherchant à légitimer sa domination par l’intermédiaire de sa seule héritière féminine visible.

La guerre civile libyenne de 2011 fut un moment charnière. Aux côtés de sa famille, Aïcha se trouva au centre d’un conflit sanglant opposant le régime aux insurgés libyens, alors que l’OTAN intervenait militairement sous mandat international. Durant ces mois de bouleversements, elle fut aperçue à Tripoli sous les bombardements et participa à la défense du régime, suscitant critiques et controverses.

Lorsque le régime s’effondra, Aïcha Kadhafi dut fuir. Elle rejoignit l’Algérie, puis s’établit à Oman après avoir obtenu l’asile pour elle et les siens. Dans l’exil, elle continua de faire parler d’elle, notamment à travers des expositions d’art à Moscou consacrées à la mémoire de son père et de son frère. Là encore, cette postérité artistique pourrait être lue comme un prolongement symbolique de sa fidélité à l’héritage familial et politique du régime libyen.

Aujourd’hui, plus d’une décennie après la chute du régime, Aïcha Kadhafi demeure une figure difficile à classer. Pour certains, elle fut une héritière engagée — convaincue du bien‑fondé des choix politiques de son père et déterminée à défendre sa vision. Pour d’autres, elle est une illustration de l’impossible transmission d’une légitimité politique dans un État où le pouvoir autocratique avait supprimé toute possibilité de transition démocratique ou institutionnelle.Lorsque le régime s’effondra, Aïcha Kadhafi dut fuir. Elle rejoignit l’Algérie, puis s’établit à Oman après avoir obtenu l’asile pour elle et les siens. Dans l’exil, elle continua de faire parler d’elle, notamment à travers des expositions d’art à Moscou consacrées à la mémoire de son père et de son frère. Là encore, cette postérité artistique pourrait être lue comme un prolongement symbolique de sa fidélité à l’héritage familial et politique du régime libyen.

Aujourd’hui, plus d’une décennie après la chute du régime, Aïcha Kadhafi demeure une figure difficile à classer. Pour certains, elle fut une héritière engagée — convaincue du bien‑fondé des choix politiques de son père et déterminée à défendre sa vision. Pour d’autres, elle est une illustration de l’impossible transmission d’une légitimité politique dans un État où le pouvoir autocratique avait supprimé toute possibilité de transition démocratique ou institutionnelle.

Pierre Ismaël NOËL, Journaliste/rédacteur

Quand les dirigeants haïtiens font l’autruche, le peuple souffreQuand les dirigeants haïtiens font l’autruche,Le peuple ...
17/12/2025

Quand les dirigeants haïtiens font l’autruche, le peuple souffre

Quand les dirigeants haïtiens font l’autruche,
Le peuple ploie sous le poids d’une vie trop farouche.
Ils plongent la tête dans le sable chaud de l’oubli,
Pendant que les cris du peuple se perdent dans la nuit.

Ils ferment les yeux sur les routes éventrées,
Sur les enfants sans pain, sur les mères désespérées.
Ils parlent de paix dans des salons climatisés,
Tandis que les rues s’enflamment, que la misère est armée.

Quand les puissants fuient leurs responsabilités,
Ce sont les sans-voix qui portent la fatalité.
Le peuple pleure à ciel ouvert sans audience,
Mais à la Primature, c’est silence et arrogance.

Ils fuient la vérité comme la peste ou la lumière,
Ils taisent les douleurs qu’ils sèment en arrière.
Ils vivent dans des bulles de vitres teintées,
Pendant que la foule cherche une goutte de clarté.

Haïti n’est pas née pour ramper dans la poussière,
Mais quand l’élite trahit, c’est tout le sol qui se resserre.
Ils parlent de progrès, mais les chiffres saignent,
Le peuple meurt debout pendant que leurs comptes s’enseignent.

Faire l’autruche, c’est fuir l’éveil des consciences,
C’est laisser la rue parler par la violence.
C’est croire qu’en ignorant les flammes, elles s’éteignent,
Mais un peuple qu’on méprise finit toujours par quérir sa règne.

Oh Haïti, perle d’un collier brisé,
Ta douleur est vraie, ton courage est méprisé.
Mais même si l’État joue l’aveugle de métier,
Le sang du peuple crie : il n’a pas dit son dernier verset.

Alors oui, qu’ils fassent l’autruche dans leur palais doré,
Mais sous les cendres, les cœurs sont prêts à s’embraser.
Car un peuple blessé, affamé mais digne,
Finit toujours par faire tomber les signes.

Ils plantent leurs mensonges comme on sème des graines,
Mais récoltent la colère qui monte sans chaîne.
Ils promettent demain sans bâtir aujourd’hui,
Pendant que les ghettos pleurent dans un silence qui bruit.

Le peuple ne demande pas luxe ni château,
Mais un lit sans peur, un peu d’eau, un morceau.
Ils construisent des murs entre eux et nos douleurs,
Mais l’Histoire les observe, elle compte nos pleurs.

Ils fuient la justice, la morale, le devoir,
Mais le feu de la rue commence à tout savoir.
Quand la faim parle, même le vent se soumet,
Et les b***es ne peuvent museler ce qu’on promet.

Faire l’autruche, c’est trahir la mémoire,
C’est renier Dessalines, c’est brûler notre espoir.
Mais Haïti n’est pas morte, elle respire encore,
Dans les bras de ses jeunes, elle forge un nouvel accord.

Ce slam est un miroir, un cri, une semence,
Une page que l’on écrit avec foi et patience.
Car même si les dirigeants préfèrent le néant,
Le peuple, lui, devient flamme dans les vents.

Et quand viendra l’heure de rendre des comptes,
Il n’y aura ni masque, ni trône, ni conte.
Seulement la vérité nue, sans costume ni fard :
Haïti veut renaître, malgré l’écho des bazars.

Ils font l’autruche, mais la terre tremble sous leurs pieds,
Le peuple gronde, ses cris ne peuvent plus être noyés.
Chaque silence officiel est une gifle de plus,
Chaque promesse en l’air un clou sur notre croix en plus.

Ils détournent les fonds, ferment les yeux sur les drames,
Pendant que nos mères vendent leur âme pour une flamme.
Ils prétendent gouverner, mais ne font que fuir,
Et la misère, elle, ne cesse de s’étendre et de s’unir.

Haïti n’est pas un slogan de campagne,
Ni un prétexte pour gonfler leurs montagnes
De billets volés, d’ambitions sans éthique —
Pendant que les écoles s’effondrent, c’est pathétique.

Mais le peuple n’oublie pas, il compte, il observe,
Dans chaque ruelle, la dignité conserve.
Un feu sacré brûle dans nos poitrines nues,
On n’a pas besoin d’armes pour renverser les vues.

Le slam devient justice quand la justice dort,
Le verbe devient arme quand le pouvoir est mort.
Alors on parle, on hurle, on écrit, on scande,
Car un jour ou l’autre, l’Histoire nous redemande…

Qui a fait front quand tout sombrait dans l’ombre ?
Qui a résisté, même au bord de la tombe ?
Pas ceux qui banquaient sur le dos des damnés,

Alors écoute, peuple debout, peuple fort,
Toi qui trébuche, mais qui revient plus fort,
Ce slam, c’est ton cri, c’est ta vérité brute,
Face aux masques dorés, aux silences qui s’ajustent.

Ils font l’autruche pendant que l’on crève,
Pendant que nos rues pleurent et que la faim s’élève.
Ils signent des lois qu’eux-mêmes ne subissent,
Pendant que le peuple ramasse les cicatrices.

Les hôpitaux vides, les classes sans tableau,
Les enfants vendent l’espoir sous les néons trop chauds.
Pendant que leurs enfants brillent à l’étranger,
Les nôtres s'effacent, sans avenir pour se venger.

Mais nous, on parle, on slame, on dénonce,
Même si nos mots font peur, même s’ils cognent.
Car nos voix sont les tambours de demain,
Et nos vers, les couteaux cachés dans nos mains.

Pierre Ismaël NOËL, Poète

Haïti dans le Groupe C du Mondial 2026 : Une b***e pour l’Histoire, un défi contre l’oubliLorsque la FIFA a dévoilé la c...
05/12/2025

Haïti dans le Groupe C du Mondial 2026 : Une b***e pour l’Histoire, un défi contre l’oubli

Lorsque la FIFA a dévoilé la composition des groupes pour le Mondial 2026 en terre nord-américaine, c’est avec une émotion poignante que des millions d’Haïtiens ont vu s’inscrire le nom de leur pays dans le redoutable Groupe C, aux côtés de mastodontes du ballon rond : le Brésil, quintuple champion du monde, le Maroc, demi-finaliste de 2022 et fierté du continent africain, et l’Écosse, solide et historique adversaire européen. Face à ce tirage, certains y verront une sentence. Mais pour Haïti, c’est une invitation à la dignité, une porte entrouverte sur le mythe.

Car oui, le contexte national est délétère. L’instabilité politique, les crises économiques répétées, l’insécurité rampante, les ouragans médiatiques autour de notre détresse, et les larmes anonymes d’un peuple qui survit plus qu’il ne vit… Tout cela aurait pu anéantir notre rêve. Mais notre rêve survit toujours. Haïti n’est pas seulement un pays meurtri, c’est une nation résiliente, fière, et intrépide.

Ce groupe n’est pas une malédiction. C’est une scène mondiale pour rappeler que même dans la tourmente, un peuple peut encore se tenir debout, crampons aux pieds, cœur battant, drapeau haut. Jouer contre le Brésil, ce n’est pas seulement affronter Neymar, Vinícius Jr, Marquinhos, c’est affronter l’histoire, c’est réclamer le droit d’exister dans les pages dorées du football mondial. Contre le Maroc, c’est un duel symbolique de deux peuples du Sud global qui partagent blessures coloniales et aspirations de grandeur. Et face à l’Écosse, c’est prouver que notre football peut rimer avec stratégie, rage et élégance.

Les onze hommes qui fouleront la pelouse ne porteront pas que des maillots. Ils porteront les douleurs de la région métropolitaine de Port-au-Prince, les cris de l'Artibonite, les espoirs silencieux de Jacmel, et le sourire fragile d’un enfant jouant au ballon dans les camps de déplacés. Ce Mondial est peut-être la seule scène où Haïti peut encore écrire une histoire d’unité, de talent, de gloire.

Nous n’avons pas à rougir de ce tirage. Nous avons à oser, à lutter, à croire. Chaque passe, chaque but, chaque minute jouée avec honneur est une gifle aux stéréotypes, une claque aux fatalismes, un souffle à la flamme vacillante de notre fierté.

Ce Mondial 2026, bien au-delà de l’enjeu sportif, incarne pour Haïti une tribune identitaire et existentielle. Quand nos joueurs entreront sur la pelouse, ce ne sera pas uniquement pour défendre les couleurs d’un drapeau, mais pour redonner chair à une nation que le monde préfère souvent oublier. Là où les chancelleries ferment les yeux sur notre détresse, le football, lui, offre une vitrine que personne ne peut ignorer.

Et si, sur le terrain, les talents de nos adversaires paraissent plus affûtés, nos joueurs auront une arme que les statistiques ne mesurent pas : la force du cœur, la mémoire des luttes, la faim de reconnaissance. On ne joue pas un Mondial tous les jours. Pour Haïti, chaque match sera une finale. Une guerre sans armes, mais avec l’orgueil pour épée et la résilience pour bouclier.

Les sceptiques diront que nous sommes dans un « groupe de la mort ». Mais pour un peuple qui frôle la mort sociale chaque jour, le mot “peur” n’a plus d’écho. Haïti ne se rendra pas. Haïti jouera avec la foi de ceux qui savent que chaque minute sur le terrain est une revanche sur l’histoire.

Le football n’est pas un remède à la violence ni un baume magique à nos blessures. Mais c’est une langue universelle. Et à travers cette langue, nous allons crier notre humanité, faire entendre notre souffle, faire jaillir notre lumière dans les stades du monde.

Alors, que ce Mondial soit notre acte de foi, notre réponse à l’abandon. Qu’il soit notre hymne en crampons, notre chant de combat. Parce qu’Haïti ne se résume pas à ses douleurs. Elle est aussi faite de rêve, de combat, d’héritage… et de football.

Et si l’histoire doit s’écrire, alors qu’elle s’écrive avec nos pieds, nos cœurs, et notre rage de vivre. Le Groupe C ne nous écrasera pas. Il nous met au défi. Et Haïti est prête à répondre.

Pierre Ismaël NOËL, Journaliste/rédacteur

L’humanité ne se jauge pas au miroir : pour une société inclusive des corps oubliés Dans une époque qui se targue de pro...
05/12/2025

L’humanité ne se jauge pas au miroir : pour une société inclusive des corps oubliés

Dans une époque qui se targue de progrès et d’ouverture, il est alarmant de constater à quel point la société demeure prisonnière d’un culte malsain de l’apparence. La différence physique, surtout lorsqu’elle résulte d’un handicap visible, reste trop souvent perçue comme une gêne, une anomalie qu’il faudrait cacher, atténuer, voire ignorer. Et pourtant, la dignité humaine ne saurait se mesurer à la régularité d’un visage, à la perfection d’un corps ou à la fluidité d’un mouvement.

Il faut le dire sans détour : les personnes en situation de handicap ont droit de cité. Elles ont le droit de vivre, d’aimer, de se montrer, d’interagir, de rire et de pleurer dans la même société que nous tous. Elles ne doivent pas être reléguées à l’arrière-plan comme des figures silencieuses de la douleur ou de la pitié. Même lorsqu’elles se présentent à nous avec une trachéotomie, un corps déformé ou un état de santé critique, elles incarnent pleinement l’humanité. Elles sont la mémoire vivante de notre fragilité collective, la preuve tangible que la vie ne se résume pas à une esthétique contrôlée.

Il est grand temps d’éduquer le regard, de rehausser le niveau du cœur et de désapprendre le réflexe du dégoût ou de l’évitement. La laideur, si tant est qu’elle existe, n’est pas dans les corps abîmés mais dans les regards qui refusent de voir au-delà. Ceux qui détournent les yeux devant une silhouette différente, ceux qui murmurent des moqueries ou feignent l’indifférence, sont les véritables porteurs d’une société malade de son conformisme.

Accepter les handicapés dans l’espace public, c’est honorer l’universalité de la condition humaine. C’est refuser que la norme devienne tyrannie. C’est affirmer que le cœur bat avec la même intensité sous une peau lisse que sous une cicatrice. C’est rappeler que la salive qui coule n’est pas une honte, mais le signe brut d’un corps vivant, et donc d’une vie qui mérite respect.

L’inclusion n’est pas une faveur, c’est une justice.
Que ceux qui en doutent osent se regarder sans filtre.
Et qu’ils comprennent enfin : ce n’est pas le corps qui rend invisible,
mais l’ignorance et la cruauté des autres.

Il faut redéfinir la beauté, la normalité, et surtout la dignité. Car le véritable handicap n’est pas toujours dans le corps, mais dans le regard que l’on pose sur autrui. Une personne qui bave, qui parle difficilement, qui avance en fauteuil ou dont les gestes sont involontaires n’est pas moins digne d’être vue, aimée, respectée. Au contraire, elle devient le miroir d’une société qui peut, si elle le veut, s’élever vers l’essentiel : la reconnaissance de chaque vie comme valeur absolue.

Les écoles doivent inclure, pas exclure. Les lieux publics doivent accueillir, pas tolérer à contrecœur. Les médias doivent représenter tous les corps, pas seulement les plus "photogéniques". Et la rue, ce théâtre quotidien de nos existences, doit devenir le reflet de notre diversité, pas le musée froid de l’apparence normée.

Car le rejet commence par le silence, se poursuit par l’indifférence, et se termine souvent par l’effacement. Or, laisser des êtres humains se sentir invisibles ou honteux d’exister est une forme de violence aussi insidieuse que destructrice.

Il ne s’agit pas d’ériger les handicapés en héros malgré eux. Il s’agit simplement de leur rendre ce qui leur appartient : leur place, leur voix, leur lumière. Le droit d’être debout, même assis. Le droit d’être regardé, même déformé. Le droit d’être désiré, même bousculé par la maladie. Le droit de vivre, tout simplement.

Alors, cessons de réduire l’humanité à une surface. Osons affronter notre inconfort. Changeons de regard.
Et souvenons-nous : la grandeur d’une société se mesure à sa capacité à faire de la place à ceux que l’on a trop longtemps cachés.

Trop longtemps, la société a confiné les personnes handicapées dans un rôle silencieux : celui de l’ombre. Une ombre dans les écoles, dans les entreprises, dans les lieux de loisirs, et même dans les discours publics. Comme si leur présence dérangeait, comme si leur existence ne s’accordait pas avec les standards figés d’un monde qui glorifie la performance, la beauté parfaite, la fluidité du mouvement.

Mais l’humain n’est pas un standard.

Il est pluralité, fragilité, profondeur.

À quoi bon un monde rapide, efficace, “instagrammable” s’il oublie d’être humain ? À quoi bon des rues bien pavées, si elles n'accueillent pas tous les pas ? À quoi bon des salons de débats si aucune voix altérée, tremblante ou haletante n’y résonne ? Il est temps de comprendre que l’humanité s’exprime aussi dans les lenteurs, les tremblements, les silences imposés par les corps souffrants.

Pierre Ismaël NOËL, Journaliste/rédacteur

Wilson Isidor, entre deux drapeaux : le vertige d’un choix identitaire avant la Coupe du monde 2026Né en France de paren...
30/11/2025

Wilson Isidor, entre deux drapeaux : le vertige d’un choix identitaire avant la Coupe du monde 2026

Né en France de parents haïtiens, Wilson Isidor fait face à l’un des choix les plus profonds de sa carrière : représenter les Bleus ou les Grenadiers au Mondial 2026. Une décision aux allures de dilemme intime, sportif et symbolique.

À l’heure où le monde du football se prépare à vibrer pour la Coupe du monde FIFA 2026, un jeune homme, discret mais talentueux, cristallise à lui seul les tensions douces de l’identité plurielle. Wilson Isidor, 25 ans, attaquant de Sunderland en Premier League anglaise, se trouve à la croisée des chemins. D’un côté, la France, sa terre natale, qui l’a vu grandir, se former, et qui l’a déjà enrôlé sous les couleurs des sélections jeunes. De l’autre, Haïti, berceau de ses origines, qui lui tend les bras pour écrire une page historique : le retour des Grenadiers à une Coupe du monde, 52 ans après leur première participation.

Quand un joueur tel que Wilson Isidor se trouve à la croisée des chemins — entre sa terre natale, la France, et ses racines — Haïti — chaque option ne concerne pas uniquement le maillot qu’il portera, mais un ensemble de conséquences sur sa carrière, son image, son héritage, et la réception qu’en feront ses supporters. Voici plusieurs scénarios et retombées possibles selon le choix qu’il fera.

1. Valorisation du profil — le levier de la visibilité internationale

- Continuité en Europe (France) : en restant dans l’environnement français ou européen, Isidor conserve un cadre sportif reconnu — clubs structurés, entraînements de haut niveau, médias de référence. Cela augmente ses chances de rester visible auprès des grands clubs, de jouer en compétitions de haut niveau, d’attirer des transferts ou des prolongations lucratives.
- Effet « joueur d’équipe nationale » : être sélectionné pour une grande nation comme la France reste un gage de prestige. Cela contribue à valoriser son CV, et dans le monde du foot, la réputation pèse autant que les statistiques.
- Maintien d’un « capital sécurité »: un joueur évoluant en Europe, avec un bon palmarès, bénéficie d’un encadrement professionnel, d’assurances, d’un entourage médiatique, ce qui peut stabiliser sa carrière à long terme.

2. Héritage et symbole — l’impact au-delà du terrain

- Fierté identitaire et reconnaissance— en choisissant Haïti, Isidor pourrait devenir un symbole fort pour la diaspora et pour un pays souvent marginalisé dans le football mondial. Il s’inscrirait dans une logique de retour aux sources, de reconquête identitaire, un geste chargé de sens pour lui-même et pour beaucoup.
- Rayonnement social et médiatique — un joueur talentueux de Premier League qui choisit un pays moins « médiatique » suscite l’admiration et l’engouement. Cela pourrait réveiller l’intérêt pour le football haïtien, attirer des sponsors, susciter de l’espoir, de l’émotion.
- Inspiration pour la jeunesse — dans un pays où les rêves sont souvent freinés par des difficultés économiques ou sociales, un tel choix peut encourager les jeunes à croire en leurs chances, à travailler, à espérer.

3. Risques et défis — à considérer sérieusement

- Incertitudes logistiques et structurelles — représenter Haïti peut exposer le joueur à des défis liés à l’organisation, à l’environnement, à la sécurité, à des voyages longs ou difficiles, à une moindre infrastructure sportive ou médicale, comparés aux standards européens.
- Sacrifice sportif ou commercial — dans un club en Europe, les aléas d’un calendrier international, le déplacement, les risques de blessure ou de fatigue peuvent compliquer la carrière de club. Les clubs peuvent aussi parfois y voir un désavantage.
- Pression symbolique et médiatique — être perçu comme « l’enfant de la diaspora choisi » vient avec des attentes élevées ; la moindre contre-performance peut être critiquée non seulement comme un acte sportif raté, mais comme une déception identitaire ou nationale.

4. Effet miroir — retombées pour le pays choisi

- Si Isidor joue pour la France : son absence pour Haïti peut être vue comme une perte — mais son succès en Europe reste un témoignage de la qualité de formation européenne.
- S’il choisit Haïti : l’impact va bien au‑delà du ballon — un regain d’intérêt pour le foot national, un appel à la diaspora, un symbole d’unité, de résilience, de fierté collective. Des retombées sportives, sociales, culturelles.

5. Un enjeu identitaire, une décision de vie

En fin de compte, ce n’est pas seulement un choix tactique ou de carrière — c’est un choix de vie, d’identité, d’héritage. Pour Isidor, le dilemme n’est pas entre un bon maillot et un bon salaire, mais entre ce qu’il peut devenir et ce qu’il signifie pour ceux qui le regardent.

Ce choix pourrait définir le reste de sa carrière — et peut-être inspirer, au-delà du football, un message fort : qu’un homme peut porter deux mondes en lui, et en choisir.

Pierre Ismaël NOËL, Journaliste/rédacteur

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Connaissance # Discipline
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