01/06/2026
Moody’s maintient la note du Mali à Caa2 malgré les défis sécuritaires et salue la résilience de l’économie
L’agence internationale de notation Moody’s a confirmé la note souveraine du Mali à Caa2 lors de sa r***e de 2026. Si la perspective est passée de « Stable » à « Négative » en raison des risques sécuritaires, l’agence souligne la solidité des fondamentaux macroéconomiques du pays, la maîtrise des finances publiques et des perspectives de croissance jugées favorables à moyen terme.
Moody’s confirme la note souveraine du Mali
Le Mali conserve sa note souveraine Caa2. À l’issue de sa r***e périodique de 2026, l’agence de notation Moody’s a maintenu l’évaluation attribuée au pays depuis février 2022, dans un contexte alors marqué par les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA. Cette notation avait déjà été reconduite lors des exercices de 2023 et 2024.
L’agence a toutefois révisé la perspective associée à cette note, la faisant passer de « Stable » à « Négative ». Selon Moody’s, cette décision reflète une perception accrue des risques sécuritaires, notamment après les attaques enregistrées le 25 avril 2026. L’agence précise néanmoins que ces incidents ont jusqu’à présent été contenus par les Forces armées maliennes.
Une économie jugée résiliente
Malgré cette révision de perspective, Moody’s met en avant la capacité de l’économie malienne à résister aux chocs internes et externes. L’agence souligne que le produit intérieur brut (PIB) réel a progressé de 5,6 % en 2025, porté par les performances du secteur primaire et des services.
Cette dynamique a permis de compenser en partie les effets du recul de la production aurifère ainsi que les perturbations observées dans l’approvisionnement énergétique.
L’agence relève également les efforts déployés par les autorités pour préserver l’équilibre des finances publiques dans un contexte marqué par l’augmentation des dépenses de sécurité et la réduction des appuis budgétaires extérieurs. Entre 2023 et 2025, le déficit budgétaire a ainsi été contenu à une moyenne de 2,3 % du PIB.
Des finances publiques sous contrôle
Moody’s met en exergue les progrès réalisés dans la mobilisation des recettes publiques grâce aux réformes engagées dans l’administration fiscale. L’amélioration du recouvrement des recettes, combinée à une maîtrise des dépenses publiques, a contribué au maintien d’un niveau d’endettement jugé modéré.
La dette publique s’est établie à 41,8 % du PIB en 2025, un niveau largement inférieur au seuil communautaire fixé par l’UEMOA.
Des perspectives de croissance favorables
Pour les trois prochaines années, Moody’s anticipe une croissance économique avoisinant 5 % par an. Cette progression devrait être soutenue par l’augmentation de la production minière, la poursuite des programmes de développement et une gestion prudente des finances publiques.
Selon l’agence, ces facteurs devraient permettre au Mali de maintenir une trajectoire économique positive malgré la persistance des défis sécuritaires.
Des indicateurs conformes aux critères de l’UEMOA
Les performances macroéconomiques enregistrées en 2025 confortent cette appréciation. Le Mali a respecté les trois critères de premier rang du Pacte de convergence de l’UEMOA :
- un déficit budgétaire global limité à 1,6 % du PIB, contre une norme communautaire de 3 % ;
- un taux d’inflation de 2,3 %, inférieur au plafond fixé à 3 % ;
- un ratio d’endettement public de 41,8 % du PIB, bien en dessous du seuil communautaire de 70 %.
Ces résultats témoignent de la solidité des fondamentaux économiques du pays dans un environnement international marqué par de fortes incertitudes.
Une confiance soutenue des investisseurs
La confiance des investisseurs envers la signature souveraine du Mali demeure également soutenue sur le marché financier régional.
Au premier trimestre 2026, les émissions de titres publics maliens ont affiché un taux moyen de couverture de 176,36 %. Cette dynamique s’est renforcée lors de l’opération réalisée le 27 mai 2026, qui a enregistré un taux de couverture de 213,73 %.
Dans le même temps, les conditions de financement se sont améliorées. Le taux moyen pondéré des Bons du Trésor à 364 jours est passé de 8,74 % au premier trimestre 2025 à 6,53 % sur la même période en 2026, avant de reculer à 4,81 % lors de la dernière émission.
Ces performances traduisent la confiance des marchés dans la capacité du Mali à honorer ses engagements financiers et à préserver sa stabilité macroéconomique.
Le soutien des partenaires financiers se poursuit
Les principaux partenaires techniques et financiers du Mali poursuivent leur accompagnement dans le financement des projets structurants du pays. La Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) ainsi que plusieurs autres institutions internationales continuent d’appuyer la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033), première phase de la Vision « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma ».
Bloomfield confirme également la solidité du profil souverain
L’évaluation de Moody’s rejoint celle de Bloomfield Investment Corporation. Dans son rapport publié en décembre 2025, l’agence régionale a maintenu le Mali dans la catégorie des « Notes d’investissement », avec une note de long terme BBB assortie d’une perspective Stable et une note de court terme A3 également Stable.
Bloomfield justifie cette appréciation par le dynamisme de la croissance économique, la progression des recettes budgétaires, la maîtrise du déficit public, la modernisation de l’administration fiscale à travers la digitalisation des procédures et l’amélioration du climat des affaires.
Des évaluations convergentes
Au-delà des préoccupations sécuritaires, les évaluations de Moody’s et de Bloomfield convergent vers le même constat : l’économie malienne continue de faire preuve de résilience. Les deux agences mettent en avant la solidité des fondamentaux macroéconomiques, la prudence dans la gestion des finances publiques et la poursuite des réformes structurelles comme principaux atouts du pays pour préserver sa stabilité et soutenir sa croissance.
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