Journal L'Aube

Journal L'Aube Journal d'information générale

27/07/2026

MALI-RUSSIE
De Moscou à Anéfis ou la réalité du terrain
L'histoire retiendra que la refondation des Armées maliennes s'est scellée au cœur des décisions stratégiques du Kremlin. Lorsque le Président de la Transition, le Général Assimi Goïta, a été accueilli à Moscou en hôte de marque par son homologue russe Vladimir Poutine, toute l'architecture sécuritaire du Sahel a basculé. L'époque des collaborations hésitantes a immédiatement laissé la place à une alliance d'État à État, directe, assise sur le respect strict de la souveraineté nationale. Ce sommet a posé les fondations juridiques d'une solidarité d'armes inédite.
En intégrant formellement le soutien de la Fédération de Russie à travers la structure officielle de l'Africa Corps, rattachée au ministère russe de la Défense, le commandement malien est entré dans une ère d'autonomie stratégique réelle.
L'aide militaire russe s'est rapidement matérialisée par une couverture logistique et technique sans précédent sur le théâtre des opérations. Des convois d'équipements lourds, de blindés de combat, d'artillerie de pointe et de vecteurs aériens ont été acheminés depuis les ports côtiers partenaires jusqu'aux théâtres du Nord et du Centre du Mali. Au-delà de la puissance de feu, cet effort conjoint s'est exprimé par le déploiement de groupes électrogènes haute capacité et de systèmes de purification d'eau pour pérenniser la vie des garnisons dans les zones enclavées, tandis que la formation continue des cadres des Forces Armées Maliennes aux drones de reconnaissance et à la guerre électronique garantissait une maîtrise technologique immédiate.
Sur le terrain, cette synergie a donné naissance à une nouvelle doctrine opérationnelle, concrétisant le passage du combat intelligent à l'intelligence du combat. Le combat intelligent repose sur la supériorité technologique et l'anticipation. Il ne s'agit plus pour l'armée malienne de subir des embuscades dans des positions statiques, mais de traquer proactivement les menaces. Grâce aux moyens de détection aériens et aux frappes de précision combinées avec les vecteurs russes, les colonnes terroristes sont détectées et neutralisées avant même de pouvoir impacter les populations civiles.
Parallèlement, l'intelligence du combat consacre la maturité tactique du commandement national. Elle réside dans la centralisation absolue des décisions entre les mains de l'État-Major Général des Armées maliennes à Bamako. Les instructeurs et unités de l'Africa Corps n'agissent pas en forces de substitution, mais en puissants multiplicateurs de puissance, parfaitement intégrés au maillage de la défense nationale. Cette coordination étroite entre les patrouilles terrestres et la couverture aéroterrestre a permis de verrouiller les axes névralgiques et de sécuriser l'intégralité du territoire. L'axe Bamako-Moscou démontre ainsi qu'une coopération militaire réussie repose sur l'alignement concret des moyens au service de la sécurité des peuples.
KML

27/07/2026

COOPÉRATION MALI-MAROC
La Grande Commission mixte ouvre les grands dossiers
Après plus d’un quart de siècle de sommeil diplomatique, le Mali et le Maroc ont solennellement relancé, le mardi 21 juillet 2026 à Bamako, les travaux de la Grande Commission mixte de coopération entre les deux pays.
Cette quatrième session, qui marque la reprise d’un dialogue bilatéral interrompu depuis juin 2000, s’inscrit dans une dynamique de réchauffement politique et économique entre les deux nations africaines et un regain d'intérêt mutuel. L’ouverture des travaux, consacrée dans un premier temps à une réunion d’experts, doit aboutir à la signature de nouveaux accords destinés à dynamiser les échanges commerciaux, stimuler les investissements et sceller des partenariats stratégiques dans des secteurs clés pour le développement des deux pays.
Durant trois jours, du 21 au 23 juillet 2026, les délégations techniques, composées de hauts fonctionnaires et de spécialistes sectoriels, ont passé en r***e l’ensemble des programmes de coopération existants et identifié de nouvelles priorités. Commerce, agriculture, énergie, infrastructures, mines, santé, enseignement supérieur et formation professionnelle figurent parmi les domaines passés au crible, avec pour objectif de poser les bases d’une coopération renouvelée, plus ambitieuse et adaptée aux défis contemporains.
Les conclusions de ces travaux préparatoires ont été soumises aux ministres des Affaires étrangères des deux pays lors de la session ministérielle le 24 juillet 2026, et précédée par un Forum d’affaires réunissant opérateurs économiques, institutions financières. Des rencontres B2B ont concerné les représentants du secteur privé afin de favoriser les opportunités d'affaires et d’identifier des secteurs clés à part de marché concrète et ou de partenariats industriels et financiers.
La coprésidence de ces assises a été assurée par M. Moustapha Traoré, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, et M. Mohammed El Alaoui, chef de la division des Affaires africaines au sein du ministère des Affaires étrangères du Royaume du Maroc, témoignant de l’importance accordée par les autorités des deux pays à cette relance plus que factuelle.
Instituée par un accord signé en 1987, la Grande Commission mixte incarne le cadre institutionnel suprême du dialogue et du suivi de la coopération entre Rabat et Bamako. Sa dernière session tenue, à Rabat en 2000, avait laissé place à une longue éclipse, malgré une tentative de réactivation lors de la visite historique de Sa majesté le roi Mohammed VI au Mali en février 2014. La réunion de la commission mixte de la semaine dernière ambitionne non seulement d’évaluer l’état d’avancement de ces engagements passés, mais aussi d’actualiser les mécanismes de coopération et de définir de nouveaux programmes prioritaires, en phase avec les stratégies de développement économique d'intérêt commun.
Sur le plan commercial, les échanges entre les deux pays, bien que significatifs, demeurent structurellement déséquilibrés. En 2025, les exportations marocaines vers le Mali ont atteint près de 185 millions de dollars (.......CFA), tandis que les importations en provenance du Mali plafonnaient à environ trois millions de dollars (.....CFA). Une situation que les autorités maliennes entendent rééquilibrer en misant sur une meilleure valorisation des produits locaux et une diversification des exportations.
Dans cette optique, la Chambre de commerce et d’industrie du Mali est appelée à jouer un rôle moteur en facilitant les rencontres directes entre opérateurs économiques maliens et marocains, afin d’attirer davantage d’investissements directs étrangers et de favoriser les transferts de compétences et de technologies.
Déjà solidement implantées au Mali, plusieurs entreprises marocaines illustrent la profondeur des liens économiques : Moov Africa Malitel domine le secteur des télécommunications, Bank of Africa figure parmi les banques les plus influentes du pays, tandis que le groupe OCP mène des programmes d’envergure pour améliorer la fertilité des sols et soutenir la productivité agricole, un enjeu vital pour la sécurité alimentaire au Sahel.
Cette relance intervient dans un contexte de rapprochement diplomatique renforcé entre Bamako et Rabat. En avril 2025, le Mali avait apporté son soutien à l’initiative marocaine visant à faciliter l’accès des pays sahéliens aux ports atlantiques, une perspective stratégique pour notre pays, territoire enclavé cherchant à diversifier ses corridors commerciaux à ses frontières et au-delà. Ce rapprochement s’est encore accentué le 10 avril 2026, lorsque le Mali a officiellement retiré sa reconnaissance à la République arabe sahraouie démocratique (RASD), apportant ainsi un soutien clair au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental. Ce geste fort a ouvert la voie à une nouvelle phase de confiance mutuelle et de coopération renforcée. À la veille de ces assises, le Maroc était également l’invité d’honneur de la deuxième édition du Forum international de la diaspora, organisé à Bamako du 16 au 18 juillet 2026, un événement qui a permis de tisser des liens entre investisseurs, institutions et entrepreneurs des deux pays.
Constat : la coopération Mali-Maroc est au beau fixe ! Et est déjà forte de son héritage historique ancré et de sa nouvelle impulsion politique en cours. Les deux pays aspirent à devenir un modèle de partenariat sud-sud, alliant souveraineté économique, développement durable et intégration régionale.
M. SANOGO

27/07/2026

COMPLEXE DE FORMATION PROFESSIONNELLE
Un joyau offert par le Roi Mohammed VI
Un pas de plus dans la coopération Sud-Sud. Le Complexe de Formation Professionnelle Mohammed VI de Sébénicoro a été officiellement remis aux autorités maliennes le vendredi 24 juillet 2026, lors d’une visite conjointe des ministres des Affaires étrangères du Maroc et du Mali. Entièrement construit, financé et équipé par la Fondation Mohammed VI, sur instruction le Roi Mohammed VI, ce complexe ultra moderne est le fruit d’une coopération bilatérale tournée vers l’avenir.
La cérémonie s’est déroulée en présence de Nasser Bourita, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’Étranger du Royaume du Maroc, et Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République. Étaient également présents Driss Isbayene, Ambassadeur du Maroc au Mali, Fafré Camara, Ambassadeur du Mali au Maroc, ainsi que Oumou SALL SECK, Ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle.
Entièrement construit, financé et équipé par la Fondation Mohammed VI, sur instruction le Roi Mohammed VI, le complexe incarne une coopération bilatérale tournée vers l’avenir. Pour le chef de la diplomatie marocaine, il s’agit d’"une parfaite illustration d’une coopération Sud-Sud concrète, tournée vers la jeunesse et le développement des compétences à travers la formation professionnelle".
Au cours de la visite, les deux délégations ont parcouru les plateaux techniques dédiés aux métiers du Bâtiment et des Travaux Publics, de l’Hôtellerie, du Tourisme et de la Restauration. Le centre propose 21 filières de formation professionnelle, directement alignées sur les besoins du marché de l’emploi malien. Dès la prochaine rentrée, près de 1000 jeunes seront accueillis.
Pour le Mali, cet outil est stratégique. "Investir dans la formation professionnelle, c’est investir dans l’avenir de notre pays. Un jeune bien formé est un jeune préparé à l’emploi, à l’entrepreneuriat et à la création de richesse", a déclaré Oumou SALL SECK.
Au nom du Gouvernement, la gratitude a été exprimée le Roi Mohammed VI pour "ce geste hautement symbolique, qui traduit l’excellence des relations d’amitié, de fraternité et de coopération entre nos deux pays".
Le représentant du Gouvernement a également salué l’engagement du Ministre Abdoulaye Diop dans le renforcement du partenariat Mali-Maroc, et réaffirmé que sous l’autorité du Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, le développement des compétences et l’employabilité des jeunes constituent une priorité nationale.
Avec la mise en service du Complexe de Sébénicoro, Bamako et Rabat posent un jalon concret : faire de la formation professionnelle le principal levier de création d’emplois et d’épanouissement de la jeunesse malienne.
M. SANOGO

27/07/2026

NASSER BOURITA : «La position du Maroc à l’égard du Mali est claire et constante»
Le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a accordé une audience, le vendredi 24 juillet 2026 au Palais de Koulouba, à M. Nasser Bourita, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’Étranger.
Reçu en présence du ministre malien des Affaires étrangères, M. Abdoulaye Diop, le diplomate marocain s'est adressé à la presse à sa sortie d'entretien pour préciser l'objet de sa visite. «Je suis porteur d'un message du Roi Mohammed VI. Le message est un message de fraternité entre les deux pays, entre les deux peuples, un message de solidarité pleine et entière avec les autorités et le peuple malien dans son action pour la stabilisation et le développement de ce pays frère. Un message d’ambition pour renforcer davantage la relation bilatérale entre les deux pays dans tous les domaines».
Revenant sur le cadre stratégique de son séjour à Bamako, le chef de la diplomatie marocaine a souligné la tenue simultanée de la quatrième session de la Grande commission mixte bilatérale et d'un important Forum économique réunissant plus d'une centaine d'entreprises marocaines pour concrétiser cette dynamique sur le terrain : «Aujourd'hui, dans le cadre de la commission mixte, nous allons signer des accords et faire des annonces pour renforcer la coopération sectorielle. La position du Maroc à l’égard du Mali est claire et constante : c’est une position fondée sur le respect de la souveraineté et de l’unité nationale de ce pays ; une position qui respecte les choix du peuple malien et respecte les orientations des autorités maliennes ; qui milite pour une coopération concrète avec des résultats tangibles pour accompagner le Mali dans cette phase très particulière de son histoire».
M. Nasser Bourita a conclu en saluant la qualité exceptionnelle du partenariat stratégique scellé entre Bamako et Rabat : «Aujourd’hui, les relations entre les deux pays sont à un niveau jamais atteint auparavant en termes de confiance, d’ambition et d’implication de l’ensemble des acteurs de la relation bilatérale».
En retour, le Général d’Armée Assimi Goïta a chargé son hôte de transmettre ses salutations fraternelles au Souverain marocain, réaffirmant sa satisfaction face à l'évolution de la coopération et s'engageant à accompagner cette nouvelle étape de l'axe Mali-Maroc.
La Rédaction

27/07/2026

ABDOULAYE DIOP : «Notre relation puise ses racines dans les annales de l’histoire »
Lors de la tenue de session de Grande Commission mixte Mali-Maroc, le Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a prononcé un discours fraternel à l’endroit de la délégation marocaine où il a salué l’excellence des relations entre les deux pays. « Cette année 2026 est, sans conteste, un jalon important dans le renforcement continu des excellentes relations entre le Mali et le Maroc», a déclaré le ministre Diop.
Le ministre Diop a tenu à saluer «le leadership visionnaire du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, le Roi Mohammed VI», qui ont impulsé le processus de raffermissement des liens de fraternité, de solidarité, d’amitié et de coopération entre les deux pays et leurs peuples. «Votre présence aujourd’hui à Bamako cristallise la solidarité indéfectible et les liens séculaires qui unissent les populations marocaine et malienne», a-t-il poursuivi, ajoutant que cette convergence de vues «consolide les fondements historiques d’une amitié profonde» et s’érige en «modèle d’intégration continentale».
Abdoulaye Diop a rappelé que «la profondeur de ces relations puise ses racines dans les annales de l’histoire», notamment le commerce transsaharien des XIIIᵉ et XIVᵉ siècles, qui reliait Marrakech et Fès aux cités de Tombouctou, Gao et Djenné. Il a ensuite évoqué «la volonté partagée de donner une impulsion nouvelle à cette coopération multidimensionnelle», réaffirmée par les plus hautes autorités des deux États. Il a souligné «la présence hautement symbolique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en septembre 2013» et sa visite d’État à Bamako en février 2014, qui ont marqué une étape historique.
Le ministre a salué «l’Initiative Royale visant à favoriser l’accès des États du Sahel à l’Océan Atlantique», une main tendue aux pays de la Confédération des États du Sahel et au Tchad. Il a rappelé avoir été reçu, avec ses homologues du Burkina et du Niger, par le Roi Mohammed VI à Rabat le 25 avril 2025. «Le Mali est reconnaissant au Maroc pour ses efforts inlassables en vue de l’amélioration des relations du Mali avec ses partenaires multilatéraux», a-t-il ajouté, citant le rôle du Maroc au sein de l’Union africaine et du Conseil de Paix et de Sécurité.
Dans le même esprit, il a affirmé que «le Gouvernement du Mali est resté constant dans son appui fraternel et sincère au Maroc», tant au plan bilatéral qu’au sein des foras internationaux. Il a rappelé la décision historique du 10 avril 2026 par laquelle le Mali soutient désormais «le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme la seule base sérieuse et crédible pour la résolution de la question du Sahara», conformément à la résolution 2797 du Conseil de sécurité.
Abdoulaye Diop a ensuite dénoncé «la crise multiforme imposée par des décisions prises à des milliers de kilomètres, notamment l’attaque contre la Libye», rendant hommage aux victimes du Sahel et saluant «la détermination, l’engagement et le professionnalisme des Forces Armées et de Sécurité maliennes», ainsi que «la résilience des populations maliennes, victimes d’attaques terroristes lâches et barbares, perpétrées par une coalition terroriste soutenue par des sponsors étatiques étrangers».
Sur une note plus positive, il s’est réjoui des «progrès remarquables accomplis ces dernières années» dans l’enseignement supérieur, la défense, la formation professionnelle, l’économie numérique, la santé, l’industrie, le commerce, l’agriculture, l’élevage et les questions migratoires. Il a salué «le travail remarquable des experts marocains et maliens» qui ont préparé l’adoption de 21 instruments juridiques couvrant de nombreux pans de la coopération bilatérale.
Enfin, il a exprimé «l’attachement indéfectible du Mali au raffermissement de relations fraternelles, denses et constructives entre la République du Mali et le Royaume du Maroc», rappelant que les deux nations partagent «une communauté de destin ainsi que les mêmes idéaux de souveraineté, respect de l’unité et de l’intégrité territoriale, de paix, de stabilité et de sécurité».
«C’est sur cette note d’espoir, Monsieur le Ministre, qu’il me plaît de déclarer ouverte la 4ᵉ session de la Grande Commission mixte de coopération entre la République du Mali et le Royaume du Maroc», a conclu Abdoulaye Diop.
La Rédaction

KOULOUBA : ASSIMI réaffirme la volonté du Mali…
En marge de la 4ᵉ session de la Commission mixte de coopération maroco-malienne, le Président de la Transition, Chef de l’État du Mali, le Général d’armée Assimi Goïta, a reçu en audience le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.
Au cours de cette rencontre, le Chef de l’État malien a exprimé sa profonde gratitude à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour la position constante et cohérente du Royaume du Maroc en faveur de la souveraineté, de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali. Il a salué les liens d’amitié et de solidarité qui unissent les deux pays, tout en remerciant le Souverain pour son soutien multiforme au peuple malien.
Le Président Goïta s’est également réjoui du développement des relations bilatérales et a réaffirmé la volonté du Mali de travailler avec le Maroc afin de renforcer davantage cette coopération dans tous les domaines. Cette audience illustre la solidité du partenariat maroco-malien et la convergence de vues des deux pays sur les enjeux de souveraineté et de stabilité régionale.

27/07/2026

COMMISSION MIXTE-FORUM D’AFFAIRES
Bamako-Rabat : Pluie d’accords !
C'est véritablement un partenariat stratégique majeur qui vient d'être scellé entre le Mali et le Royaume du Maroc. Une coopération exclusivement tournée vers l'avenir. Sur le plan économique, la signature de 21 nouveaux accords de coopération et les retombées du Forum d'affaires réunissant la CCIM et la CGEM ouvrent la voie à une intégration renforcée des secteurs privés, qui sera célébrée lors d'une Semaine économique du Mali au Maroc en octobre 2026.
La journée du 24 juillet 2026 restera gravée comme un jalon historique dans la consolidation de l'axe diplomatique et économique entre Bamako et Rabat. À l'occasion de la clôture des travaux de la 4ᵉ session de la Grande Commission Mixte de Coopération, coprésidée par le Ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et son homologue marocain, Nasser Bourita, les deux nations ont scellé un engagement renouvelé.
Sur le plan diplomatique, le Mali a réaffirmé avec clarté sa position en faveur de l'intégrité territoriale du Royaume du Maroc sur l'ensemble de son territoire, y compris le Sahara, soutenant le plan d'autonomie marocain comme l'unique solution crédible et réaliste sous l'égide des Nations Unies. En retour, la diplomatie marocaine a réitéré son soutien ferme à la souveraineté malienne, saluant l'appropriation nationale du processus de paix et condamnant les ingérences étrangères ainsi que les appuis étatiques extérieurs apportés aux coalitions terroristes qui endeuillent le Sahel.
Au-delà des positions de principe, la rencontre de Bamako a produit des réponses concrètes aux urgences nationales. Face à la crise énergétique qui impacte le quotidien des populations et le tissu industriel malien, le Maroc s'est engagé à fournir, installer et mettre en service des équipements électriques d'une capacité initiale de 20 MW, tout en planifiant des missions d'experts pour développer des capacités de production solaire. Sur le plan économique, la signature de 21 nouveaux accords de coopération et les retombées du Forum d'affaires réunissant la CCIM et la CGEM ouvrent la voie à une intégration renforcée des secteurs privés, qui sera célébrée lors d'une Semaine économique du Mali au Maroc en octobre 2026.
Cette dynamique d'intégration Sud-Sud s'est notamment matérialisée par l'officialisation de la mise à disposition complète du Centre de formation de Sébénikoro, un pôle d'excellence destiné à la jeunesse malienne.
Implanté dans le quartier de Sébénikoro à Bamako, cet établissement moderne incarne concrètement la vision partagée par le Général d'Armée Assimi Goïta et le Roi Mohammed VI. Fruit du partenariat bilatéral, le centre de Sébénikoro vise à répondre au défi crucial de l'insertion socio-professionnelle en offrant des formations qualifiantes adaptées aux exigences du marché du travail contemporain. La rétrocession effective de cette infrastructure aux autorités de la Transition malienne symbolise le passage d'une coopération d'assistance à une alliance fondée sur le transfert de compétences, la valorisation du capital humain et la souveraineté économique.
Du soutien à la santé publique à la hausse du quota de bourses académiques porté à 300 par an, en passant par la levée des restrictions de voyage via la suspension de l'AEVM pour les ressortissants maliens, la feuille de route établie à Bamako pose les jalons d'un modèle d'intercoopération africaine résolument pragmatique. En se donnant formellement rendez-vous en 2028 au Royaume du Maroc pour la 5ᵉ session de leur Grande Commission Mixte, le Mali et le Maroc démontrent que leur alliance, ancrée dans l'histoire, s'inscrit désormais dans un temps long stratégique pour la stabilité et le développement du Sahel.
KML

Synthèse du Communiqué Conjoint
La 4è session ministérielle de la Grande Commission Mixte de Coopération entre le Mali et le Maroc s'est tenue à Bamako le 24 juillet 2026, sous la coprésidence des ministres des Affaires étrangères Abdoulaye Diop et Nasser Bourita. Les discussions ont scellé un partenariat stratégique renforcé, marqué par la signature de 21 accords de coopération et l'annonce de la tenue de la 5ᵉ session en 2028 au Maroc.
Les principaux engagements retenus s'articulent autour de plusieurs axes majeurs.

Alignement diplomatique et géopolitique
Le Mali a réitéré son soutien ferme à la souveraineté du Maroc sur le Sahara et à son plan d'autonomie. De son côté, le Maroc a réaffirmé son attachement à l'intégrité territoriale du Mali, salué le statut de la Confédération de l'AES et soutenu l'Initiative Royale pour l'accès des pays du Sahel à l'Océan Atlantique. Le Maroc appuie également les démarches visant à lever la suspension du Mali des instances de l'Union Africaine.

Sécurité et Défense : Condamnation conjointe des attaques terroristes du 25 avril 2026 au Mali, dénonciation des sponsors étatiques étrangers appuyant les groupes armés et renforcement de la coopération militaire et sécuritaire transfrontalière.

Énergie et Infrastructures
Pour répondre à la crise énergétique malienne, le Maroc s'engage à installer et mettre en service des équipements électriques d'une capacité initiale de 20 MW, tout en appuyant le développement de projets solaires.
Secteur privé et commerce : Capitalisant sur le Forum des affaires Bamako-Maroc du 23 juillet 2026 (CCIM-CGEM), les deux nations organisent une Semaine économique du Mali au Maroc en octobre 2026 et facilitent les échanges via l'exonération de droits de douane pour une liste de produits maliens.
Volet social et humain : Suspension de l'Autorisation Électronique de Voyager au Maroc (AEVM) pour les Maliens, hausse du quota de bourses académiques à 300 par an, soutien aux infrastructures sanitaires (oncologie, hémodialyse, radiothérapie) et partenariats agricoles pour la fourniture de fertilisants.

27/07/2026

INTERVENTION MILITAIRE AU MALI-RELATIONS ALGÉRIE-MALI
Discours de clarifications !
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a réaffirmé le jeudi 23 juillet 2026 la doctrine de souveraineté du Mali lors du lancement officiel du BAMEX 202, le Salon International de la Défense et de la Sécurité.
La cérémonie s’est tenue sous le haut patronage du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, en présence de plusieurs membres éminents du gouvernement : le vice-ministre de la Défense Oumar Diarra, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile Général Daoud Aly Mohammedine, et le ministre de la Jeunesse et des Sports Abdoul Kassim Ibrahim Fomba.
L’ambassadeur de Türkiye au Mali, Efe Ceylan, et le directeur de BAMEX, Harun Sarac, étaient également présents aux côtés d’officiers supérieurs des Forces Armées Maliennes (FAMa).
Abdoulaye Diop a été interrogé sur un article du Washington Post et de The Daily Beast évoquant des discussions au sein de l’administration américaine sur d’éventuelles frappes ciblées contre le GSIM/JNIM au Mali.
Le ministre a d’abord appelé à la prudence et à la rigueur institutionnelle : «Nous savons qu'il y a beaucoup de journaux qui ont repris cette information. Nous n’avons aucune confirmation, aucune déclaration officielle des États-Unis ou d'officiels américains sur cette question. Nous attendons de voir quelle posture le gouvernement américain aura».
Il a ensuite martelé la position immuable de Bamako : «Mais je peux vous assurer que le Mali n’est pas assis en train d’attendre que d’autres viennent régler notre problème. Le Mali compte sur lui-même, sur son intelligence, sur ses ressources, sur ses forces de défense et de sécurité, sur ses propres moyens pour régler les problèmes».
Rappelant les fondements de la diplomatie malienne, il a réitéré les impératifs non négociables de toute coopération : respecter la souveraineté du Mali ; respecter les choix souverains du Mali ; prendre en compte les intérêts des populations maliennes.
Il a conclu : «La moindre des choses que nous pouvons attendre d'un partenaire, c'est de venir demander au Mali de quoi le Mali a besoin ?».

Algérie : Plaidoyer pour une approche pragmatique et le bon voisinage
Interrogé sur les relations avec l’Algérie, le chef de la diplomatie malienne a plaidé pour la détente et le dialogue constructif : «Le Mali est condamné à travailler et à chercher des solutions pour une coexistence pacifique avec tous nos voisins. Des premiers pas ont été posés pour le dégel de nos relations avec l’Algérie et reconstruire la confiance entre nos deux pays».
Il a posé clairement le cadre relationnel : «Tout ce que le Mali souhaite, c’est que notre pays soit respecté, que sa souveraineté soit observée et qu’on ne s’ingère pas dans ses affaires intérieures».

Un repositionnement géopolitique assumé
Cette sortie intervient dans un contexte de rapprochement renforcé entre le Mali et la Türkiye dans le domaine hautement sensible de la défense.
Elle coïncide également avec les signaux d'un possible réajustement de la posture de Washington au Sahel, marqué par des ouvertures diplomatiques répétées ces dernières semaines dans un climat de compétition géopolitique accrue.
La question désormais posée est celle de l’ampleur d’un éventuel rapprochement entre Bamako et Washington, alors que le Mali réaffirme avec intransigeance ses principes cardinaux : le respect absolu de sa souveraineté, l'indépendance de ses choix stratégiques, et la défense exclusive des intérêts de ses populations.
Sambou Diarra

27/07/2026

CRISE AU SAHEL
L’ONU a-t-elle (enfin) ouvert les yeux ?
Pour la première fois, les Nations Unies placent les crimes des rebelles au centre du débat, dénonçant leur mépris total du droit international humanitaire et des lois de la guerre.
Le 23 juillet 2026, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a exigé l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale après une attaque d’une rare violence dans le nord du Mali. Cette prise de position marque une rupture dans le discours onusien : ce sont les groupes terroristes qui sont pointés du doigt, accusés de massacres de civils, de mutilations de militaires et d’attaques contre des écoles. Pour Bamako, qui dénonce depuis quatorze ans ces exactions, cette reconnaissance tardive mais essentielle vient conforter sa ligne de fermeté.
Selon les informations recueillies, des combattants affiliés au JNIM/GSIM ont tendu une embuscade contre un détachement des Forces armées maliennes. Après leur repli, les assaillants ont mené des représailles contre les populations civiles, accusées de complicité. Témoignages et rapports font état de meurtres, d’enlèvements, de tortures et de maisons incendiées. Des femmes, des enfants et des personnes âgées figurent parmi les victimes. Ces méthodes barbares illustrent le mépris absolu de ces groupes pour le droit international humanitaire : pas de distinction entre combattants et civils, pas de respect pour les prisonniers de guerre, seulement la terreur comme arme.
Depuis 2012, le Mali est agressée par des groupes armés qui profitent de l’embargo sur les armes pour affaiblir les FAMa, longtemps privées de moyens de défense. Pendant des années, Bamako a dû compter sur des dispositifs extérieurs comme Serval, Barkhane, Takuba ou la MINUSMA. Aujourd’hui, la situation a changé.
Les opérations aéro-terrestres menées par l’armée malienne sont désormais offensives et énergiques. Elles traquent les groupes terroristes jusque dans leurs bases de repli et infligent des pertes sévères. Ces ripostes payantes ont permis de reprendre le contrôle de plusieurs zones et de réduire la capacité de nuisance des rebelles. En fin de cycle, marginalisés et acculés, ces groupes s’auto-entretiennent par la violence extrême, cherchant à exister par la terreur. Leur stratégie est celle du désespoir : frapper les civils, mutiler les militaires, attaquer les écoles pour maintenir une visibilité et semer la peur.
Trop souvent, les rapports internationaux accusent les forces nationales, fermant les yeux sur des crimes des terroristes. Le rapport présenté par Leonardo Santos Simão rompt avec cette logique en pointant directement les violations des groupes armés non étatiques.
Ce rapport marque une étape importante dans la perception internationale de la crise malienne. Il consacre une vérité que Bamako répète depuis quatorze ans : le terrorisme est la menace centrale, et la lutte contre lui doit être menée sans compromis. En dénonçant les crimes des groupes armés, l’ONU rejoint enfin la position constante du Mali.
KML

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