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Economie24 Journal digital sur l'économie et le management au Mali.

Août 1992 : La chute de la BNEC, emportée par une erreur télévisée.Créée en 1975, la Banque Nationale pour l'Épargne et ...
31/08/2026

Août 1992 : La chute de la BNEC, emportée par une erreur télévisée.

Créée en 1975, la Banque Nationale pour l'Épargne et le Crédit (BNEC) ne démarre véritablement ses opérations qu'au milieu de l'année 1978. Spécialisée dans le crédit immobilier à long terme et le financement de logements économiques, elle rencontre un succès immédiat auprès des ménages et des petits épargnants.

Dès 1981, l'établissement compte déjà plus de 40 000 comptes et inaugure sa première agence régionale à Bouaké.

En 1983, sous la pression de la crise économique, l'État ivoirien décide de privatiser l'établissement. La BNEC est alors reprise par des investisseurs privés locaux, emmenés par la BICT de M. Patrice Konan Yao. C'est lors de l'officialisation de la mesure que survient l'incident : en lisant le compte rendu du Conseil des ministres à la télévision nationale, le présentateur commet une erreur monumentale. Il annonce par mégarde la suppression de la banque au lieu de sa privatisation.

L'impact est immédiat. Une véritable psychose s'empare des épargnants, qui prennent d'assaut les guichets pour retirer leurs fonds de peur de tout perdre. Ce mouvement de panique entraîne un retrait massif de capitaux. Malgré un solide patrimoine immobilier estimé à plus de 18 milliards de francs CFA, la BNEC plonge dans une crise de liquidités aiguë dont elle ne se relèvera jamais. Dès 1986, les retraits au-delà de 100 000 F CFA ne peuvent plus être honorés immédiatement, imposant un délai de traitement de 48 heures après le dépôt des chèques.

L'agonie de l'institution dure quelques années encore. En août 1992, le couperet tombe : la BNEC est définitivement liquidée, entraînant dans sa chute plusieurs autres établissements financiers majeurs de l'époque, parmi lesquels la BIDI, le Crédit Côte d'Ivoire, la SILAF, la BICT et la BNDA.

‎🚀🇨🇮 ESPACE : VOICI L'EXPERT DE RENOM QUI VA PILOTER L' AGENCE SPATIALE DE LA CÔTE D’IVOIRE ‎‎La Côte d'Ivoire va à la c...
30/08/2026

‎🚀🇨🇮 ESPACE : VOICI L'EXPERT DE RENOM QUI VA PILOTER L' AGENCE SPATIALE DE LA CÔTE D’IVOIRE

‎La Côte d'Ivoire va à la conquête du monde et pour cela, elle s'est choisi un expert comme tout premier directeur de son agence spatiale.

‎La Côte d’Ivoire veut désormais compter dans le secteur spatial africain. Et pour piloter cette nouvelle ambition, le pays vient de choisir un homme dont le parcours colle parfaitement aux enjeux : le Dr Tidiane Ouattara, nommé premier Directeur général de l’Agence spatiale de Côte d’Ivoire (ASCI).

‎🔹 Plus de 30 ans d’expérience dans le spatial

‎Titulaire d’un doctorat en télédétection obtenu au Canada après une formation en géographie à l’Université de Cocody, Tidiane Ouattara a travaillé pendant 16 ans pour le gouvernement canadien avant de rejoindre l’Union africaine en 2016.

‎Pendant près d’une décennie, il a participé à la construction du programme spatial africain, qui a notamment conduit à la création de l’Agence spatiale africaine et du Conseil spatial africain. Il occupait d’ailleurs jusqu’à sa nomination la présidence du Conseil spatial africain.

‎Autrement dit, la Côte d’Ivoire confie les commandes de sa toute nouvelle agence à un spécialiste qui connaît déjà les grands enjeux du spatial africain.

‎🌍 L’Agence spatiale ivoirienne, pourquoi faire ?

‎Créée par décret en juin 2025, l’ASCI est un établissement public à caractère scientifique et technologique chargé de développer les capacités ivoiriennes dans le domaine spatial.

‎Son rôle ne se limite pas à envoyer des fusées dans l’espace. Le spatial peut avoir des applications très concrètes pour le quotidien et le développement du pays :

‎🛰️ observation de la Terre
‎🌾 agriculture et suivi des cultures
‎🌳 surveillance de l’environnement et des ressources naturelles
‎🌦️ météorologie et anticipation des risques
‎📡 télécommunications et communications par satellite
‎🧭 navigation
‎🔭 recherche scientifique et astronomie
‎🛡️ sécurisation du territoire

‎🎯 Un enjeu stratégique pour la Côte d’Ivoire

‎Avec la création de l’ASCI, Abidjan veut renforcer ses capacités technologiques et scientifiques, mieux exploiter les données satellitaires et disposer d’une expertise nationale dans un secteur devenu stratégique.

‎Le défi est désormais de transformer cette ambition institutionnelle en infrastructures, compétences, données et applications concrètes au service de l’économie ivoirienne.

‎Pour le Dr Tidiane Ouattara, cette nomination constitue « une nouvelle mission » au service de son pays. Il a également appelé au soutien de tous pour relever ce nouveau défi.

‎🚀 La Côte d’Ivoire vient donc de poser la première pierre de sa politique spatiale nationale.

‎La question est désormais simple : jusqu’où l’ASCI pourra-t-elle conduire la Côte d’Ivoire dans la nouvelle course africaine au spatial ? 🇨🇮🌍🚀

‎👉 Qu’en pensez-vous ? La Côte d’Ivoire a-t-elle les moyens de devenir une puissance spatiale africaine ? Dites-le en commentaire.

Tribune: Où va l’argent de nos banques ? Comprendre les chiffres du Mali en 2025Source des données : *Rapport annuel 202...
25/08/2026

Tribune: Où va l’argent de nos banques ? Comprendre les chiffres du Mali en 2025

Source des données : *Rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l’UMOA*(certaines données 2025 sont provisoires)

Par Dr. Mahamadou KONATÉ
Coordinateur de recherche
Centre Kurukanfuga–BGCP
23 août 2026

Les banques maliennes vont-elles mal ?
Non. C’est même plutôt l’inverse.
Le dernier rapport de la Commission bancaire de l’UMOA montre qu’en 2025, les banques du Mali sont globalement *solides, liquides et rentables*.
Mais le même rapport fait apparaître une situation qui a fait l’objet de débats au sein du Centre, et dont l’économie mérite d’être partagée avec le grand public.

*Le constraste des chiffres*

Les 17 établissements de crédit du Mali disposent ensemble d’un bilan de plus de *9 000 milliards de FCFA*. C’est une somme considérable.
Le système bancaire malien compte également :
*463 agences et bureaux, 539 guichets automatiques et près de 2,4 millions de comptes* .
Il ne s’agit donc plus d’un petit secteur périphérique de notre économie. La banque est devenue l’un des centres essentiels de circulation de l’argent au Mali.
En 2024, les dépôts et emprunts collectés par les banques représentaient environ *4 756 milliards de FCFA*.
En 2025, ils sont près de *5 749 milliards*.
Cela représente une progression de *20,9 % en une année*.
Autrement dit, près de *1 000 milliards de FCFA supplémentaires* sont venus grossir ces ressources.

Bonne nouvelle : notre système bancaire mobilise de l’argent.
Mais *cet argent finance-t-il davantage l’économie* ?
Et c’est là que le chiffre surprend : les crédits accordés passent d’environ *3 842 milliards à 3 875 milliards de FCFA*. Soit seulement *0,9 % d’augmentation*.
Retenons donc deux chiffres :
- *Argent collecté par les banques : +20,9 %*
- *Crédits : +0,9 %*

Cela ne signifie pas que les banques auraient caché ou refusé de distribuer 20 % de leur argent.
Cette situation s'explique en partie par un effet d'éviction, les banques privilégiant l'achat de titres publics, moins risqué et rémunérateur ( près de 6,5% de taux d’intérêt), au détriment du financement direct des entreprises locales.
Ce renflouement de la caisse de l’Etat par les banques est censé ruisseler ensuite vers les entrepreneurs privés par l’effet de la commande publique. Sauf que celle-la n’est ni équitablement repartie (existence de quasi monopoles) ni suffisante pour dynamiser l’économie.
En plus, une banque ne peut pas prêter tout ce qu’elle collecte.
Elle doit conserver des liquidités, respecter des règles de sécurité et placer une partie de ses ressources ailleurs.
L’écart, tout de même, entre les deux chiffres (+20,9% et +0,9%) est suffisamment grand pour que nous nous interrogions.

*Pourquoi les banques prêtent-elles relativement peu aux petites entreprises ?*

Le rapport ne donne pas directement la réponse. Il faut donc éviter les accusations faciles.
Plusieurs problèmes sont bien connus dans le financement des petites entreprises. L’exemple suivant d’un de nos experts est particulièrement édifiant.
Imaginez un jeune entrepreneur qui demande 30 millions de FCFA à une banque.
La banque lui demande :

* des comptes fiables ;
* des revenus démontrables ;
* un business plan ;
* des garanties ;
* parfois un terrain ou un immeuble ;
* un historique financier ;
* la preuve qu’il pourra rembourser.

Le jeune entrepreneur répond :

– « Mon entreprise marche, mais je n’ai pas tout cela. »

La banque réplique :

– « Votre projet est intéressant, mais votre risque est trop élevé. »😊

Résultat : *l’entreprise a besoin d’argent et la banque a de l’argent, mais le financement ne se fait pas* .
C’est cela que les pouvoirs publics doivent aider à résoudre.

Regardons de plus près.
En 2025, les établissements de crédit maliens ont réalisé environ *134 milliards de FCFA de bénéfices nets*, contre environ 68 milliards en 2024. Le bénéfice global a donc presque doublé.
Et le Mali arrive en troisième position dans l’UMOA derrière la Côte d’Ivoire et le Sénégal.
D’ailleurs, le Mali affiche-t-il un ratio moyen de solvabilité de *16,3 %*, alors que le minimum réglementaire est de *11,5 %*.
Leur niveau de liquidité est également confortable.
En d’autres termes : *les banques ont de l’argent, elles sont relativement solides et elles gagnent de l’argent* .
D’où la question : *comment pouvons-nous utiliser davantage cette capacité financière pour développer notre économie* ?

*La problématique du risque et les ébauches de solutions*

Les banques ne sont pas nécessairement frileuses sans raison.
Environ *12,3 % du portefeuille brut de crédits* est considéré comme dégradé.
D’après notre expert économiste, cela signifie qu’une partie importante des crédits présente des difficultés de remboursement, et que les banques sont obligées de faire des provisions.
La situation s’améliore toutefois, puisque ce taux était de 13,9 % en 2024.
Voilà pourquoi la solution ne consiste pas simplement à dire :
– « Banques, prêtez davantage ! »
Elle commence par se poser la bonne question :
comment rendre les prêts moins risqués ?

*Première solution : aider les PME à devenir bancables*

Une petite entreprise peut être rentable sans savoir préparer un dossier bancaire.
Il faut donc créer ou renforcer des structures qui accompagnent les entrepreneurs pour :

* tenir une comptabilité correcte ;
* préparer un business plan ;
* calculer leurs besoins ;
* présenter leurs revenus ;
* organiser leurs garanties ;
* préparer leurs demandes de crédit.

En clair : il faut apprendre aux entreprises à parler le langage des banques.

*Deuxième solution : partager le risque*

Supposons qu’une entreprise demande 100 millions.

La banque considère le projet viable mais trop risqué.
Un mécanisme de garantie peut dire :
« *Si l’entreprise ne rembourse pas, une partie de la perte sera prise en charge.* »
La banque devient alors plus disposée à financer.

C’est particulièrement important pour :

* l’agriculture ;
* les PME ;
* les jeunes entrepreneurs ;
* l’industrie ;
* la transformation agroalimentaire.

*Troisième solution : ne pas oublier la microfinance*

Le Mali compte *26 grandes institutions de microfinance*.

Ce sont elles qui financent souvent les catégories qui n’ont pas facilement accès aux banques. Mais leur situation mérite attention.
Le nombre de comptes de leurs clients a diminué de *16,5 % en 2025*, et moins de 60 % des grandes IMF maliennes respectent actuellement la norme minimale de capitalisation.

Il faut donc consolider ce secteur. Car si les banques classiques financent principalement les acteurs les plus solides et que la microfinance s’affaiblit, *les plus petits entrepreneurs risquent d’être les grands oubliés du financement*.

*Quatrième solution: Quid du Mobile Money ?*

La finance change. Il n’est plus nécessaire d’avoir une agence bancaire dans chaque village pour développer certains services financiers.
Le Mali compte déjà deux établissements de monnaie électronique agréés, et les deux respectent les trois principales normes prudentielles examinées par la Commission bancaire.

Demain, notre téléphone pourra de plus en plus servir :

* à payer ;
* à épargner ;
* à recevoir de l’argent ;
* à obtenir de petits financements ;
* à construire un historique financier.

Le Mobile Money peut donc devenir beaucoup plus qu’un moyen d’envoyer 5 000 ou 10 000 FCFA à un parent.
Il peut progressivement devenir *une porte d’entrée vers le crédit*.

*Cinquième solution : la promotion du private equity*

La banque finance un business model confirmé et robuste via le fonds de roulement, tandis que le private equity est adapté au lancement d'entreprises à risques, car il n'exige aucun remboursement contrairement au crédit bancaire. Il consiste pour des personnes privées (morales ou physiques) de racheter des parts d’une société pour l’aider à grandir, et les revendent plus t**d afin de faire des profits.
Une piste d'amélioration pour le Mali réside dans le développement de ces fonds d'investissement privés.

En définitive, pouvons-nous terminer par regarder en face la question fondamentale.
On parle beaucoup au Mali de souveraineté économique.
La souveraineté économique ne consiste pas seulement à savoir qui possède les banques.
Elle consiste aussi à répondre à cette question :
*l’argent disponible dans notre économie sert-il suffisamment à produire davantage ?*

À créer des usines ?
À transformer nos produits agricoles ?
À financer nos entreprises ?
À construire des logements ?
À soutenir nos jeunes entrepreneurs ?
À créer des emplois ?

Le Rapport 2025 de la Commission bancaire ne dit pas que les banques maliennes refusent de financer l’économie.
Il montre en revanche que les ressources bancaires ont augmenté beaucoup plus vite que les crédits en 2025. Et ça, c’est un signal.
Un signal doit conduire forcément non pas à chercher des coupables, mais à chercher des solutions.

L’expertise du Centre est catégorique: les banques doivent mieux comprendre les entreprises; les entreprises doivent devenir plus bancables; l’État doit réduire certains risques;
la justice doit sécuriser les transactions; la microfinance doit être renforcée; la finance numérique doit devenir un instrument d’accès réel au financement.
C’est ainsi que les *9 000 milliards de FCFA de puissance financière* du système bancaire pourront davantage devenir des machines, des entreprises, des exploitations agricoles, des emplois et de la richesse.
La question « Que faisons-nous de la solidité de nos banques ? » doit désormais être un souci omniprésent. Sur cela, une réflexion sérieuse doit être menée. Le Centre est prêt à y contribuer, en élaborant un Policy paper à l’intention des commanditaires.
Source des données : *Rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l’UMOA*(certaines données 2025 sont provisoires)

Par Dr. Mahamadou KONATÉ
Coordinateur de recherche
Centre Kurukanfuga–BGCP
23 août 2026

Les banques maliennes vont-elles mal ?
Non. C’est même plutôt l’inverse.
Le dernier rapport de la Commission bancaire de l’UMOA montre qu’en 2025, les banques du Mali sont globalement *solides, liquides et rentables*.
Mais le même rapport fait apparaître une situation qui a fait l’objet de débats au sein du Centre, et dont l’économie mérite d’être partagée avec le grand public.

*Le constraste des chiffres*

Les 17 établissements de crédit du Mali disposent ensemble d’un bilan de plus de *9 000 milliards de FCFA*. C’est une somme considérable.
Le système bancaire malien compte également :
*463 agences et bureaux, 539 guichets automatiques et près de 2,4 millions de comptes* .
Il ne s’agit donc plus d’un petit secteur périphérique de notre économie. La banque est devenue l’un des centres essentiels de circulation de l’argent au Mali.
En 2024, les dépôts et emprunts collectés par les banques représentaient environ *4 756 milliards de FCFA*.
En 2025, ils sont près de *5 749 milliards*.
Cela représente une progression de *20,9 % en une année*.
Autrement dit, près de *1 000 milliards de FCFA supplémentaires* sont venus grossir ces ressources.

Bonne nouvelle : notre système bancaire mobilise de l’argent.
Mais *cet argent finance-t-il davantage l’économie* ?
Et c’est là que le chiffre surprend : les crédits accordés passent d’environ *3 842 milliards à 3 875 milliards de FCFA*. Soit seulement *0,9 % d’augmentation*.
Retenons donc deux chiffres :
- *Argent collecté par les banques : +20,9 %*
- *Crédits : +0,9 %*

Cela ne signifie pas que les banques auraient caché ou refusé de distribuer 20 % de leur argent.
Cette situation s'explique en partie par un effet d'éviction, les banques privilégiant l'achat de titres publics, moins risqué et rémunérateur ( près de 6,5% de taux d’intérêt), au détriment du financement direct des entreprises locales.
Ce renflouement de la caisse de l’Etat par les banques est censé ruisseler ensuite vers les entrepreneurs privés par l’effet de la commande publique. Sauf que celle-la n’est ni équitablement repartie (existence de quasi monopoles) ni suffisante pour dynamiser l’économie.
En plus, une banque ne peut pas prêter tout ce qu’elle collecte.
Elle doit conserver des liquidités, respecter des règles de sécurité et placer une partie de ses ressources ailleurs.
L’écart, tout de même, entre les deux chiffres (+20,9% et +0,9%) est suffisamment grand pour que nous nous interrogions.

*Pourquoi les banques prêtent-elles relativement peu aux petites entreprises ?*

Le rapport ne donne pas directement la réponse. Il faut donc éviter les accusations faciles.
Plusieurs problèmes sont bien connus dans le financement des petites entreprises. L’exemple suivant d’un de nos experts est particulièrement édifiant.
Imaginez un jeune entrepreneur qui demande 30 millions de FCFA à une banque.
La banque lui demande :

* des comptes fiables ;
* des revenus démontrables ;
* un business plan ;
* des garanties ;
* parfois un terrain ou un immeuble ;
* un historique financier ;
* la preuve qu’il pourra rembourser.

Le jeune entrepreneur répond :

– « Mon entreprise marche, mais je n’ai pas tout cela. »

La banque réplique :

– « Votre projet est intéressant, mais votre risque est trop élevé. »😊

Résultat : *l’entreprise a besoin d’argent et la banque a de l’argent, mais le financement ne se fait pas* .
C’est cela que les pouvoirs publics doivent aider à résoudre.

Regardons de plus près.
En 2025, les établissements de crédit maliens ont réalisé environ *134 milliards de FCFA de bénéfices nets*, contre environ 68 milliards en 2024. Le bénéfice global a donc presque doublé.
Et le Mali arrive en troisième position dans l’UMOA derrière la Côte d’Ivoire et le Sénégal.
D’ailleurs, le Mali affiche-t-il un ratio moyen de solvabilité de *16,3 %*, alors que le minimum réglementaire est de *11,5 %*.
Leur niveau de liquidité est également confortable.
En d’autres termes : *les banques ont de l’argent, elles sont relativement solides et elles gagnent de l’argent* .
D’où la question : *comment pouvons-nous utiliser davantage cette capacité financière pour développer notre économie* ?

*La problématique du risque et les ébauches de solutions*

Les banques ne sont pas nécessairement frileuses sans raison.
Environ *12,3 % du portefeuille brut de crédits* est considéré comme dégradé.
D’après notre expert économiste, cela signifie qu’une partie importante des crédits présente des difficultés de remboursement, et que les banques sont obligées de faire des provisions.
La situation s’améliore toutefois, puisque ce taux était de 13,9 % en 2024.
Voilà pourquoi la solution ne consiste pas simplement à dire :
– « Banques, prêtez davantage ! »
Elle commence par se poser la bonne question :
comment rendre les prêts moins risqués ?

*Première solution : aider les PME à devenir bancables*

Une petite entreprise peut être rentable sans savoir préparer un dossier bancaire.
Il faut donc créer ou renforcer des structures qui accompagnent les entrepreneurs pour :

* tenir une comptabilité correcte ;
* préparer un business plan ;
* calculer leurs besoins ;
* présenter leurs revenus ;
* organiser leurs garanties ;
* préparer leurs demandes de crédit.

En clair : il faut apprendre aux entreprises à parler le langage des banques.

*Deuxième solution : partager le risque*

Supposons qu’une entreprise demande 100 millions.

La banque considère le projet viable mais trop risqué.
Un mécanisme de garantie peut dire :
« *Si l’entreprise ne rembourse pas, une partie de la perte sera prise en charge.* »
La banque devient alors plus disposée à financer.

C’est particulièrement important pour :

* l’agriculture ;
* les PME ;
* les jeunes entrepreneurs ;
* l’industrie ;
* la transformation agroalimentaire.

*Troisième solution : ne pas oublier la microfinance*

Le Mali compte *26 grandes institutions de microfinance*.

Ce sont elles qui financent souvent les catégories qui n’ont pas facilement accès aux banques. Mais leur situation mérite attention.
Le nombre de comptes de leurs clients a diminué de *16,5 % en 2025*, et moins de 60 % des grandes IMF maliennes respectent actuellement la norme minimale de capitalisation.

Il faut donc consolider ce secteur. Car si les banques classiques financent principalement les acteurs les plus solides et que la microfinance s’affaiblit, *les plus petits entrepreneurs risquent d’être les grands oubliés du financement*.

*Quatrième solution: Quid du Mobile Money ?*

La finance change. Il n’est plus nécessaire d’avoir une agence bancaire dans chaque village pour développer certains services financiers.
Le Mali compte déjà deux établissements de monnaie électronique agréés, et les deux respectent les trois principales normes prudentielles examinées par la Commission bancaire.

Demain, notre téléphone pourra de plus en plus servir :

* à payer ;
* à épargner ;
* à recevoir de l’argent ;
* à obtenir de petits financements ;
* à construire un historique financier.

Le Mobile Money peut donc devenir beaucoup plus qu’un moyen d’envoyer 5 000 ou 10 000 FCFA à un parent.
Il peut progressivement devenir *une porte d’entrée vers le crédit*.

*Cinquième solution : la promotion du private equity*

La banque finance un business model confirmé et robuste via le fonds de roulement, tandis que le private equity est adapté au lancement d'entreprises à risques, car il n'exige aucun remboursement contrairement au crédit bancaire. Il consiste pour des personnes privées (morales ou physiques) de racheter des parts d’une société pour l’aider à grandir, et les revendent plus t**d afin de faire des profits.
Une piste d'amélioration pour le Mali réside dans le développement de ces fonds d'investissement privés.

En définitive, pouvons-nous terminer par regarder en face la question fondamentale.
On parle beaucoup au Mali de souveraineté économique.
La souveraineté économique ne consiste pas seulement à savoir qui possède les banques.
Elle consiste aussi à répondre à cette question :
*l’argent disponible dans notre économie sert-il suffisamment à produire davantage ?*

À créer des usines ?
À transformer nos produits agricoles ?
À financer nos entreprises ?
À construire des logements ?
À soutenir nos jeunes entrepreneurs ?
À créer des emplois ?

Le Rapport 2025 de la Commission bancaire ne dit pas que les banques maliennes refusent de financer l’économie.
Il montre en revanche que les ressources bancaires ont augmenté beaucoup plus vite que les crédits en 2025. Et ça, c’est un signal.
Un signal doit conduire forcément non pas à chercher des coupables, mais à chercher des solutions.

L’expertise du Centre est catégorique: les banques doivent mieux comprendre les entreprises; les entreprises doivent devenir plus bancables; l’État doit réduire certains risques;
la justice doit sécuriser les transactions; la microfinance doit être renforcée; la finance numérique doit devenir un instrument d’accès réel au financement.
C’est ainsi que les *9 000 milliards de FCFA de puissance financière* du système bancaire pourront davantage devenir des machines, des entreprises, des exploitations agricoles, des emplois et de la richesse.
La question « Que faisons-nous de la solidité de nos banques ? » doit désormais être un souci omniprésent. Sur cela, une réflexion sérieuse doit être menée. Le Centre est prêt à y contribuer, en élaborant un Policy paper à l’intention des commanditaires.

24/08/2026

LE DISTRICT DE BAMAKO COMPTE SEPT (7) ARRONDISSEMENTS

*Premier Arrondissement*
• BOULKASSOUMBOUGOU (00010001)
• BANCONI (00010002)
• DJELIBOUGOU (00010003)
• DJOUMANZANA (00010004)
• FADJIGUILA (00010005)
• KOROFINA NORD (00010006)
• KOROFINA SUD (00010007)
• SOTUBA (00010008)
• SANGARÉBOUGOU (00010009)
• SARAMBOUGOU (00010010)
• SEYDOUBOUGOU (00010011)
• DIALAKORODJI (00010012)
• N'TEGUEDO-SAMASSÉBOUGOU (00010013)
• N'TEGUEDO-SIRAKORO (00010014)
• MORIBABOUGOU (00010015)
• DOGOBALA (00010016)
• SOULEYMANEBOUGOU (00010017)
• FOMBABOUGOU (00010018)
• N'GABACORO DROIT (00010019)
• TITIBOUGOU (00010020)
• SIKORONI (00010021)

*Deuxième Arrondissement*
• BAGADADJI (00020001)
• BAKARYBOUGOU (00020002)
• BOUGOUBA (00020003)
• BOZOLA (00020004)
• HIPPODROME (00020005)
• KONÉBOUGOU (00020006)
• MEDINA-COURA (00020007)
• MISSIRA (00020008)
• N'GOMI (00020009)
• NIARELA (00020010)
• QUINZAMBOUGOU (00020011)
• SANS-FILS (00020012)
• ZONE INDUSTRIELLE (00020013)

*Troisième Arrondissement*
• BADIALAN I (00030001)
• BADIALAN II (00030002)
• BADIALAN III (00030003)
• BAMAKO-COURA (00030004)
• BAMAKO-COURA BOLIBANA (00030005)
• CENTRE COMMERCIAL (00030006)
• DARSALAM (00030007)
• DRAVELA (00030008)
• DRAVELA BOLIBANA (00030009)
• KODABOUGOU (00030010)
• KOULOUBA (00030011)
• NIOMIRAMBOUGOU (00030012)
• N'TOMIKOROBOUGOU (00030013)
• OUOLO FOBOUGOU (00030014)
• OUOLO FOBOUGOU BOLIBANA (00030015)
• POINT G (00030016)
• SAME (00030017)
• SIRAKORO-DOUNFING (00030018)
• KOULOUNIKO (00030019)
• SOGONAFING (00030020)
• SANANKORO (00030021)
• DIAGONI (00030022)

*Quatrième Arrondissement*
• HAMDALLAYE (00040001)
• LAFIABOUGOU (00040002)
• LASSA (00040003)
• DJICORONI PARA (00040004)
• SÉBÉNINKORO (00040005)
• SIBIRIBOUGOU (00040006)
• KALABANBOUGOU (00040007)
• DOGODOUMAN (00040008)
• GRINGOUME (00040009)
• TALIKO (00040010)
• OUEZINDOUGOU (00040011)
• MAMARIBOUGOU (00040012)
• KANADJIGUILA (00040013)
• KABALABOUGOU (00040014)

*Cinquième Arrondissement*
• BACODJICORONI (00050001)
• BADALABOUGOU (00050002)
• DAOUDABOUGOU (00050003)
• GARANTIGUIBOUGOU (00050004)
• KALABANCOURA (00050005)
• QUARTIER MALI (00050006)
• SABALIBOUGOU (00050007)
• SEMA (00050008)
• TOROKOROBOUGOU (00050009)

*Sixième Arrondissement*
• BANANKABOUGOU (00060001)
• DIANÉGUELA (00060002)
• FALADIÉ (00060003)
• MAGNAMBOUGOU (00060004)
• NIAMAKORO (00060005)
• SÉNOU (00060006)
• SOGONINKO (00060007)
• SOKORODJI (00060008)
• YIRIMADIO (00060009)
• MISSABOUGOU (00060010)
• DIATOULA (00060011)
• NIAMANA (00060012)
• SIRAKORO-MÉGUÉTANA (00060013)
• N'TABACORO (00060014)
• DRAMANEBOUGOU-TELLEM (00060015)
• SABALIBOUGOU KOURANI (00060016)

*Septième Arrondissement*
• GOUANA (00070001)
• KABALA (00070002)
• KALABANCORO (00070003)
• KOURALÉ (00070004)
• MISSALA (00070005)
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LE JOUR OÙ UN SEUL HOMME A FAIT COULER L'ANCÊTRE DE L'UEMOA : L'AFFAIRE MOHAMED DIAWARA Dans les salons feutrés de la fi...
23/08/2026

LE JOUR OÙ UN SEUL HOMME A FAIT COULER L'ANCÊTRE DE L'UEMOA : L'AFFAIRE MOHAMED DIAWARA

Dans les salons feutrés de la finance ouest-africaine, son nom évoque à la fois le génie absolu et la trajectoire d'Icare. Bien avant les scandales financiers modernes, le milieu des années 1980 a été secoué par l'évaporation de 6,5 milliards de francs CFA. Au cœur de ce séisme historique : Mohamed Tiékoura Diawara, un homme qui avait réussi l'impossible, obtenir la confiance absolue des plus puissants de ce monde avant de provoquer leur perte.
Pour comprendre comment un tel casse institutionnel a pu réussir, il faut d'abord remonter le fil de la vie de ce personnage hors norme. Né le 23 mai 1928 à Dori, dans l'actuel Burkina Faso, Mohamed Diawara grandit et forge son esprit au cœur des réseaux intellectuels de l'Afrique coloniale. C'est sur les bancs du prestigieux lycée Faidherbe de Saint-Louis, au Sénégal, qu'il commence à aiguiser ses compétences exceptionnelles. Il poursuit de hautes études en France, s'imposant très vite comme l'un des économistes et statisticiens les plus brillants de sa génération. Sa trajectoire devient fulgurante en Côte d'Ivoire où le président Félix Houphouët-Boigny repère son génie. Il devient le tout-puissant ministre du Plan, poste stratégique qu'il occupe sans discontinuer de 1968 à 1977. À ce titre, il s’érige en grand architecte du « miracle ivoirien ». C'est lui qui orchestre les grands chantiers de l'État, discute d'égal à égal avec les grands capitalistes occidentaux et rassure les marchés internationaux. Diawara possède un magnétisme rare, un carnet d'adresses mondial et une maîtrise parfaite des rouages financiers. Après son passage au gouvernement, il fonde le prestigieux Club de Dakar, un cercle de réflexion international ultra-sélect où ministres, banquiers et chefs d’État redessinent l'avenir économique du continent. Pour les dirigeants africains de l’époque, Diawara n'est pas seulement un expert : il est la caution morale, l’homme intouchable en qui l'on croit les yeux fermés.
C'est précisément cette confiance aveugle qui va lui servir de clé de voûte. Au début des années 1980, reconverti dans l’intermédiation financière internationale, Diawara se tourne vers la CEAO (la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, ancêtre directe de l'UEMOA). L'organisation dispose alors d'une colossale réserve financière : le Fosidec (Fonds d'intervention et de solidarité pour le développement), destiné à construire les infrastructures de la sous-région. Diawara présente aux dirigeants de l’institution une offre irrésistible. Il leur propose de sortir ces fonds des circuits classiques pour les placer à l'étranger, à des taux d'intérêt extrêmement rémunérateurs. La mécanique est huilée : Diawara transfère ainsi 6,5 milliards de francs CFA à un autre intermédiaire, arrivant à faire croire que le trésor dort en sécurité dans les coffres secrets de banques suisses de premier ordre. Protégé par son statut d'ancien ministre et d'ami intime des présidents, Diawara échappe aux audits et aux contrôles de routine. Les chèques sont visés et signés sans que personne n'ose questionner sa probité.
Mais le mirage s'estompe brutalement au milieu de la décennie. Confrontée à une crise de liquidités, la CEAO demande le rapatriement de ses fonds. C'est le choc : l'argent est introuvable. Mohamed Diawara se révèle incapable de restituer les milliards de la communauté ou même de fournir le moindre justificatif comptable transparent sur leur usage réel. Les révélations de l'époque lâchent une bombe médiatique qui terrifie les chancelleries : la cagnotte du développement régional a été pillée.
Le dénouement de ce feuilleton sera à la hauteur de son personnage. Le 28 octobre 1984, se pensant protégé par son réseau diplomatique, Mohamed Diawara se rend en toute assurance à Bamako, au Mali, pour assister au sommet de la CEAO. Le piège se referme en plein vol. À l'aéroport, il est cueilli par les forces de sécurité. Ses complices internes, le Sénégalais Moussa Ngom (Secrétaire général de la CEAO) et le Malien Moussa Diakité (Directeur du Fosidec), sont arrêtés avec lui, menottés devant leurs pairs. Le trio est immédiatement extradé vers Ouagadougou, au Burkina Faso, où siège l'organisation. À la tête du pays se trouve alors le capitaine Thomas Sankara. Pour le jeune révolutionnaire, ce procès est l'occasion parfaite de faire un exemple mondial contre l'impunité des élites. En avril 1986, le verdict des Tribunaux populaires de la Révolution (TPR) tombe comme un couperet : Diawara est condamné à 15 ans de prison ferme et à la confiscation de ses biens pour restituer le butin.
Après avoir purgé plusieurs années de détention, Diawara bénéficiera finalement d'une libération au début des années 1990 à la faveur des bouleversements politiques de la sous-région. Brisé mais résilient, il retourne vivre en Côte d'Ivoire dans une discrétion absolue, loin des projecteurs. C’est là qu’il redevient un homme d’influence capital : dans le secret le plus total, il met son génie de l'ombre au service des présidents successifs, agissant comme conseiller stratégique discret pour Henri Konan Bédié puis pour Laurent Gbagbo. Il continuera de murmurer à l'oreille du pouvoir ivoirien jusqu'à son dernier souffle, avant de s'éteindre en 2004 à Abidjan. Ce braquage financier sonnera la mort clinique de la CEAO, moralement et financièrement liquidée par l'affaire, forçant les États membres à la dissoudre pour créer l'UEMOA en 1994, avec un mot d'ordre strict : verrouiller à double tour les mécanismes d'audit pour qu'aucun homme, aussi puissant soit-il, ne puisse plus jamais faire s'évaporer la fortune de la région vers la Suisse.

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