19/05/2026
Justice pénale au Mali et mœurs : le procureur Touré dénonce la démission des parents
La première session ordinaire de la Chambre criminelle du Tribunal de Grande Instance de la Commune IV du District de Bamako a été marquée, mardi, par l’intervention du procureur de la République, Elhadj Idrissa Hamidou Touré, qui a évoqué plusieurs défis liés au fonctionnement de la justice pénale au Mali.
En présence du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué, de magistrats, d’avocats et d’autorités administratives, le procureur a insisté sur la nécessité de renforcer l’efficacité de la justice tout en garantissant le respect des droits de la défense et des victimes.
« Corriger les inégalités et sanctionner lorsqu’il le faut »
Dans son intervention, le magistrat a rappelé que la justice avait pour mission de « corriger les inégalités, réparer les injustices et sanctionner lorsqu’il le faut ».
Selon lui, la souveraineté nationale a confié au pouvoir judiciaire la responsabilité de « tracer la frontière entre le juste et l’injuste ».
Le procureur Touré a insisté sur le respect du principe du délai raisonnable dans le traitement des dossiers judiciaires, évoquant notamment les longues détentions provisoires et les retards dans l’examen des affaires.
« La détention provisoire doit être mûrement réfléchie. Elle ne doit jamais devenir un automatisme », a-t-il déclaré.
Les chambres criminelles au cœur des réformes judiciaires
Le procureur a replacé cette session dans le contexte des réformes engagées par le ministère de la Justice depuis 2022, notamment la création des chambres criminelles au sein des Tribunaux de Grande Instance après la suppression des cours d’assises.
Selon lui, cette réforme vise à rapprocher la justice des citoyens et à accélérer le traitement des affaires criminelles.
« L’objectif est d’obtenir plus d’efficacité et plus de sérénité dans la distribution de la justice », a-t-il expliqué.
La Chambre criminelle de la Commune IV doit examiner plusieurs affaires portant notamment sur des faits d’assassinat, meurtre, pédophilie, viol, séquestration, détention illégale d’armes à feu et vol qualifié.
Respect du procès équitable et présomption d’innocence
Au cours de son intervention, Elhadj Idrissa Hamidou Touré a insisté sur les principes du procès équitable et sur la nécessité pour les magistrats de fonder leurs décisions sur les faits et les preuves.
« La vérité judiciaire ne peut être construite sur les préjugés ou les soupçons », a-t-il affirmé.
Le procureur a également rappelé que « la présomption d’innocence doit demeurer intangible ».
Il a invité les magistrats à examiner les dossiers avec rigueur et objectivité afin de garantir des décisions conformes au droit.
Le procureur a également évoqué le rôle des avocats dans la protection des libertés individuelles et des droits de la défense.
« Les symboles de la justice — le manteau, la balance et le glaive — traduisent l’impartialité, l’objectivité et la sanction juste », a-t-il souligné.
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