24/03/2026
Amiche e amici parigini, ci vediamo domani al quinto appuntamento del Séminaire Capitalisme Cognitif 2025/2026.
Parleremo di logistica e spazi urbani:
"Nel nostro intervento proponiamo una lettura critica del futuro della metropoli dagli anni ’70 ad oggi, attraverso il prisma delle lotte logistiche, intese come laboratori di soggettivazione e meccanismi di conflitto nel capitalismo globale.
La logistica non è solo un’infrastruttura o una tecnologia, ma la grammatica della metropoli moderna, che determina spazi, tempi e relazioni sociali. Al posto della distinzione tra locale e globale, proponiamo il concetto di “transurbano” per comprendere la connettività che oggi collega le aree metropolitane in modo trasversale e rapido.
Partendo dalla tesi operaista della transizione dalla “fabbrica alla metropoli”, mostriamo come la trasformazione dei processi produttivi e degli spazi urbani – dalla catena di montaggio alle piattaforme logistiche globali – costituisca un terreno centrale di conflitto e di sperimentazione politica. Ad esempio, i processi turistici ci mostrano chiaramente questo legame tra spazi urbani, piattaforme e logistica.
L’analisi delle lotte logistiche, dei conflitti dei lavoratori delle piattaforme digitali e della resistenza alla logistica di guerra nella Palestina globale traccia un filo conduttore tra passato, presente e futuro della metropoli in lotta"
La cinquième séance du Séminaire Capitalisme cognitif 2025-2026, « Mouvements contré-hégémoniques et mutations du capitalisme à l’âge des Big Tech », aura lieu le mercredi 25 mars de 18h00 à 20h00 à la Maison des Sciences Économiques, 106/112, boulevard de l'Hôpital 75013, Paris, Métro Campo Formio, Salle 114.
Into the Black Box (Collectif de recherche, Bologne)
Carlotta Benvegnù(MCF en sociologie, Université d'Evry - Paris Saclay, Centre Pierre Naville)
Jamie Woodcock, (Senior Lecturer in Digital Economy, King's College - London)
Interviendront sur le thème :
« (Re)composition de classe et infrastructures du commun : dans la boîte noire du capitalisme logistique »
Résumé de l’intervention de Into the Black Box:
Métropole logistique, luttes transurbaines et contre-logistique
Dans cet exposé, nous proposons une lecture critique du devenir de la métropole des années 1970 à aujourd’hui, à travers le prisme des luttes logistiques, considérées comme des laboratoires de subjectivation et des dispositifs de conflit dans le capitalisme global. La clé de lecture est que la logistique n’est pas seulement une infrastructure ou une technologie, mais la grammaire de la métropole contemporaine, déterminant les espaces, les temporalités et les rapports sociaux. Au lieu de la distinction entre local et global, nous proposons le concept de « transurbain » afin de comprendre la connectivité qui relie aujourd’hui les espaces métropolitains de manière transversale et rapide. À partir de la thèse opéraïste du passage de la « fabrique à la métropole », nous montrons comment la transformation des processus productifs et des espaces urbains - de la chaîne de montage aux plateformes logistiques globales - constitue un terrain central de conflit et d’expérimentation politique. Par exemple, les processus de touristification nous montrent clairement ce lien entre les espaces urbains, les plateformes et la logistique. L’analyse des luttes dans la logistique, des conflits des travailleurs et travailleuses des plateformes numériques et des résistances contre la logistique de guerre dans la Palestine globale permet de tracer un fil entre le passé, le présent et le futur de la métropole en lutte.
Résumé de l'intervention de Carlotta Benvegnù
Capitalisme logistique. Le retour de l’usine ?Le développement du secteur de la logistique est le moteur de transformations des géographies urbaines et du travail. D’anciens sites industriels se transforment en hubs de circulation : le monde industriel cède le pas à un monde logistique. Ironie du capitalisme : alors qu’elle avait d’abord servi à fragmenter et à disperser les anciennes concentrations ouvrières, la logistique contribue à les recréer, dans des entrepôts, des plateformes et des centres de tri qui emploient de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers. Cette dynamique alimente les espoirs de celles et ceux qui pensent pouvoir retrouver, dans ces « usines à colis », les potentialités politiques des anciens bastions industriels et, avec eux, la figure politique de l’ouvrier d’usine. L’organisation du travail au sein des entrepôts semble d’ailleurs confirmer cette thèse : l’introduction de nouvelles technologies et du management algorithmique n’a fait que renforcer le caractère industriel du travail, souvent assimilé à du néo-taylorisme, voire du néo-fordisme. La question qui se pose est donc la suivante : avec le développement de la logistique, l’usine est-elle de retour ? Cette idée se heurte à deux limites principales. Premièrement, la forme-usine n’est plus aujourd’hui au centre du processus de valorisation : d’autres logiques, souvent extractives, sont désormais au cœur du modèle économique et la production est désormais désarticulée le long des chaînes logistiques. Deuxièmement, l’entreprise et le lieu de travail ne constituent plus le lieu exclusif ni central de la conflictualité.
Résumé de l'intervention de Jamie Woodcock
La composition de classe aujourd’hui : composition de classe et rôle de la théorie
Au cours de la dernière décennie, on a assisté à un regain d’intérêt pour le marxisme et pour l’importance des expériences des travailleurs et travailleuses dans la compréhension du capitalisme. Une partie de ces démarches a cherché à reconnecter la gauche avec l’expérience vécue du travail à travers la conduite d’enquêtes ouvrières ou d’autres formes de co-recherche. Dans d’autres cas, les apports de traditions telles que l'opéraïsme ont fait l’objet de réexamens critiques.Des désaccords persistent toutefois quant à l’héritage de ces traditions d’enquête et de la notion de composition de classe. Ces divergences tiennent en partie aux trajectoires suivies par leurs participants après leur engagement dans ces luttes, ainsi qu’aux ruptures théoriques et politiques qui ont marqué leur évolution. Il est clair, en tout cas, que l’expérience des travailleurs — en particulier dans son rapport aux institutions de la vie et des luttes de la classe ouvrière — s’est profondément transformée. Dans ces conditions, les enquêtes ou les démarches de co-recherche doivent souvent partir d’une situation initiale de désorganisation et de fragmentation. Cet article examine dans quelle mesure une théorie de la composition de classe peut constituer un outil pertinent pour comprendre les luttes contemporaines et y intervenir. Il analyse la manière dont ce concept a été retravaillé dans des revues telles que Viewpoint, Long Haul et Notes from Below, notamment à travers l’introduction de la notion de composition sociale, et met en évidence les défis que pose l’élaboration théorique plus systématique d’une théorie de la composition de classe.
Notre site : http://commoning.cc