30/12/2025
🚨Sortir du franc CFA est un slogan puissant. La réalité économique est plus complexe.
Le CFA est souvent présenté comme la cause du sous-développement africain. C’est une lecture confortable, mais réductrice.
Aujourd’hui, il ne constitue plus une rente pour la France. Les principaux bénéficiaires de sa stabilité sont surtout la Chine, l’Allemagne, la Turquie ou les pays du Golfe.
Faut-il sortir du CFA ? Oui, le débat est légitime. Mais la vraie question est : pour faire quoi ensuite ?
Les grands contrats africains tels que mines, pétrole, infrastructures, armement ne se font jamais en monnaie locale. Même hors CFA, le naira, le kwanza ou le cedi ne servent pas aux règlements stratégiques.
Dans les faits, sortir du CFA signifie souvent passer du CFA au dollar.
Avec tout ce que cela implique : sanctions américaines, extraterritorialité du droit US, dépendance aux circuits financiers américains.
Paradoxalement, ce sont les investisseurs que l’Afrique courtise le plus comme la Chine, pays du Golfe qui cherchent à éviter le dollar… et préfèrent la stabilité du CFA.
La monnaie nationale reste utile pour l’économie quotidienne et informelle.
Mais sans marchés financiers profonds, discipline budgétaire, banques solides et base exportatrice diversifiée, elle restera une monnaie interne, pas internationale.
La monnaie n’est ni la cause ni la solution du développement.
Sortir du CFA sans transformer le système économique, c’est changer la monnaie sans changer la réalité.