04/06/2026
FEMAFOOT : quand le portrait-robot du sélectionneur finit à la poubelle !
Pourquoi certaines promesses vieillissent mal ? Très mal d'ailleurs.
Au moment de solliciter la confiance du monde du football malien, le président de la FEMAFOOT avait pourtant été catégorique. Le futur sélectionneur des Aigles ne serait pas un coach blanc. Il serait malien ou africain. Il disposerait d'une autorité naturelle. Il connaîtrait les réalités du football continental. Mieux encore, il aurait déjà gagné la CAN ou disputé une finale africaine.
Le message était clair : le Mali voulait un technicien de référence, un homme d'expérience, un bâtisseur capable d'apporter enfin au football malien les résultats que son immense potentiel mérite.
Puis vint l'exercice du pouvoir. Un appel à candidatures est lancé avec un battage médiatique important. Des centaines de milliers de supporters attendent avec impatience l'arrivée du fameux profil exceptionnel promis.
Une short-list est publiée. Très vite, le processus commence à se fissurer. Badou Zaki dément sa participation. Florent Ibengé, présenté comme le grand favori, refuse finalement de rejoindre l'aventure.
À partir de cet instant, la FEMAFOOT donne l'impression d'un navire cherchant désespérément un cap.
Les jours passent et défilent. Les explications se multiplient. Les spéculations aussi. Pendant ce temps, la fenêtre FIFA s'ouvre puis se referme. Les Aigles restent sans sélectionneur officiel alors que les grandes nations préparent déjà leurs prochaines échéances.
Et au bout de cette interminable séquence apparaît finalement un nom que personne ou presque n'avait vu venir : Da Silva.
Difficile alors de ne pas poser une question simple : où est passé le fameux portrait-robot ?
Où est le coach africain annoncé ?
Où est le vainqueur de CAN promis ?
Où est l'autorité naturelle tant vantée ?
Où est le technicien de référence présenté comme la pièce maîtresse du nouveau projet ?
À l'arrivée, le football malien hérite d'un entraîneur portugais dont le CV ne correspond manifestement pas aux critères publiquement défendus pendant la campagne.
Cette affaire laisse une impression désagréable : celle d'une institution qui a fixé des critères pour convaincre l'opinion avant de les abandonner une fois arrivée au pouvoir.
Comme si l'objectif n'était pas de respecter une vision, mais simplement de franchir la ligne d'arrivée.
Le plus inquiétant n'est d'ailleurs pas le choix de Da Silva lui-même. Tout entraîneur mérite d'être jugé sur ses résultats. Le problème réside dans la méthode, les contradictions et le manque de cohérence.
Car une institution forte ne se mesure pas à sa capacité à faire des promesses. Elle se mesure à sa capacité à les respecter.
Au même moment, les Aigles du Mali battus en préparation se retrouvent également sans équipementier après la rupture avec Airness. Le sélectionneur tarde à être désigné, l'équipementier disparaît, les échéances sportives approchent et les interrogations s'accumulent.
Le football malien avait besoin d'une vision.
Il assiste aujourd'hui à une série d'improvisations.
Et lorsque les actes contredisent les discours, ce ne sont pas seulement les promesses qui perdent de leur valeur.
C'est la crédibilité de l'institution elle-même qui commence à entrer sur le terrain.
Ladji Thiero