16/01/2026
Le cumul des mandats est-il réformable ? – une analyse de Bernard Thomas
Si on parlait d’une « Chambre qui se prend au sérieux », il faudrait peut-être commencer par se doter de soixante députés à temps plein, lançait Marc Spautz en avril dernier du haut de la tribune parlementaire. Il traçait un chemin. Celui-ci passait par une extension facultative du congé politique (de vingt à trente ou quarante heures), comme « premier pas » vers l’abolition des doubles mandats. Ce mardi lors d’une réu- nion interne, c’est à une majorité étonnamment large que la fraction du CSV a dézingué la proposition de son ancien chef. En passant, elle désavoue Claude Wiseler (CSV) qui, dans sa première allocution comme président de la Chambre, avait déclaré : « Deputéierten ass keen Hallefdaagsjob ». Le niet du CSV vient enterrer, une fois de plus, le débat sur l’interdiction du cumul (député-maire/échevin), sujet-zombie de la politique luxembourgeoise. La proposition de loi portée par Marc Spautz pourrait ainsi être ressuscitée. Il suffira qu’un ou plusieurs députés de l’opposition la déposent, ce qui devrait occasionner une légère gêne, côté CSV.
Dans son premier dossier-test, le nouveau chef de fraction a adopté une ligne prudente et conservatrice, à l’opposé de celle défendue par son prédécesseur. Même si Laurent Zeimet renonce à la mairie de Bettembourg pour se concentrer pleinement sur son rôle de « Diva-Manager », il dit ne pas être opposé « au principe » des doubles mandats : « Je l’ai fait moi-même pendant des années, je ne vais donc pas dire que je suis contre ». Il constate surtout l’absence de consen- sus sur la question. Or, des députés votant simplement une augmentation de leurs propres indemnités, cela passerait mal (...)
Photo: Sven Becker