13/08/2026
🇲🇱 MALI : L’INDUSTRIALISATION DES RESSOURCES AU CŒUR DE LA NOUVELLE STRATÉGIE ÉCONOMIQUE
À Bamako, le pari est clair : transformer davantage les richesses du sous-sol malien en investissements et en emplois. Sous l’impulsion du président de la Transition, le général Assimi Goïta, les autorités veulent accélérer la transformation locale des ressources naturelles et réduire la dépendance du pays aux exportations de matières premières brutes.
Un changement de modèle économique
Or, pour le Mali, l’enjeu est considérable. Le pays dispose d’importantes ressources minières, notamment dans le secteur aurifère, mais une grande partie de la valeur ajoutée échappe traditionnellement au pays lorsque les matières premières sont exportées sans transformation locale.
La stratégie défendue par Bamako consiste donc à développer davantage les capacités nationales de transformation.
Symbole de cette orientation : la construction, près de Bamako, d’une nouvelle raffinerie d’or soutenue par la Russie. Le projet doit permettre au Mali de renforcer son contrôle sur la production et la transformation de son or. L’installation annoncée doit avoir une capacité de traitement de 200 tonnes d’or par an.
Des recettes supplémentaires pour financer le développement ?
Les autorités maliennes espèrent ainsi augmenter les recettes tirées des ressources naturelles et consacrer davantage de moyens aux infrastructures, à l’énergie, aux transports et aux équipements publics.
Un montant de 883 millions de dollars est actuellement avancé dans certains contenus consacrés aux perspectives de financement du développement malien. Ce chiffre doit toutefois être manié avec prudence tant que son origine précise, son calendrier de mobilisation et son affectation détaillée ne sont pas documentés par une source officielle.
L'enjeu, lui, est bien identifié : transformer les ressources minières en investissements durables.
L’or et le lithium au centre du dispositif
Le Mali bénéficie notamment de la montée en puissance de nouveaux projets miniers. Le secteur de l’or reste stratégique pour l’économie nationale, tandis que le lithium ouvre une nouvelle perspective avec le développement de projets destinés à alimenter la chaîne de valeur des batteries.
La Banque africaine de développement identifie d’ailleurs l’industrialisation tirée par le secteur privé et le développement des chaînes de valeur parmi les leviers essentiels de la stratégie économique du Mali pour les prochaines années.
Une croissance qui reste attendue
Selon les projections de la Banque africaine de développement, l’économie malienne pourrait enregistrer une croissance réelle de 5,5 % en 2026, après une progression estimée à 5,1 % en 2025.
Mais cette croissance reste confrontée à plusieurs obstacles : insécurité, difficultés énergétiques, inflation et fragilité des infrastructures.
C’est précisément pourquoi la question des investissements est devenue centrale.
Le défi : passer des ressources aux infrastructures
Pour Bamako, le véritable test sera désormais de démontrer que les revenus supplémentaires générés par les ressources naturelles peuvent se traduire concrètement par des routes, des centrales électriques, des réseaux de transport, des écoles, des hôpitaux et des emplois.
Le gouvernement malien mise ainsi sur une logique simple : extraire, transformer davantage sur place, augmenter la valeur ajoutée nationale et réinvestir une partie des revenus dans le développement.
Une orientation qui s'inscrit dans la volonté affichée par les autorités de renforcer la souveraineté économique du pays.
Un pari encore à concrétiser
La stratégie est ambitieuse. Mais entre l’annonce d’une industrialisation accélérée et sa traduction sur le terrain, le chemin reste long.
La réussite du modèle dépendra notamment de la capacité du Mali à attirer les investissements, à sécuriser les sites industriels, à développer son réseau électrique et à former une main-d’œuvre qualifiée.
Pour Assimi Goïta et son gouvernement, l’objectif est désormais de faire des ressources naturelles non plus seulement une source de revenus, mais un véritable moteur de transformation économique.
🇲🇱 Le Mali veut ainsi franchir une nouvelle étape : passer d’un pays producteur de matières premières à un pays qui transforme davantage ses propres richesses.
Jeampy Alivision