29/05/2026
Lu pour vous !
PK-MFILOU : Le ras-le-bol des citoyens abusés et laissés pour compte par les pouvoirs publics
On ne le dira jamais assez, le peuple congolais souffre dans sa globalité. A Brazzaville, les habitants de l'arrondissement Mfilou en général, et les commerçants du marché PK en particuliers ne sont pas en marge de cette souffrance collective qui frise l'épidémie. En effet, ceux-ci expérimentent avec amertume ce qu'on pourrait qualifier par démission des services publics, et ce depuis des années. Malgré les sonnettes d'alarmes des avertisseurs avertis, acteurs politiques et ceux de la société civile, le silence des autorités de Brazzaville ne cesse d'indigner. Entre insalubrité chronique, manque de routes praticables et canalisations, extorsion des commerçants de PK par les agents de police, la léthargie de la mairie… le quotidien des habitants de Mfilou ressemble au risque de nous méprendre, à un scénario d'une cité apocalyptique digne des créations d'Hollywood.
Dès l'entrée au quartier Mouhoumi, le décor est planté, celui de la preuve de l'abandon des services publics. On est au cœur du 7e arrondissement de Brazzaville, Mfilou. Cet arrondissement très peuplé, le deuxième de Brazzaville après Talangaï selon le rapport récent de l'INS (Institut National de la Statistique), est pourtant l'un des plus paupérisé de la capitale. Situé à quelques encablures de l'Aéroport International Maya-Maya, l'arrondissement Mfilou affiche un visage plus que déplorable. Pour cause : la route de PK reste à ce jour non bitumée, non éclairée et impraticable, celle qui donne accès au quartier Moutabala a laissé place à des tas d'immondices, sources de maladies et pathologies chroniques, l'accès en voiture et l'usage des transports en commun est un vrai casse-tête chinois, les conditions dans lesquelles les commerçants de PK exercent leur activité au quotidien frisent la déshumanisation (pas de toilettes publiques, pas d'eau, même le balayage n'est pas garanti malgré les taxes non réglementaires qui leurs sont imposées par les services de la mairie tous les jours).
Comme si la sentence n'était pas déjà à son comble, les agents de la force publique postés à la gare ferroviaire de PK récupèrent à leur tour des taxes sur les marchandises des commerçants à chaque arrivée du train, et ce, sans motif légal, sans reçu. De l'argent extorqué à un peuple résilient, et qui termine dans les poches d'hommes en uniforme dont le serment de servir le pays n'est visiblement qu'une illusion. L'occasion ici d'attirer l'attention du Directeur de la Police Nationale, le Général de 1ere classe André Fils Obami Itou, ainsi que sa hiérarchie, le Ministère de l'intérieur dirigée depuis peu par le Général de Brigade Jean Olessongo Ondaye, lui qui depuis son arrivée semble vouloir assainir l'administration sous son commandement.
Ayant pour députés Rodrigue SAMBA (dans la 1ere circonscription) et le Maire de la ville Dieudonné Bantsimba (dans la 2e circonscription), les habitants de l'arrondissement 7 Mfilou pensaient avoir trouvé en ces deux figures des interlocuteurs de confiance pour porter à l'hémicycle leurs aspirations les plus profondes, et faire valoir leurs droits. Mais force est de constater que depuis leur accession à la fonction parlementaire, les difficultés déjà pesantes auxquelles faisaient face les populations de Mfilou n'ont cessé de s'empirer. Malgré les cris d'alarme, aucune décente parlementaire effectuée à ce jour par les premiers représentant de Mfilou afin de toucher du doigt les réalités épouvantables dans lesquelles sont plongées les populations dudit arrondissement. Paradoxal, n'est-ce pas ? Surtout quand on a pour représentant au parlement le Maire de la capitale congolaise. Incompétence, négligence, faute de cumul de responsabilités, manque de leadership… ? Cette situation aura le mérite de susciter tant d'interrogations au sein et en dehors de la classe politique congolaise.
Dans un pays où le gouvernement s'apprête à relancer les négociations avec le FMI pour une énième dette publique, comment définit-on les priorités quand la santé, l'accès à l'eau potable, à l'électricité, à une vie décente ; des droits aussi élémentaires deviennent des vœux pieux pour des populations ?
AFFAIRE À SUIVRE !!!