26/06/2026
J'EN AI POUR 5 MN
Amis Moldus , si vous vivez avec un cavalier vous avez sans doute constaté qu'Il existe pour eux une unité de temps très particulière. Une unité qui n'a jamais été reconnue par les physiciens, mais qui mériterait pourtant une place dans le classement , quelque part entre la seconde et l'année-lumière : le "je vais juste passer cinq minutes aux chevaux".
Vu de loin elle a la même valeur que " je prends juste un carré de chocolat" ou " je regarde juste un épisode ".
Mais ne vous y trompez pas , amis moldus , c'est une phrase que l'homme ou la femme de cheval prononce avec une réelle sincérité !
"J'y vais cinq minutes, je reviens."
À ce moment-là, on y croit vraiment.
Car l'objectif est simple , il consiste uniquement à proposer du foin , donner un traitement à Doc et faire une caresse à Bonbon ( ou plutôt vérifier s'il respire encore ). Une formalité.
Puis, en arrivant, on remarque qu'un isolateur est cassé.
"Je vais juste le remettre..mais, il est tordu ce poteau ?!"
En allant chercher un isolateur et une masse pour remettre le poteau d'aplomb on voit que l'abreuvoir est presque vide.
" Je vais le remplir , comme ça ça sera fait , j'ai juste à retourner a l'écurie pour tourner le robinet"
Pendant qu'il se remplit, Doc décide que c'est l'instant idéal pour perdre un fer... enfin non, juste le faire sonner bizarrement sur un caillou, histoire de provoquer une inspection complète des quatre pieds. En relevant la tête on constate qu'Uvilla a encore enlèvé son masque et avait maintenant plus de mouches sur sa tête que de supporters au départ du Tour de France... Reste plus qu'à arpenter la pâture en express pour retrouver le masque perdu en passant le sol au rayon X comme un cochon truffier pour finalement retrouver le masque accroché a la branche d'un arbre. Reste a attraper Uvi qui n'a pas dû tout l'intention de se laisser approcher si l'on a un masque à la main.
En relevant la tête, on découvre Merlin qui observe la scène au dessus de la porte de son champ , sur laquelle le fil du bas est rompu .
On le remet rapidement.
Au passage, on se dit qu'il faudrait peut-être débroussailler un peu autour du fil , si le courant passait , ce fil ne serai probablement pas au sol ... On va pas sortir la débroussailleuse, mais un coup de tenaille ( qui traine toujours sur le parking en vas d'urgence clôture ) fera le job ...
C'est là qu'on remarque qu'un chardon pousse juste à côté. On l'arrache vite fait...Puis un deuxième , Puis toute la rangée.
À cet instant, un notification WhatsApp se fait entendre.
"Tu fais quoi ?"
"Rien... j'arrive"
Techniquement, ce n'est pas faux , on est sur le départ depuis approximativement 20mn.
À ce moment-là, le chien se décide a prendre en chasse un papillon, les poules envahissent la sellerie restée ouverte , Bonbon apparaît mystérieusement de l'autre côté de la clôture sans que personne ne comprenne comment il a fait, et on réalise que l'on n'as toujours pas distribué le foin qui était pourtant l'objectif initial.
Deux heures plus t**d, on est couvert de poussière , un tournevis dans une poche , une tenaille dans une main, un licol dans l'autre , près d'une brouette qu'on ne se souvient même plus avoir sortie.
Le pire, c'est qu'on n'a toujours pas fait ce pour quoi on était venu , vérifier la respiration de bonbon.
Au retour le moldu demande :
"Ba...qu'est ce que t'as foutu ?"
Et, sans la moindre hésitation, on répond :
"Rien de spécial."
C'est probablement ça, finalement, être propriétaire de chevaux.
Passer sa journée entière à résoudre des problèmes qui n'existaient pas quand on est arrivé... et repartir malgré tout avec la sensation étrange de ne pas avoir eu le temps de faire ce qu'on était venu faire.
Les crins de verdure
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