19/09/2026
Affaire El Heybe Ould Cheikh Sidaty : les dessous d'une convocation fondée sur un malentendu numérique
*Nouakchott — Un imbroglio digital aux conséquences judiciaires immédiates. Le journaliste et directeur de rédaction du site d'information
Al-Akhbar, El Heybe Ould Cheikh Sidaty, a été auditionné ce jour par les services de lutte contre la cybercriminalité relevant de la Gendarmerie nationale, avant d'être rapidement remis en liberté.
À l'origine de cette procédure express : une confusion liée à la résurgence sur les réseaux sociaux d'une ancienne déclaration publique.
Anatomie d'un quiproquo*
L'affaire s'est emballée à la suite de la diffusion récente, par un blogueur, d'une déclaration attribuée à une personnalité publique et initialement relayée par l'agence Al-Akhbar. Présenté par cet internaute comme une prise de parole d'actualité, le propos a immédiatement attiré l'attention des autorités.
Convoqué pour s'expliquer sur ce contenu perçu comme une publication récente du média qu'il dirige, El Heybe Ould Cheikh Sidaty a pu rapidement clarifier la situation face aux enquêteurs. Les vérifications techniques ont en effet confirmé que la déclaration en question était authentique, mais qu'elle remontait à 2021. Al-Akhbar n'avait donc commis aucune infraction ni diffusé de faux contenu contemporain ; l'élément avait simplement été décontextualisé et réexploité à son insu sur les plateformes numériques.
Fin de procédure et remise en liberté
Constatant l'absence d'élément matériel et la nature anchronique de la publication à l'origine de l'alerte, la brigade de cybercriminalité a clos l'enquête dans la foulée. Le confrère a pu quitter les locaux de la gendarmerie peu de temps après le début de son audition.
Cet incident met une nouvelle fois en lumière les dérives de la circulation de l'information sur les réseaux sociaux, où la décontextualisation de données anciennes peut en un instant induire l'opinion publique — et les services de sécurité — en erreur.