17/06/2026
MONDIAL OU GUERRE CIVILE ? TSHISEKEDI À HOUSTON PENDANT QUE KINSHASA BRÛLE ET QUE LE CORPS D’EBOLA S’EMPILE
Par KongoTimes!
Ce mercredi 17 juin 2026, la RDC vit à l'heure de trois grandes passions : la fièvre du Mondial, la douleur d'une épidémie qui s'aggrave et la fièvre politique d'une opposition qui ne désarme pas. Tour d'horizon des unes et des éditoriaux qui font vibrer le pays.
SPORT : LES LÉOPARDS FONT VIBRER LA NATION, FÉLIX TSHISEKEDI À HOUSTON
La Une de tous les médias est indiscutablement sportive. L'Agence Congolaise de Presse (ACP) annonce en grande pompe l'arrivée du président Félix Tshisekedi à Houston, au Texas, venu apporter un soutien institutionnel et moral direct aux Léopards pour leur entrée en lice ce mercredi face au Portugal. Une présence au sommet également relayée par le journal Le Phare, qui y voit un geste de "fraternité républicaine".
Sur le terrain émotionnel, Infos27 signe un éditorial vibrant intitulé « LÉOPARDS, NOUS REVOICI ! », célébrant le grand retour des fauves congolais sur l'échiquier mondial après 52 ans d'absence – la dernière participation remontant à 1974. Africa News précise que la RDC, placée dans le groupe K, effectue ce retour historique avec des ambitions mesurées.
Forum des As donne la parole au sélectionneur national. Sébastien Desabre se veut pragmatique mais optimiste, déclarant : « Nous espérons gagner 3 ou 4 points pour passer au prochain tour ». Le technicien français estime que ses hommes ont toutes les armes nécessaires pour créer la surprise et honorer le drapeau national.
Preuve de cet engouement populaire : dans les rues de Kinshasa, les maillots vert-rouge-jaune se vendent comme des petits pains, et les terrasses des grands hôtels affichent complet pour la retransmission du match prévu à 20h, heure locale.
POLITIQUE : L'OPPOSITION FIXE LE 8 JUILLET POUR UNE GRANDE MARCHE NATIONALE
Mais la fièvre du ballon rond ne fait pas oublier la tension politique. L'autre sujet qui enflamme les unes est la colère de l'opposition après l'adoption par le Parlement de la loi sur le référendum constitutionnel.
Congo Nouveau titre, sans ambages : « ACCUSÉ DE VOULOIR BALKANISER LA RDC, DE VIOLER LA CONSTITUTION, L'OPPOSITION POUSSE TSHISEKEDI À LA DÉMISSION ». Ce trihebdomadaire rapporte que la coalition « Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel » (C64) passe à la vitesse supérieure après la répression de son sit-in du 12 juin.
Actualité.cd, 7sur7.cd ainsi que Le Potentiel annoncent à l'unisson qu'une grande marche nationale est fixée au 8 juillet prochain sur toute l'étendue du pays. L'objectif affiché est clair : exiger la démission immédiate du chef de l'État, qu'ils accusent de "dérive constitutionnelle".
VIOLENCES DU 12 JUIN : BILAN CONTESTÉ ET SAISINE DE LA CPI ENVISAGÉE
Le Nouvel Observateur met l'accent sur les retombées internationales des dernières violences. Le bihebdomadaire revient sur la condamnation de l'organisation Human Rights Watch et détaille le bilan largement contesté du sit-in du 12 juin :
· L'opposition parle d'une dizaine de morts, ainsi que de blessés et de disparitions.
· Le gouvernement dément fermement toute perte en vie humaine, évoquant des "incidents isolés" et des "provocateurs".
Face à ce qu'il qualifie de « répression violente », Le Nouvel Observateur indique que plusieurs citoyens et opposants envisagent désormais de saisir la Cour pénale internationale (CPI). Une menace qui, si elle se concrétise, placerait la RDC sous le feu des projecteurs judiciaires internationaux.
RÉPLIQUE DU CAMP PRÉSIDENTIEL : L'UDPS MONTE AU CRÉNEAU
Face à ces attaques, la réplique du camp présidentiel ne s'est pas fait attendre. Dans les colonnes du quotidien Le Phare, les secrétaires nationaux de l'UDPS sortent du silence et dénoncent une « théâtralisation des opposants ». Le parti au pouvoir fustige le comportement de la coalition C64, qu'il qualifie d'« appendice des rebelles de Joseph Kabila » ayant délibérément bravé les forces de l'ordre avec des badauds armés.
L'UDPS insiste sur un point de doctrine : « le changement de la Constitution est une volonté du peuple et une promesse historique d'Étienne Tshisekedi qui sera accomplie ».
Dans la même lancée, Le Quotidien tacle l'ancien président sous le titre : « PREMIER POURFENDEUR DE LA CONSTITUTION, JOSEPH KABILA S'ÉRIGE EN DONNEUR DE LECON ».
Le journal écrit, preuves historiques à l'appui : « Sans préjuger d'une connexion entre l'ancien président de la République, connu pour être en intelligence avec le Rwanda et l'AFC-M23, et la C64, ou de trous de mémoire de sa part, il voudrait tout simplement rendre la monnaie de sa pièce à son successeur, Félix Tshisekedi, dont le parti, l'UDPS, avait déployé la grande machine en novembre 2007, mars 2009, juin 2014 et janvier 2015 pour l'empêcher de consolider son pouvoir en devenant président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). »
ÉBOLA : L'OMBRE SANITAIRE PLANE SUR LA FÊTE
Alors que les Léopards entrent en lice et que l'opposition prépare sa marche, l'épidémie d'Ebola en Ituri et au Nord-Kivu continue de faire des ravages. Avec 837 cas et 196 décès recensés, le taux de létalité de 23,4 % rappelle que la fête ne doit pas faire oublier l'urgence humanitaire. L'OMS alerte sur une « transmission communautaire soutenue » et des enlèvements de patients par des hommes armés – un cocktail explosif que le G7, réuni à Évian, a qualifié de « préoccupation majeure ».
DÉSINFORMATION : LE FAUX JOUR FÉRIÉ DÉMONTRÉ
Enfin, au milieu de ce tourbillon, une tentative de désinformation a été déjouée. Une fausse circulaire annonçant un jour chômé et payé pour soutenir les Léopards a été formellement démentie par le ministère de la Fonction Publique, qui a rappelé que le 17 juin est un jour ouvrable normal.
En ce 17 juin 2026, la RDC vit un paradoxe saisissant : celle d'une nation qui danse pour ses Léopards, qui tremble pour ses malades d'Ebola, et qui s'apprête à marcher pour son avenir politique. Les prochaines semaines – entre le Mondial, l'épidémie et le 8 juillet – seront décisives pour le destin du pays.