13/01/2026
En France, un mouvement de protestation a changé le paysage des rues.
Fin 2018, les gilets jaunes descendent manifester contre la hausse des prix du carburant et le coût de la vie.
Très vite, les rendez-vous hebdomadaires deviennent une colère plus large contre les inégalités sociales. Face à eux : gaz lacrymogène, LBD, gr***des. Des armes dites « non létales », jamais pensées pour des foules. À Bordeaux, le photographe Steven Monteau voit des proches perdre un œil, une main, parfois leur avenir.
Quand son ami Antoine perd une main à cause d’une gr***de GLI-F4, tout bascule. Monteau ne choisit pas la vengeance. Il choisit de créer. Il récupère les restes de ces armes, flashballs, tubes de gaz, éclats de gr***de, et les transforme en appareils photo.
Des outils de répression deviennent des outils pour documenter ce qui se passe dans la rue.
Avec ces caméras bricolées, il photographie la violence semaine après semaine. Les défauts des armes laissent passer la lumière là où elle ne devrait pas. Les images sont abîmées, floues, instables. Comme la vision sous les gaz. Le 1er mai 2019, Monteau est arrêté. La police détruit l’une de ses caméras, la prenant pour un explosif. Trois jours plus t**d, il la récupère : cabossée, mais toujours fonctionnelle. Comme ceux qui continuent de manifester.
On attend souvent des photographes qu’ils soient neutres. Monteau ne l’est pas. Il a choisi son camp. Celui de la rue. Ce n’est pas une histoire d’art. C’est une histoire de ce qu’on fait avec ce qui nous reste.
📸 : Steven Monteau
✍🏼 : Martin Fort