10/05/2026
SOCIAL
Hausse des hydrocarbures
Je prends la parole aujourd’hui en tant que citoyen comorien, pour réagir concernant la hausse des prix des hydrocarbures.
Ce n’est un secret pour personne : toute la population comorienne était déjà informée de cette augmentation. Mais ce que les citoyens attendaient réellement de ce discours, ce n’était pas simplement une annonce. Ils espéraient surtout des mesures d’accompagnement concrètes, capables d’aider la population à faire face à cette nouvelle réalité économique.
Aujourd’hui, la situation devient de plus en plus préoccupante. Le coût de la vie ne cesse d’augmenter, alors que les salaires, eux, restent extrêmement faibles. Comment un fonctionnaire comorien peut-il vivre dignement dans ces conditions ? Il doit payer l’électricité, l’eau, acheter quotidiennement plusieurs jerricans pour ses besoins essentiels, et subvenir aux besoins de sa famille…tout cela avec un revenu insuffisant.
La question se pose alors clairement : le gouvernement est-il réellement conscient des difficultés que vivent les Comoriens au quotidien ?
Je me souviens qu’au moment de la Pandémie de COVID-19, il avait été jugé nécessaire d’augmenter le prix du carburant pour s’adapter à la conjoncture économique mondiale. Cette décision pouvait se comprendre dans un contexte exceptionnel. Mais aujourd’hui, alors que la situation s’est stabilisée, ces prix n’ont jamais été revus à la baisse. Cela pose un véritable problème de cohérence et de justice économique.
À présent, une nouvelle hausse est justifiée par les tensions internationales, notamment le Conflit au Moyen-Orient. Pourtant, les prix étaient déjà élevés depuis la période du COVID-19. On peut donc légitimement se demander s’il était réellement nécessaire d’imposer une nouvelle augmentation dans un contexte où la population est déjà fragilisée.
Si j’étais à la tête de l’État ou membre du gouvernement, je n’accepterais pas une telle situation qui aggrave les difficultés du peuple. J’aurais plutôt proposé de réduire certaines charges de l’État, afin de compenser et d’éviter de faire porter ce poids supplémentaire aux citoyens.
Car il faut le dire clairement : si cette situation persiste, le carburant risque de devenir un produit inaccessible pour la majorité des Comoriens. Il ne sera plus utilisé que par quelques structures comme les groupes électrogènes de la SONELEC, les véhicules de l’État ou certains opérateurs économiques.
Il est donc urgent que le gouvernement revoie sa décision. Car à trop vouloir imposer sans tenir compte des réalités sociales, on risque de provoquer une crise économique et sociale durable.
Abdou Chatoi Chamir
Citoyen comorien