04/10/2026
Affaire ISEG : comprendre la situation en 6 points
Depuis quelques jours, la polémique autour de l'ISEG et de la « liste » du ministère sème la confusion chez beaucoup d'étudiants et de parents. Voici, simplement, comment fonctionne le système.
1. Un agrément provisoire n'est pas une autorisation à vie.
Le décret n°2018-850 du 11 mai 2018 fixe le statut des établissements privés d'enseignement supérieur. Pour ouvrir, un établissement reçoit d'abord un agrément provisoire, limité dans le temps. Après une année de fonctionnement, il doit demander l'habilitation. Sans cette démarche, l'agrément provisoire ne suffit plus.
2. Chaque site compte.
Une autorisation vaut pour un lieu précis. Être en règle à Dakar ne couvre pas automatiquement une antenne en région ou en banlieue. Chaque campus doit disposer de ses propres autorisations en cours de validité.
3. L'ANAQ-Sup donne un avis ; le ministère décide.
L'ANAQ-Sup évalue la qualité des programmes et émet un avis. La décision d'habilitation appartient au ministère de l'Enseignement supérieur. La lettre de l'ANAQ-Sup publiée par l'ISEG le précise elle-même. Un avis favorable est une bonne nouvelle, mais il ne remplace pas la décision ministérielle, et il ne porte que sur les programmes qu'il cite.
4. La formation à distance a ses propres règles.
L'ouverture de formations à distance (F**D) ou de nouvelles filières suit une procédure spécifique. Elle a été précisée en 2026 par un arrêté ministériel et un communiqué de la DGES invitant tous les établissements privés à déposer leurs dossiers. Une ancienne autorisation ne dispense pas de cette procédure.
5. Avoir accueilli des étudiants orientés par l'État ne vaut pas autorisation.
Pendant plusieurs années, faute de places suffisantes dans les universités publiques, l'État a orienté des bacheliers vers des établissements privés et pris en charge leurs frais. C'était une mesure sociale, pas un acte d'autorisation. Une autorisation est un acte administratif précis : elle vise un programme et un site, a une durée de validité et obéit aux règles du décret de 2018. Une mairie qui commande des repas à un restaurant ne lui délivre pas pour autant son autorisation sanitaire.
6. La seule question qui compte.
Il ne s'agit pas de savoir si un établissement est ancien, réputé ou de bonne qualité. La question est simple : *chaque programme, sur chaque site, dispose-t-il aujourd'hui d'une autorisation valide ? Lorsque ce n'est pas le cas, le ministère peut mettre l'établissement en demeure de se régulariser. L'établissement peut alors déposer un dossier complet pour se mettre en règle.