09/06/2026
𝗟𝗲 𝗠𝗮𝗹𝗶 𝗻’𝗮 𝗽𝗮𝘀 𝗯𝗲𝘀𝗼𝗶𝗻 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗽𝗶𝗲𝗿 𝗹𝗲 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗶𝗺𝗽𝗿𝗲𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗿 𝗹𝗲 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗲 : 𝗢𝘂𝗶 𝗷𝗲 𝗺𝗲𝘁𝘀 𝗮𝘂𝘀𝘀𝗶 𝗺𝗮 𝗯𝗼𝘂𝗰𝗵𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗲𝗿𝘁 𝗱𝗲 𝗞𝗼𝘂𝗹𝗶𝗸𝗼𝗿𝗼… 😄
Comme j'avais énormément de travail ces derniers jours, je n'avais pas vraiment suivi l'affaire. Mais on m'a rapporté qu'il y a même des personnes qui encouragent cela.
Je respecte profondément l'énergie, le courage et la volonté de créer qui se cachent derrière cette initiative d'organiser un concert dans le contexte actuel de notre pays. Oser est toujours préférable à l'inaction.
Je comprends la position de certains acteurs culturels et des médias qui tentent de défendre cette démarche. Cependant, je pense qu'ils mélangent plusieurs questions différentes : 𝗹𝗲 𝗰𝗼𝘂𝗿𝗮𝗴𝗲 𝗱'𝗼𝘀𝗲𝗿, 𝗹𝗮 𝗾𝘂𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝗹'𝗲𝘅𝗲́𝗰𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗹𝗮 𝘀𝗲́𝗰𝘂𝗿𝗶𝘁𝗲́, 𝗹'𝗶𝗻𝗻𝗼𝘃𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝗹'𝗶𝗺𝗮𝗴𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹'𝗼𝗻 𝗽𝗿𝗼𝗷𝗲𝘁𝘁𝗲.
Oui, nos jeunes doivent rêver grand. Oui, ils doivent expérimenter. Oui, ils ont besoin d'avantage d'accompagnement. Mais notre ambition ne devrait pas être de reproduire, avec moins de moyens, ce qui se fait ailleurs. 𝗡𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗮𝗺𝗯𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘃𝗿𝗮𝗶𝘁 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝗱'𝗶𝗻𝘃𝗲𝗻𝘁𝗲𝗿 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗻𝗲 𝘀𝗲 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗻𝘂𝗹𝗹𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁 𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀.
Et pour cela, nous n'avons pas besoin d'aller chercher très loin. Nous possédons déjà la plus grande des richesses : notre patrimoine culturel, nos récits, nos symboles, nos savoir-faire et nos imaginaires.
𝗜𝗹 𝗲𝘀𝘁 𝗶𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲 𝗰𝗲𝗿𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗵𝘂𝗺𝗮𝗶𝗻 𝗿𝗲𝘁𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁𝗮𝗴𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗶𝗺𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗺𝗮𝗿𝗾𝘂𝗮𝗻𝘁𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗼𝘁𝗶𝘃𝗲𝗻𝘁. 𝗟𝗼𝗿𝘀𝗾𝘂𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘁𝗲 𝗹'𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻 𝘀𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗰𝗮𝗿𝗮𝗰𝘁𝗲̀𝗿𝗲 𝗺𝗮𝗹𝗮𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁 𝗱'𝘂𝗻𝗲 𝗺𝗶𝘀𝗲 𝗲𝗻 𝘀𝗰𝗲̀𝗻𝗲, 𝗹𝗲 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗰 𝗻𝗲 𝗿𝗲𝘁𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗹𝗲 𝗿𝗲̂𝘃𝗲 ; 𝗶𝗹 𝗿𝗲𝘁𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲 𝗿𝗶𝗱𝗶𝗰𝘂𝗹𝗲. 𝗖'𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝗿𝗳𝗼𝗶𝘀 𝗶𝗻𝗷𝘂𝘀𝘁𝗲, 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗰'𝗲𝘀𝘁 𝗮𝗶𝗻𝘀𝗶 𝗾𝘂𝗲 𝗳𝗼𝗻𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗲𝗿𝗰𝗲𝗽𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗵𝘂𝗺𝗮𝗶𝗻𝗲. 𝗖𝗲𝘂𝘅 𝗾𝘂𝗶 𝗲𝗻 𝗿𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗱𝗼𝗻𝗰 𝗽𝗮𝘀 𝗻𝗲́𝗰𝗲𝘀𝘀𝗮𝗶𝗿𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗺𝗮𝘂𝘃𝗮𝗶𝘀𝗲 𝗳𝗼𝗶 ; 𝗶𝗹𝘀 𝗿𝗲́𝗮𝗴𝗶𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁 𝘀𝗼𝘂𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗮̀ 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗰𝗲𝗿𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗽𝗲𝗿𝗰̧𝗼𝗶𝘁 𝗲𝗻 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲𝗿.
Je salue donc la volonté d'oser. Mais je crois que notre responsabilité, surtout en tant qu'acteurs culturels et de médias, est aussi d'encourager une autre voie : celle de la création enracinée dans nos réalités, nos patrimoines et nos imaginaires.
Le développement culturel ne consiste pas seulement à faire comme les autres. Il consiste à proposer au monde quelque chose qu'il n'a encore jamais vu.
L'imitation peut être une étape de l'apprentissage. Elle ne doit pas devenir notre destination.
Le Mali possède suffisamment de génie créatif, d'histoires, de traditions, de paysages et de talents pour produire des spectacles remarquables sans avoir à courir derrière les modèles des autres.
Encourageons les rêves. Mais encourageons surtout l'invention.