17/08/2026
🟥🟩⬛ MARTINIQUE | CONSERVATOIRE, OUI… MAIS QUI VA PAYER ?
S’il est aisé de reconnaître l’intérêt culturel d’un Conservatoire de musique, de danse et d’art dramatique en Martinique — comme ailleurs — il faudrait aussi savoir faire preuve de courage dans l’analyse et considérer qu’au regard de la situation actuelle du territoire, sa création pose une vraie question de priorité.
Le débat n’est pas d’être pour ou contre la culture. Bien sûr que non !
Il est de savoir si nous avons, aujourd’hui — au moment même où nous parlons — les moyens de financer durablement une telle institution publique.
Et surtout, la vraie question, invariante :
QUI VA PAYER ?
Le bâtiment représente environ 12,1 M€ d’investissement :
➡️ 8,5 M€ de FEDER
➡️ 3,6 M€ de CTM.
Mais si construire un conservatoire est une chose, le faire fonctionner pendant vingt ou trente ans en est une autre.
Il faudra ensuite financer, chaque année : enseignants, personnels administratifs, instruments, équipements, entretien, énergie, maintenance, sécurité, programmation, fonctionnement pédagogique, communication…
Or les fonds européens ayant permis de financer l’investissement ne financeront pas durablement ces dépenses courantes.
La charge reposera donc principalement sur la puissance publique et, dans le montage actuel, sur la CTM.
Autrement dit : c’est nous qui paierons collectivement.
Et c’est précisément là que la question des PRIORITÉS devient incontournable.
Car nous devons déjà financer :
➡️ les transports
➡️ l’eau et l’assainissement
➡️ les routes
➡️ le logement
➡️ la protection de l’enfance
➡️ le vieillissement et la dépendance
➡️ la formation et l’emploi
➡️ le développement économique
➡️ la transition énergétique
➡️ la prévention des risques naturels.
Dans une Martinique qui perd sa population et dont les finances publiques sont fortement contraintes, pouvons-nous considérer qu’un nouveau conservatoire constitue aujourd’hui une priorité ?
Nous pensons, au contraire, qu’une autre voie mérite au moins d’être examinée.
Pourquoi ne pas renforcer d’abord les écoles de musique, les associations, les artistes-enseignants et les structures qui existent déjà ?
Pourquoi ne pas investir davantage dans les instruments pour les jeunes, les bourses, les studios mutualisés, les enseignements itinérants dans les communes et les pratiques musicales martiniquaises et caribéennes ?
Nous pourrions peut-être toucher davantage de Martiniquais sans créer immédiatement une nouvelle charge institutionnelle permanente.
Une question devrait donc être rendue publique avant l’ouverture :
💶 COMBIEN LE CONSERVATOIRE COÛTERA-T-IL CHAQUE ANNÉE ?
Et précisément :
QUI PAIERA ?
Nous ne voudrions ni dire ni même laisser entendre que la culture n’est pas importante.
Nous disons simplement que tout projet culturel n’est pas automatiquement prioritaire parce qu’il est présenté au nom de la culture, de l’identité ou du patrimoine.
Gouverner, c’est aussi hiérarchiser.
Choisir.
Et parfois différer une bonne idée lorsque d’autres urgences sont plus pressantes.
Un conservatoire en Martinique ?
Pourquoi pas.
Mais maintenant ?
Et à quel prix ?
Et vous, qu’en pensez-vous ?