09/01/2015
Ce mercredi 7 janvier de l'année 2015, un drame a littéralement bouleversé la France.
Je parle bien sûr de ce lâche attentat, perpétré par des fanatiques, contre la rédaction de l'hebdomadaire « Charlie Hebdo », qui a coûté la vie à douze innocentes personnes ; parmi elles, dix collaborateurs du journal et deux agents de police chargés de les protéger.
Alors, au-delà du deuil national et de la signification de cette attaque contre la liberté d'expression, qui nous touche particulièrement en tant que membres d'un corps journalistique, nous, la rédaction du NDLR, affichons notre soutien total aux familles des victimes dont le courage et le talent ont déclenché la haine et la violence.
Toutefois, au cœur de l'horreur, quelque chose a retenu mon attention en particulier. Hier j'ai eu l'occasion de découvrir des propos plus que choquants sur les réseaux sociaux tels que Twitter, bien sur je passerai sur les commentaires honteux des inconscients qui crient haut et fort que cette tragédie était méritée par les journalistes de « Charlie Hebdo », en effet un tel comportement ne mérite aucun commentaire et nous ne ferons pas plus de pub à ces provocations, en revanche les propos inquiétants faisant ouvertement le rapprochement entre les extrémistes responsables de cette attaque et l'ensemble de la communauté musulmane présente en France méritent plus d'égards.
J'ai donc voulu en savoir plus et me suis efforcé d'apporter quelques précisions sur cette terrible affaire.
D'abord, qui sont les hommes coupables et quelles sont leurs motivations ?
La réponse à cela est des plus simples, il s'agit de personnes souvent décrites comme faibles d'esprit et au ban de la société, que l'absence de liens sociaux forts rendent faciles à atteindre par la propagande d'organisation criminelle comme aujourd'hui « Daech », qui va les former et les envoyer répandre la mort.
Les motivations de ces « recruteurs » sont claires : tenter d'installer un climat de terreur et de paranoïa sur le territoire national français, ce qui peut provoquer deux formes de réponses de la part du peuple : soit l'unité dans la douleur, soit ce que le philosophe arménien, Garbis Kortian, a appelé « la division par la peur ».
De ce que nous avons eu l'occasion de voir, c'est pour l'instant la première option qui a été choisie.
Malgré cela, certaines organisations françaises et européennes surfent déjà sur cette tragédie afin de répandre mensonges faciles et amalgames, accusant clairement la communauté musulmane d’être responsable et l'accusant même de « soutenir ces actions de terreur ».
C'est pourquoi, en tant que lycéen et au nom de l'ensemble de la rédaction du NDLR, je demande à ce que chacun ouvre les yeux sur les méfaits de la haine qui, comme pour les conflits de nations, ne font que cultiver la violence et raviver les tensions. En tant que français nous l'avons vu, de 1870 à 1945 avec l'Allemagne, et nous le voyons encore à travers les conflits israélo-palestinien et russo-ukrainien, enfin, sur tous les autres cas de conflits entres communautés nationales, ethniques, religieuses ou idéologiques.
Ce n'est pas les uns contre les autres que nous gagnerons contre cette peur, c'est main dans la main avec les membres de la véritable communauté musulmane, celle qui respecte les véritables paroles de la religion et qui est la première à dénoncer les crimes abominables de la minorité intolérante.
Car oui, en France on estime à moins de 250 le nombre de membres radicaux se réclamant de l'islam. Cela veut-il dire pour autant qu'on a 250 tueurs en France ? Bien sûr que non, la plupart ne sont radicaux que dans les idées et sont suivis par différentes organisations déclarées devant l’État. Il faut donc bien relativiser le nombre et la menace que représentent ces terroristes, et surtout bien comprendre qu'il ne s'agit en rien de musulmans mais seulement de personnes qui cherchent à imposer leur pouvoir personnel par la violence, la terreur, et en prenant en otage une religion pacifique !
Tous ensemble, disons donc non à la violence, au terrorisme et à la haine sous toutes ses formes, mais aussi non à la facilité et aux mensonges.
Julien Grall
«Nous devons souvent nos guerres à de petites minorités qui espèrent tirer pouvoir et richesses du malheur des autres. »
Abdul Jawad Saleh , pacifiste palestinien
« Notre Djihad c'est l'amour, la paix et la culture. »
slogan de la communauté musulmane française lors du rassemblement jeudi.
« Demain, les seules choses qui empêcheront le peuple de se détruire lui même dans la terreur et la haine seront l'amour, l'éducation et la compréhension. »
Anna Arendt, survivante des camps de la mort