18/09/2026
PENDANT QU’ON COMPTE LES CADAVRES D’EBOLA, LE RÉGIME COMPTE SES VICTIMES À KINSHASA.
LA RDC SAIGNE SUR TROIS FRONTS : EBOLA, BALLES ET MENSONGES. BIENVENUE EN ENFER.
Par KongoTimes!
KINSHASA, 18 septembre 2026 — La journée de ce vendredi s’ouvre sur un paysage contrasté. Entre une épidémie d’Ebola qui ne cesse de se métamorphoser, une opposition qui crie à l’assassinat et des combats qui reprennent dans l’Est, la République démocratique du Congo navigue entre urgence sanitaire et poudrière politique. Revue de presse à chaud.
EBOLA : « L’ÉPIDÉMIE NE RECULE PAS, ELLE SE DÉPLACE »
C’est l’alerte la plus sérieuse de la matinée. Alors que certains indicateurs — baisse des admissions dans les centres de traitement, ralentissement apparent de la transmission en Ituri — pourraient laisser croire à une accalmie, Médecins Sans Frontières (MSF) sonne l’alarme : l’épidémie d’Ebola « ne recule pas, elle se déplace » .
Les chiffres donnent le vertige. Selon le dernier rapport de situation du gouvernement congolais, en date du 15 septembre, le pays comptait 7 404 cas confirmés et 3 577 décès, soit un taux de létalité global de 48,3 % . La barre des 7 200 cas et 3 500 morts est franchie depuis plusieurs jours . Il s’agit ni plus ni moins de la plus grande et la plus meurtrière épidémie d’Ebola jamais enregistrée en RDC, et la deuxième plus importante au monde après celle qui a ravagé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 .
Le problème, c’est la géographie mouvante du virus. Longtemps épicentre de la maladie, l’Ituri — qui concentre encore 77,7 % des cas confirmés — connaît effectivement une décrue . Mais le Nord-Kivu est devenu le nouveau brasier : la province représente désormais près de la moitié des nouveaux cas confirmés, avec une forte hausse du taux de positivité . En deux semaines, le nombre hebdomadaire de cas y a presque doublé, passant d’environ 100 à plus de 200 .
La preuve par les chiffres de saturation : 316 patients pour 220 lits disponibles au Nord-Kivu, soit un taux d’occupation de 143,6 % . À Butembo et Katwa, les deux zones les plus touchées, plus aucun lit n’est disponible . Et pour couronner le tout, 42,1 % des patients hospitalisés dans la province sont pris en charge en dehors des structures répondant aux normes .
Le suivi des contacts, pilier de toute riposte efficace, est lui aussi à la dérive. Seulement 32 000 personnes sont actuellement listées comme contacts, soit environ 27 % du nombre estimé de personnes qui devraient faire l’objet d’un suivi . Autrement dit, les trois quarts des chaînes de transmission potentielles échappent aux radars.
Le Sud-Ubangi est devenu la septième province touchée . Pour Anthony Kergosien, coordinateur des urgences de MSF à Bunia, le constat est sans appel : « Considérer que l’épidémie est sous contrôle parce que certains Centres de traitement Ebola reçoivent moins de patients serait une erreur ».
MORT D’UN MANIFESTANT : L’OPPOSITION PARLE D’« ASSASSINAT », LE POUVOIR SILENCIEUX
Deux jours après la marche du 15 septembre, la coalition C64 sort du silence. Et le ton est grave. Dans une déclaration commune publiée jeudi, la plateforme d’opposition condamne « avec la plus grande fermeté l’assassinat » de Manassé Lomboto Bomengola, membre du parti ADD Congo, tué lors de la dispersion de la manifestation à Kinshasa .
Les faits, tels que rapportés par plusieurs sources concordantes : la marche avait pourtant été autorisée par le gouvernorat de Kinshasa. Le cortège devait rallier les abords du Palais du peuple, où les parlementaires effectuaient leur rentrée. Mais des affrontements ont éclaté peu après le départ . Selon l’opposition et des témoins, des membres de gangs pro-gouvernementaux, certains armés de machettes ou de barres de fer, s’en sont pris aux manifestants. Les journalistes de l’AFP ont vu la police déployer des gaz lacrymogènes .
La C64 dénonce des forces de sécurité « privatisées par M. Tshisekedi », complices d’une « embuscade malveillante tendue par le régime », et exige l’ouverture d’une enquête . Aucun bilan officiel ou indépendant n’a été publié à ce stade .
Le contexte donne à cette mort une résonance particulière : au moins un manifestant avait déjà été tué lors d’un précédent rassemblement anti-gouvernemental à Kinshasa, le 12 juin, selon les Nations unies . Une répétition qui interroge sur la doctrine de maintien de l’ordre dans la capitale.
La mobilisation elle-même, faut-il le préciser, avait été largement perturbée par les forces de sécurité à Kinshasa et Lubumbashi . Le journal Le Tonnerre évoque même une « faible mobilisation » et un « engouement réduit » autour de cette journée de protestation — une lecture qui, sans être contradictoire avec les violences, nuance l’ampleur du rapport de force.
NORD-KIVU : REPRISE DES COMBATS À MASISI, LA POPULATION EN PSYCHOSE
Pendant que Kinshasa compte ses morts politiques, l’Est continue de brûler. Des combats opposant les FARDC, appuyées par les wazalendo, aux rebelles de l’AFC/M23 ont éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi dans l’agglomération de Mukohwa, dans le groupement Nyamaboko 1er, territoire de Masisi, au Nord-Kivu .
Selon des sources locales citées par ACTUALITE.CD, de fortes détonations d’a***s lourdes et légères ont été entendues toute la nuit, les affrontements se poursuivant ce vendredi matin. Les tirs sont audibles à plusieurs kilomètres du théâtre des opérations, provoquant une psychose au sein des habitants des localités environnantes .
Cette reprise des hostilités intervient alors que la situation sécuritaire demeure « particulièrement volatile » dans plusieurs zones du territoire de Masisi . Elle illustre, s’il en fallait encore, que la crise sécuritaire dans l’Est congolais ne connaît aucun répit — et que les dynamiques régionales, notamment la quête de matières premières par des acteurs étrangers, continuent d’alimenter le conflit.
ÉCLAIRAGE ÉCONOMIQUE : UN BUDGET 2027 À 24,8 MILLIARDS DE DOLLARS
Sur le front budgétaire, le gouvernement congolais a déposé en début de semaine un projet de budget 2027 évalué à 24,8 milliards de dollars, prévoyant de mobiliser 70 % de fonds supplémentaires par rapport à l’enveloppe précédente .
Pour atteindre cet objectif ambitieux, l’exécutif mise sur l’élargissement de l’assiette fiscale et le renforcement de la pression fiscale . Une stratégie qui, dans un pays où le secteur informel représente une part massive de l’économie et où la contestation sociale monte, ne manquera pas de susciter des débats.
CE QU’IL FAUT RETENIR
Trois lignes de force traversent l’actualité de ce vendredi :
1. Ebola est loin d’être vaincu. L’Ituri respire, mais le Nord-Kivu suffoque. Les capacités de prise en charge sont saturées, le suivi des contacts est défaillant, et le virus gagne de nouvelles provinces. MSF réclame une mobilisation internationale plus massive — et plus rapide.
2. La rue congolaise reste sous tension. La mort de Manassé Lomboto Bomengola, deux jours après une marche autorisée puis violemment dispersée, pose la question de la responsabilité de l’État dans la sécurité des manifestants. L’opposition crie à l’assassinat ; le silence officiel demeure.
3. L’Est n’a pas connu de trêve. Les combats de Mukohwa rappellent que la crise sécuritaire au Nord-Kivu est une réalité quotidienne, pas un dossier diplomatique abstrait.
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Sources : RFI, MSF, Xinhua, Africa CDC, ACTUALITE.CD, BBC Afrique, AFP, Le Tonnerre, Opinion Info, RFI (budget).
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