15/07/2019
AFFAIRE BIRAMA TOURÉ
Ce qu’il faut savoir
Il faut que les choses soient claires.
Le procès ouvert le mercredi dernier n’est pas le procès de la disparition de notre collègue et confrère, Birama Touré. C’est plutôt le procès intenté par Karim Kéïta, fils du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, contre deux journalistes Mamadou Sacko dit Saxe, du Groupe RFM et Adama Dramé du journal Le Sphinx.
Les spécialistes des procédures de diffamation sont formels, la plainte de Karim Kéïta doit être purement et simplement, jetée aux orties parce que le dernier aliéna de l’article 44 de la loi sur la presse et le délit de presse est on ne peut plus clair. Il stipule :
La vérité du fait diffamatoire, mais seulement quand il est relatif aux fonctions, pourra être établie par les votes ordinaires dans le cas d'imputation contre les corps constitués les forces armées et de sécurité, les administrations publiques et contre toutes les personnes énumérées à l'article 40.
La vérité des imputations diffamatoires et injurieuses pourra être prouvée sauf :
a. lorsque l'imputation concerne la vie privée de la personne ;
b. lorsque l'imputation se réfère à des faits qui remontent à plus de dix années ;
c. lorsque l'imputation se réfère à un fait constituant une infraction amnistiée ou prescrite, ou qui a donné lieu à une condamnation effacée par la réhabilitation ou la révision.
Dans toute autre circonstance, lorsque le fait imputé est l' objet de poursuite commencée à la requête du Ministère public ou d'une plaine de la part du prévenu, il sera durant l'instruction sursis à la poursuite, et au jugement du délit de diffamation. (C’est nous qui soulignons, NDLR)
Or, l’Affaire Birama Touré est soumise par trois (3) plaintes déposées par-devant trois juges.
Une information judiciaire ouverte depuis février 2016 est encore pendante devant le Tribunal de Grande instance de la Commune IV ;
Une seconde plainte déposée par Birama Touré dit Bourama Bléni - aujourd’hui décédé- homonyme et oncle de Birama, au Tribunal de grande instance de la Commune II, lieu de résidence de la famille et,
une troisième déposée par Awa Diallo, la fiancée de notre confrère. C’est cette dernière plainte qui avait occasionné la convocation de Karim Keïta par le juge d’instruction Diarra. Curieusement, cette convocation a été annulée pour des motifs fallacieux.
Visiblement, l’Affaire Birama Touré pousse le fils du président de la République à se mettre la rate à court bouillon comme le dirait le célèbre écrivain de polars, Frédéric Dard alias San Antonio. L’interview réalisée par un excellent journaliste de la place, mais piètre communicant, nous a fait gondoler de rires à la rédaction du Sphinx.
D’entrée de jeu, voilà Karim Kéïta est sur la défensive. Aux questions : « Connaissiez-vous Birama Touré ? Vous a-t-il fait chanter ? L’avez-vous fait éliminer ? » il répond :
- « Non, je ne connais pas Monsieur Touré. Je ne l’ai jamais rencontré, par conséquent, je n’ai eu et n’ai aucun rapport de quelque nature avec lui. Je ne vois pas comment il aurait pu me faire chanter ou autres !!! Non ! Je n’ai éliminé personne. »
Dans sa réponse à ces questions assez surprenantes, Karim Kéïta dit une seule vérité. Il ne connaît peut-être pas Birama Touré. Mais il l’a bel et bien rencontré, au moins une fois. C’est ce qui sort de la confidence faite par son propre père, et non moins président de la République, Ibrahim Boubacar Kéîta à un de ses fidèles amis qui voulait en savoir plus sur cette ténébreuse affaire. IBK est formel au sujet des agissements de son fils : « Le journaliste faisait chanter Karim, lors de leur dernière rencontre ( ?) Karim lui a remis 2 millions de FCFA ». IBK est allé même plus loin en confiant à cet ami que le journaliste faisait chanter son fils parce que ce dernier était l’auteur de la grossesse de la dame M.A, la femme de l’un de ses « amis », Modibo Gamby.
Modibo Gamby est cet opérateur économique malien qui, certainement traumatisé par l’enfant que « son ami » Karim Kéïta lui a fait dans le dos, a frappé son fils drogué jusqu’à ce que mort s’en suive. Les Maliens se souviennent qu’il a été arrêté puis incarcéré avant d’être libéré dans des conditions rocambolesques suite aux interventions de deux personnes influentes de « Ma Famille d’Abord »
Vous l’aurez aussi remarqué, Karim Kéïta ne dit pas : « je ne l’ai pas fait éliminer », mais bien : « je n’ai éliminé personne ». Veut-il dire que Birama Touré a été éliminé, mais ce n’est pas lui Karim, qui l’a fait ? La nuance est de taille !
Un rapport circonstancié sans complaisance
Le président de la République a fait ces confidences sur la base d’un rapport circonstancié commandité à un colonel de l’Armée malienne qui avait été choisi pour passer au peigne fin les circonstances exactes de l’arrestation de Birama Touré, du lieu de sa détention, de sa mort et de découvrir ses tortionnaires et leurs commanditaires.
Ce dernier a dû faire un rapport sans complaisance puisqu’à chaque fois qu’on a voulu le nommer quelque part, par la suite, IBK s’y est opposé en disant : « Il n’est pas fiable ». En réalité, le seul crime de ce militaire a été de faire, dans la plus parfaite impartialité, son travail. Il sera finalement nommé à un poste juteux lorsque le très crédible site d’information Afrikakibaru.com a donné les noms d’officiers plutôt proches de l’ex-Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga qui projetaient de fomenter un putsch contre IBK.
Pour ceux qui ne le savent pas, la Direction générale de la Sécurité de l’Etat communément appelée S.E dépend directement du président de la République. Lequel reçoit tous les jours, le BRQ (Bulletin de renseignement quotidien) des mains du directeur général de la S.E.
Y sont consignés tous les faits, gestes, propos et conversations téléphoniques susceptibles de porter atteinte à la sécurité de l’Etat. Ces renseignements sont laissés à la seule discrétion du président de la République qui en fait ce qu’il veut. Il est le seul à décider des suites éventuelles à donner auxdits renseignements.
Lorsqu’un individu, a fortiori, un journaliste, meurt dans les locaux de la S.E, rien de plus normal qu’un rapport soit fait au chef de l’Etat à ce sujet. Voilà la réalité des faits. S’il se trouve que l’un de ses proches est concerné de près ou loin, il est tout fait naturel que l’on tente de jeter une chape de plomb sur l’affaire. Ce qui semble être le cas de notre pauvre collègue Birama Touré que plusieurs témoins ont affirmé avoir rencontré dans les « geôles » de S.E lors de sa détention et à qui il a fait des confidences.
Comme l’a si bien dit notre excellent confrère La Siréne, nous sommes d’autant plus étonnés que l’interviewer parle de chantage et d’élimination de la part de Karim Kéïta qui n’a jamais été accusé, ni par notre moins excellent confrère Le Matinal qui a été le premier à signaler le passage de Birama Touré dans les locaux de la S.E, et ce, dès le 20 décembre 2016, ni par Le Sphinx, d’avoir tué, a fortiori, éliminé Birama Touré.
Le Pays dans son N° 260 du lundi 30 octobre 2017 a écrit exactement ceci : « DES CODÉTENUS DE NOTRE CONFRÈRE, BIRAMA TOURÉ, A LA DGSE RÉVÉLENT : « Birama a été enlevé et séquestré dans les cellules de la DGSE sur instruction de l’honorable Karim Kéïta », Le Sphinx dans son N° 699 du 24 juillet 2018, soit 2 ans et 6 mois après la disparition de Birama Touré, n’a pas dit plus. Idem pour La Siréne qui titrait le 24 décembre 2018 : ASSASSINAT ODIEUX D’UN JOURNALISTE MALIEN : Les explications de Karim Kéîta et ses complices sur leur plan « hitlérien » toujours attendues. Aucun de ces quatre (4) journaux n’a été l’objet d’une quelconque poursuite de la part du fils du président de la République. Comme il ne portera pas plainte contre le journal français, L’Express qui a fait un très beau papier sur son site internet sur la disparition de Birama sous le titre : Le fils du Président et le journaliste. Pas la moindre réaction, même pas un droit de réponse de sa part devant des accusations aussi gravissimes.
Boubacar Yalcouyé, le Dir’pub du journal Le Pays sera, certes, convoqué le mardi 07 novembre 2017 par Famakan Cissé, le second juge d’instruction qui hérita de l’affaire et interrogé durant 4 heures d’horloge. Il sera libéré, in fine, avec le statut de témoin.
Karim Kéïta a été seulement accusé d’être à l’origine de l’arrestation de Birama Touré par la S.E selon des confidences faites par ce dernier à certains de ses codétenus. Personne ne l’a accusé d’avoir éliminé notre confrère. On comprend dès lors que les questions soient…subjectives et maladroitement orientées, les réponses biaisées. Ceci est d’autant plus étonnant de la part de Karim Kéïta qui, avec arrogance et cynisme, n’a trouvé rien de mieux, pour commémorer le deuxième anniversaire de la disparition de notre confrère que ce post stupide sur Facebook signé : « Soutien à Karim Kéïta « Katio » le 29 janvier 2018 :
« Affaire Birama Touré. Vous voulez juste savoir ? Les singes les plus cool de la jungle se sont réunis aujourd’hui et se sont prêtés au jeu de l’insinuation. On va faire simple, on vous comprend vous avez pris de l’argent avec des politiciens connus de tous, ça va faire 2 ans que vous essayez d’en faire une affaire d’état. Allez y demander à la fiancée du sieur Touré pourquoi il a fui(t) à quelques heures de son mariage…sa famille n’est pas inquiète vu qu’elle a de ses nouvelles tous les jours. Vous voulez juste savoir ? Voilà Birama Touré endetté jusqu’au cou, n’avait autre recours que de fuir vers Dakar où il est en ce moment même en bonne santé chez son oncle. Touré qui collaborait avec l’autre singe Dramé du Sph(y)nx a simulé une disparition afin de mettre en œuvre un plan que lui Dramé (ennemi du pouvoir en place et collaborateur des opposants djihadistes) pour aller au mouvement de foule contre le régime de IBK et nuire à Karim Kéïta surtout. Ne vous en faites pas ! il n’y aura rien, nous vous offrons l’aller retour sur Dakar (place des dockers) où le petit Touré tient son grin réguli(e)rement. Bien à vous les singes les plus cools de la jungle. La rédaction ».
Comment donc après de telles inepties, Karim Kéïta peut-il parler, deux (2) ans plus t**d, d’élimination de quelqu’un qu’il prétend être à Dakar, en bonne santé chez son oncle ? S’il n’a éliminé personne qu’il nous dise qui a éliminé notre cher collègue ? C’est ce que tout ce que nous voulons savoir. C’est tout ce que les Maliens veulent savoir. C’est aussi simple que cela !
Dans son interview, il n’a d’ailleurs pas osé diffamer notre Dir’pub et Papa Mambi Keïta comme il l’a fait dans un post précédent comme il en a l’habitude. Dans ledit post, il affirme que Birama Touré avait su qui finance Le Sphinx et qui sont les gens qui participent à sa rédaction, ce qui aurait poussé Dramé (le conditionnel) à le faire disparaître. Inconsciemment Karim donne lui même le mobile du crime qui a certainement poussé les sbires de la S.E à torturer BiramaTouré.
Dans la même interview, Karim Kéïta dit qu’il n’a jamais refusé de déférer à la convocation du juge. S’il est prêt à la faire aujourd’hui, c’est parce que les partenaires techniques et financiers, étonnés du silence assourdissant dans lequel il s’est muré depuis 3 ans, l’ont interpellé ainsi que son père, comme l’ont maladroitement reconnu ses avocats dans leur citation.
Nous sommes étonnés que notre excellent confrère demande à Karim Kéïta si c’est lui qui a muté certains agents de la S.E. Lequel, vous l’aurez remarqué, a botté en touche, en répondant péremptoire : « je n’ai aucun moyen de les muter. » Ce qui est une La Palice !
Il ne peut pas dire qu’il ne les connaît car, notre excellent confrère du site Afrikakibaru.com a jeté un faisceau de lumière sur l’Affaire en dévoilant, non seulement, les noms des différents protagonistes, mais aussi, en publiant les photos de ses présumés bourreaux de Birama. Il a publié même celles des ministres Ramatoulaye Diallo et Amadou Koïta et du député Moussa Timbiné que Karim Kéïta a délégués au mariage de l’un d’eux. Qu’il en soit remercié ici.
Le second contre-feu de Karim Kéïta
Aujourd’hui avec la plainte contre X déposée en France, Karim Keïta et les siens sont obligés de faire face à cette affaire qu’ils étouffent depuis plus de trois (3) ans six (6) mois afin d’avoir un res judicata, l’autorité de la chose jugée, afin qu’un autre régime après le magistère d’IBK ne revienne sur l’enlèvement, la séquestration et le meurtre de Birama Touré. Leur objectif est de jeter un radeau de Méduse au naufragé Karim Kéïta pour le faire bénéficier de la fameuse règle du non bis in idem (nul ne peut être traduit deux fois devant une juridiction répressive pour des faits identiques, NDLR). Cette règle est d’autant plus importante qu’elle possède un caractère d’ordre public : elle doit être soulevée d’office par le juge, même en l’absence de toute contestation de la part du prévenu.
IBK : « Comment Papa Mambi peut me faire ça ? ».
Il serait bon de rappeler que l’Affaire de l’inspecteur de police, Papa Mambi Kèïta dit l’Épervier du Mandé et celle de Birama Touré sont deux affaires différentes
Dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 juillet, le chroniqueur Madou Kanté d’Ouverture Média a été victime d’une tentative d’assassinat. L’affaire est d’abord confiée à la police du 12ème Arrondissement. Sur la pression du pouvoir qui pensait à un coup de certains religieux qu’il avait dans son collimateur, une équipe d’enquêteurs est mise en place. Les uns vont s’occuper de l’enquête de voisinage, les autres de la police scientifique, de la balistique etc.…le volet de la cybercriminalité (téléphones) sera confié à l’équipe de l’inspecteur Papa Mambi Kéïta de Brigade d’investigation judiciaire (BIJ) qui procédera à l’arrestation de Tidiane Maïga dit Tidio et de son ami Alou Niagasso dit Alouba sise à la Pâtisserie « Amadines » sise à Badalabougou, suite la dénonciation d’un parent de la victime Madou Kanté. Ce dernier aurait vu Tidio roder 3 jours avant l’acte aux alentours du domicile des Kanté et le jour de l’attentat. Une réquisition est aussitôt faite sur le mobile de Tidio qui confirme ses allégations. Le mobile a, en effet, borné dans parages au jour et heure indiqués. Les fadettes aussi prouvent qu’il a appelé, tout juste après l’attentat un certain Mohamed Bagayoko dit Momo qui n’est autre que l’homme à tout faire du fils du président de la République que Le Sphinx a surnommé « Le porte-flingue » de Karim Kéïta.
Quelques heures après l’arrestation de Tidio et de son ami Alouba –qui n’a rien à voir avec l’affaire- l’inspecteur Papa Mambi reçoit un coup de fil de Mohamed Bagayoko depuis le Canada : « On parle de moi. On dit que c’est moi qui ai commandité la tentative de meurtre contre Madou Kanté. Comment pourrais-je faire cela alors que j’ai donné une Toyota Avensis et 8 millions de FCFA à Madou pour l’encourager dans le travail qu’il fait ». En fait Madou Kanté était assez virulent contre IBK qu’il appelait Joe Brin et son Karim Kéïta qu’il surnommait « Môgôtiguini sin ba». Ce « cadeau » avait pour but d’acheter sa conscience et le ramener à de bons sentiments vis-à-vis d’IBK et de son fils.
Madou Kanté joint au téléphone par Papa Mambi depuis l’hôpital du Mali où on a pu extraire la b***e qui s’était logée à quelques millimètres de son cœur, selon le ministre de la Santé de l’époque, Samba Sow, nie les faits, avant de les reconnaître quand l’inspecteur Kéïta lui a fait savoir que ce sont les aveux de Momo Bagayoko. Alors qu’auparavant, il avait dit à ses patrons Youssouf Mangara et Bouba que c’est Le Roi 12-12, un sulfureux vendeur de voitures d’occasion et ami de Karim Kéïta, qui lui avait offert la Toyota Avensis. Ce que ce dernier a démenti en précisant qu’il n’a donné à Madou, en tout et pour tout, que 50 000 FCFA.
Quelques jours après, le Directeur de la PJ, Joseph Doumbia, convoque Papa Mambi chez le DG de la police nationale, Moussa Ag Infahi. Ce dernier lui demande son avis sur l’affaire. L’inspecteur de police dit sans ambages : « M. le DG, il faut arrêter cette enquête, sinon on va vers la culpabilité du fils du président de la République, Karim Kéïta. Toutes les investigations convergent vers lui »
Le DG de la Police appelle le ministre de la Sécurité et de la Protection civile et l’informe des propos tenus par l’inspecteur Kéïta. Salif Traoré lui retoque : « Je suis sur pression, dites-lui de continuer son enquête jusqu’au bout. »
Quelques jours après, Momo Bagayoko, revenu en catastrophe du Canada, rend visite à Tidio et Alou-ba à la BIJ où ils sont détenus. Il les rassure. Le lendemain, à la grande surprise de l’inspecteur Kéïta, les malfrats sont effectivement libérés par son chef, le commandant Bilal Traoré. Lequel demande ensuite à l’Épervier du Mandé d’arrêter Bouba et Youssouf Mangara, les patrons de Madou Kanté, convoqués au poste pour les besoins de l’enquête. Ce dernier refuse. Il dit à son chef que ce n’est pas une bonne idée. Bouba et Youssouf qui ont entendu l’ordre du commandant alertent via leurs mobiles Kati 24 et Ras Bath. L’un d’eux a dit : « Même Papa Mambi est de notre côté ». C’est cette phrase qui fera tout le malheur de l’inspecteur. Les services de renseignements font écouter cette conversation au président de la République qui rentre dans une colère noire en s’écriant : « Comment Papa Mambi peut me faire ça ? ». Comprenez : Comment Papa Mambi veut inculper mon fils, Karim ?
Plus t**d un de ses chefs hiérarchiques de l’inspecteur lui dira, toute honte bue : « Tu as passé au grade de commissaire, mais IBK a dit d’enlever ton nom. » Dépité par tant de hargne de la part du président de la République, Papa Mambi qui commence à avoir peur pour sa vie, quitte Bamako en août 2017.
Voilà brièvement résumée l’infortune de l’Épervier du Mandé, l’un des policiers les plus doués de sa génération contraint à l’exil après 27 ans de bons et loyaux services pour son pays. Ce n’est presqu’un an après que le Dir’pub du Sphinx, Dramé notre Dir’pub quittera Bamako, à son tour, après avoir échappé au conducteur fou à bord d’un camion-benne qui a décidé de foncer direct sur lui, installé côté passager, à bord d’un véhicule circulant dans le même sens. L’objectif visé était de foncer dans son sens et vers son côté dans le dessein de l’écraser.
Les deux affaires ont cependant un dénominateur commun : Karim Kéïta. L’un voulait arrêter une enquête criminelle qui se dirigeait inexorablement vers sa mise en cause et son inculpation pour complicité de tentative de meurtre, l’autre l’accuse d’avoir ordonné l’arrestation de son collègue par les agents de la Sécurité d’Etat. Dramé avait auparavant échappé à une mort certaine puisque le 28 janvier 2016 à 10 heures, un jour donc avant la disparition de son collègue, Boubacar Koné dit Abacha (on le reconnaîtra plus t**d sur les photos publiées par Afrika Kibaru, NDLR) est venu avec Birama à la Rédaction du Sphinx dans le but de l’arrêter. Heureusement qu’il s’était rendu à Dakar, la veille, au chevet de sa grande-sœur malade.
Voilà la Vérité dans toute sa nudité.
Ils pensent avoir enlevé toutes les merdes (ils savent ce que nous voulons dire, NDLR) qui peuvent confondre ceux qui ont participé à ce crime odieux. Mais qu’ils sachent que le temps est l’autre nom de de Dieu, Le Tout Puissant. François Compaoré, le frère du beau Blaise, ne pouvait jamais se douter que 20 ans après le meurtre de Nobert Zongo et ses trois (3) compagnons d’infortune pouvait le rattraper.
Achat de conscience et liquidation physique
Le pouvoir d’IBK est prêt à mettre des milliards pour étouffer cette affaire. C’est ainsi qu’un témoin-clé, codétenu de Birama Touré, a été contacté par un personnage haut placé de l’Etat qui lui a promis de faire prendre un arrêté, dès sa sortie de prison prévue ces jours-ci, afin de le réintégrer dans les effectifs de l’Armée malienne d’où il a été radié avant d’être jugé pour atteinte à la sécurité de l’Etat, de lui faire un rappel de salaire sur cinq (5) ans qu’a duré sa détention et éventuellement de le propulser à un grade supérieur à condition qu’il démente les confidences qu’il avait auparavant formellement faites à des journalistes par le passé. Dans la même veine, trois voire quatre autres personnes qui ont vu Touré lors de sa détention seront également contactées pour acheter leur silence.
Last but not least. Trois personnes ont contacté Papa Mambi Kéïta et Dramé à des périodes différentes pour les mettre en garde contre un plan de liquidation physique décidé depuis Bamako sui serait en gestation au niveau de l’antenne de la S.E à Paris. Les noms de tous les protagonistes de cet horrible plan sont connus. Les autorités françaises ainsi que leurs avocats ont été déjà mis au parfum.
Fake-news et « club de soutien »
Dans son interview, Karim Kéïta se la joue modeste. Mais Robin Morgan ne disait-il pas : « La connaissance est le pouvoir, l’information c’est le pouvoir. La dissimulation ou l’accumulation d’informations peut-être un acte de tyrannie camouflé sous le signe de l’humilité ».
Certains confrères de place – énumérés pour les besoins de la cause- devaient mettre en place « un club de soutien pour demander leur retour de Papa Mambi et Dramé dans leur famille. S’ils tombaient dans le piège, ils seraient arrêtés dés leur descente de l’avion et conduits dans les cellules de la S.E avant de les inculper pour atteinte à la sécurité de l’Etat. Malheureusement pour « Ma Famille d’Abord » et les assassins de Birama Touré, le plan machiavélique a été éventé par nos radars.
La création d’un faux site et d’une page Facebook Afrika-Kibaru -voir page 3- où ils produisent, à la pelle, les fake-news, entre également dans le jeu sordide mis en place par le pouvoir et certains hommes d’affaires épinglés par votre journal préféré pour nuire à la réputation de Papa Mambi Kéïta et d’Adama Dramé qui sont devenus pour eux de véritables cailloux dans les chaussures de Karim Kéïta et des siens.
La Rédaction