02/03/2026
Mossadeck Bally nommé PCA de l’INPS : une présidence du CNPM sous fortes turbulences
La nomination de M. Mossadeck Bally, désigné Président du Conseil d’Administration (PCA) de l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS) lors de la 109ᵉ session du Conseil d’administration, intervient dans un contexte particulièrement tendu au sein du Conseil National du Patronat du Mali (CNPM), qu’il dirige depuis octobre 2022.
Alors que le CNPM est censé défendre les intérêts des entreprises de tous les secteurs d’activités et fédérer les opérateurs économiques autour des grandes réformes structurelles, plusieurs voix dénoncent aujourd’hui une gouvernance jugée clivante et controversée.
Au cœur des critiques figure un projet de révision des textes du CNPM. Selon certaines sources, cette initiative se ferait au détriment des Groupements Professionnels, composantes essentielles de la faîtière. Lesquels groupements seraient condamnés à disparaître, n’ayant plus de sièges, et dont les secrétaires permanents auraient été licenciés. D’aucuns estiment que cette orientation favoriserait davantage les grandes entreprises et multinationales, au détriment des entreprises nationales, en contradiction avec la vision de développement endogène et les politiques nationales de promotion du secteur privé prônées par l’État. Cette réforme risquerait d’accentuer les divisions internes et d’affaiblir davantage la cohésion du patronat malien.
Des critiques émergent également concernant la gestion des ressources humaines. Les bruits de couloir autour d’un éventuel plan social alimentent la tension, certaines décisions étant perçues comme prises sans l’aval de l’ensemble des membres. Un plan social visant 25 employés - un effectif déjà jugé insuffisant - est-il réellement justifié ?
Dans le même temps, des recrutements opérés sans respect des procédures habituelles sont évoqués, ainsi qu’une influence présumée de proches du Président dans la gestion administrative et financière de l’organisation. L’implication supposée de personnels issus de son entreprise dans la gestion du CNPM est également décriée, certains estimant que ces pratiques ne correspondent pas à celles des précédentes mandatures.
Parmi les motifs avancés, des difficultés financières seraient invoquées pour justifier certaines décisions internes, alors même que l’organisation disposerait de placements financiers importants.
La rénovation du siège du CNPM constitue un autre point de crispation. Lancé initialement pour quelques mois et pour un coût estimé à 100 millions de FCFA, le projet s’étendrait désormais sur près de deux ans. Son coût est aujourd’hui évalué à environ 800 millions de FCFA, alors que le bâtiment lui-même avait coûté 1,4 milliard de FCFA. L’inauguration, annoncée à plusieurs reprises, aurait été reportée. Des membres s’interrogent sur la valeur ajoutée réelle de cette rénovation, alors même que les recettes locatives auraient baissé et que le coût de location des salles aurait augmenté.
À mi-parcours d’un mandat prévu jusqu’en octobre 2027, le bilan est jugé décevant par de nombreux membres :
* absence de réformes majeures obtenues auprès de l’État ;
* plaidoyers considérés comme inaboutis ;
* détérioration du climat de dialogue avec les pouvoirs publics ;
* divisions internes accrues au sein du secteur privé.
Selon les dires, la gouvernance actuelle du CNPM privilégierait davantage la communication et la visibilité personnelle que des résultats concrets au bénéfice des entreprises membres.
Face à cette situation, les autorités sont appelées à suivre de près l’évolution du CNPM et à veiller à ce que l’organisation demeure alignée sur sa mission première : défendre les intérêts du secteur privé, fédérer les opérateurs économiques et accompagner l’État dans sa mission de développement économique.
Certaines questions restent posées :
Le Patronat malien est-il aujourd’hui en phase avec sa vision fondatrice et les attentes des entreprises qu’il représente ?
Est-ce que le CNPM est crédible ?
L’équipe dirigeante (composé de certains vrais patrons et employés dirigeants de société) est-elle capable de représenter le secteur privé?
Ce qui est sûr, le Patronat actuel est tout le contraire d’une représentation de vrais acteurs du secteur privé. Il tend vers un club où un groupuscule qui veut s’accaparer de tout.
La suite dans nos prochaines publications.
La rédaction.