01/09/2026
La colère gronde au sein du secteur agricole. Alors que les exploitants tentent de maintenir la tête hors de l'eau, une nouvelle augmentation du prix des carburants — actée par la Préfecture — vient fragiliser un équilibre déjà précaire. La FDSEA de La Réunion dénonce un mécanisme qui efface, mois après mois, les efforts de soutien pourtant négociés.
C’est un coup dur pour les agriculteurs de l’île. Depuis ce matin, le tarif du GNR (Gazole Non Routier) et du gazole a grimpé de 13 centimes par litre, portant le GNR à 1,15 €/L. Une hausse brutale qui place les exploitants dans une situation intenable.
La pilule a du mal à passer pour la profession. « À quoi bon avoir négocié des aides et des compensations financières sur le GNR si la régulation mensuelle des prix vient tout effacer en quelques semaines ? », s'interroge la FDSEA.
Pour le syndicat, le constat est clair : les efforts d'accompagnement consentis par l'État pour alléger la facture des agriculteurs sont immédiatement absorbés par la hausse des prix administrés. Cette mécanique de "donner d'un côté pour reprendre de l'autre" crée un sentiment d'injustice profonde.
Le timing est particulièrement critique. En pleine campagne sucrière et période de préparation des sols, l'activité est intense : les tracteurs et les engins agricoles doivent tourner sans relâche. Cette hausse des charges arrive au pire moment, dans un contexte où les trésoreries sont déjà asphyxiées par l'explosion du coût des intrants (engrais, alimentation animale, matériel).
« On ne peut pas demander aux producteurs de garantir la souveraineté alimentaire de l’île tout en augmentant leurs coûts de production à chaque début de mois », martèle la FDSEA.
Face à ce qu’elle considère comme une impasse économique, la FDSEA de La Réunion demande désormais des comptes. Le syndicat exige la mise en place d'un véritable « bouclier tarifaire agricole pérenne ».
L'enjeu est de taille : il ne s'agit pas seulement de la survie financière des exploitations, mais de la capacité même de La Réunion à produire et à assurer son autonomie alimentaire. Les agriculteurs attendent désormais des décisions concrètes pour stopper cette spirale inflationniste qui menace l'avenir du secteur.
Photo : d'archive Imaz Press Réunion