04/05/2026
🧮 Mali + Russie : la note, en chiffres. Quatre ans de dépenses. Zéro territoire sécurisé.
Depuis l'arrivée de Wagner fin 2021, Bamako a englouti une somme colossale dans son effort de guerre. Voici le décompte, poste par poste.
📌 Budgets défense officiels (2021–2025)
Selon les données SIPRI et les rapports d'exécution budgétaire maliens : 653 M$ en 2021, 582 M$ en 2022, 785 M$ en 2023, 1,11 milliard en 2024 — et 860 M$ pour 2025.
Soit près de 4 milliards de dollars rien que pour la Défense.
📌 Budget Sécurité (gendarmerie, police, renseignement)
Distinct du budget Défense. En 2025 seul : 820 M$. Sur cinq ans, environ 2 milliards supplémentaires.
📌 Contrats Wagner puis Africa Corps
La facture russe a été reconstituée par Jeune Afrique : 681 M$ pour les trente derniers mois de Wagner, 202 M$ pour le premier contingent Africa Corps.
Soit près de 900 millions de dollars pour les mercenaires russes.
📌 Achats d'armement
Un contrat secret de 210 M$ pour 6 drones Akinci, signé le 15 août 2024 par le chef du renseignement malien — à l'insu du ministre de la Défense Sadio Camara, selon un document confidentiel révélé par Mondafrique et Jeune Afrique. À cela s'ajoutent au moins 17 Bayraktar TB2 (entre 2 et 4 M$ l'unité), et des livraisons russes répétées de Su-25, L-39 Albatros, Mi-8, Mi-171 — dont les montants n'ont jamais été divulgués.
Les importations d'armes maliennes ont explosé de +210% entre 2018 et 2022 selon le SIPRI, tendance qui s'est encore accentuée.
Total estimé : entre 5,5 et 7 milliards de dollars selon le périmètre retenu.
Et le résultat ?
📍 Kidal — reprise avec Wagner en nov. 2023. Perdue en 48h le 26 avril 2026.
📍 Ber, Tessit, Intahaka — évacués sans combat.
📍 Tessalit — aux mains des groupes armés depuis le 1er mai.
📍 Tombouctou — encerclée des deux côtés du fleuve Niger.
📍 Bamako — sous blocus partiel depuis l'automne 2025.
Le ministre de la Défense Sadio Camara, l'homme qui avait tout misé sur Moscou, est mort dans un attentat-suicide le 26 avril.
Les Russes, eux, ont négocié leur retrait de Kidal en bon ordre. Et demandé "plus de détails" avant d'intervenir lors du blocus du carburant.
Des milliards engloutis. Une armée qui recule. Un pays au bord du gouffre.
Ce n'est pas un bilan sécuritaire. C'est une démonstration par l'absurde.
Sources : SIPRI, Jeune Afrique, Mondafrique, Agence Ecofin, France 24, The Sentry, Military Africa