06/09/2025
GAMOU 2025 : RESUME DU DISCOURS DE SERIGNE MOUHAMADOUL MOUSTAPHA SY
Chez les mystiques, les couleurs bleu et marron symbolisent la pureté, la transcendance, l’humilité et une sagesse inouïe résultant de l’expérience. Il y’a ceux qui apprennent, assimilent, puis restituent des connaissances livresques, mais aussi ceux qui vont plus loin en ayant accès à la « ligne téléphonique » qui fait que l’on puisse converser avec le tout puissant. Conversation tout aussi passionnante qui fait dire à Serigne Babacar Sy (rta) que la formule wolof « Yalla waxoul kenn dara » (Dieu verse dans un mutisme total à l’égard de tout un chacun) mérite d’être passée en r***e. Le Seigneur s’adresse encore à quelques privilégiés dans une façon de faire dont lui seul connait le secret.
« Des intellectuels de l’occident ont une fois séjourné à Tivaouane avec pour principal centre d’intérêt le fait de jeter un regard sur la pensée de Seydil Hadj Malick Sy (rta), notamment sur ses dires en wolof. Des assertions dans la langue de Kocc Barma qu’ils ont jugé être d’une profondeur authentique », raconte Al Maktoum lors d’une Conférence sur L’Unicité de Dieu (octobre 1996 au CICES).
Il poursuit : « A la question de savoir si le terme « Sagne Sagne », en référence au ciel, signifiait « Audace », j’ai préféré leur proposer à la place le vocable « Légitimité ». Entendons par là le fait que le Dieu du ciel et de la terre, de l’étoile de Médine (psl) et de l’interlocuteur par excellence (Moise), dicte sa volonté en tant que Créateur, car détenteur de tout ce qui existe. Il arrive quand même que cette volonté se mue en legs qu’il transmet à sa créature.
Et dans ce domaine précis, le Responsable Moral des Moustarchidines reste une figure sur qui son auditoire peut compter, un chef spirituel digne de ce nom pour la Tijanya, un sage pour l’islam et un maitre à penser pour l’humanité. Voilà pourquoi tout ce que Serigne Mouhamadoul Moustapha Sy cite en faisant référence au Coran relève de la légitimité, et non d’une quelconque audace.
Au commencement, était Seydouna Mouhamad (psl), un Prophète que la poésie érige en créature ayant eu le privilège de choisir, au moment de sa création, les traits les plus fins physiquement parlant et les attributs les plus nobles du point de vue de sa posture.
Pour Serigne Moustapha Sy, le verset 4 de la Sourate Al Qalam (Wa Innaka La a’laa Khoulouqine Aziim) étale toute la suprématie de l’Apôtre de Dieu en termes de vertus. Il ne s’agit pas de dire qu’il est plus valeureux que nous autres, mais qu’il demeure le summum de la noblesse en matière de vertus.
Voilà pourquoi, par exemple, un Homme de Dieu à l’image de Cheikh Ahmad Tijany Chérif (rta), en digne héritier du Prophète, incarne une posture symbolisée par des vertus chevaleresques telles chantées par Al Maktoum dans Fa Ileyka (Chiyamoune touhaqiqou djeuwheureul insàne). Et ça donne tout son sens à l’expression wolof « doo gnoom dougnou yaw » (aucun d’eux ne peut être hissé à la station dans laquelle il s’aventure).
Pour une communauté de 124.000 Prophètes, le Seigneur a opté pour une Commission composée de 313 missionnaires à même de porter son message, sauf que seulement vingt-cinq (25) d’entre eux représentent le Comité restreint cité dans le Coran, et encore que cinq (5) font qu’on parle d’un groupe nommé « Ouloule Azm Mina Roussoule » : Moussa, Ibrahim, Nouh & Isabnou Mariam symbolisent des portes à double clé, et verront leur disciples devoir leur salut à celui qui incarne une porte à clé unique, notamment le Prophète de l’Islam (psl).
Et encore que la Salatal Fatihi révéle qu’il reste encore celui qui a ouvert ce qui a été hermétiquement clos (Al Fatihi Lima Oughliqa). A méditer…
Seydouna Mouhamad (psl) n’est point leur égale, parce que le tout puissant lui a intimé l’ordre de faire du Coran un livre sacré qui mérite d’être passé en r***e en toute sagesse de sa part. Et au 21éme siècle, la loi coranique reste une loi, parce que l’islam a la chance d’avoir un homme capable d’en faire un ferment purement du progrès : Serigne Mouhamadoul Moustapha Sy.
Il y’a le livre saint que nous connaissons tous et lisons, mais aussi le fameux « Al Qour ànoul hakiim » qu’il a interprété avec brio en cette nuit de Mawlid. Les prêcheurs et autres « marchands de divinité » ne sauront que faire d’une Sourate Al Ikhlàs qui prend sous son aile les sourates « Al Falaq » & « An Nàs », d’Ali Imràn associé à la Sourate La Vache (baqara), de Mà’a Ida (la table servie) affiliée à An Nissà I (les femmes), des Sourates Younouss, Youssouf & Houd sous le joug de At Tawba pour ne citer que ceux-là.
En matière d’interprétation des textes coraniques, Mawdo (rta) aimait à alerter ses contemporains sur la nécessité de ne point se fier à la rigueur apparente des textes, mais aussi de procéder à une « interrogation des phénomènes » que sont le temps et l’espace. Il s’agit là d’une Prophétie qui demeure encore d’actualité.
Au Sénégal, prêches et discours peinent parfois à transcender ces aspects, car limités simplement à une méthode de traduction qui, à l’heure de l’intelligence artificielle et de l’édification d’espaces mécanisés, restent comme cloitrés à l’époque où le chameau servait de moyen de déplacement et le commerce de troc d’activité pour la survie de l’homme. Ce qui fait que le croyant se perd dans une religion qui est la sienne, car sentant un « écart assez large » entre les réalités auxquelles il fait face et les dires d’un quelconque imam ou prêcheur.
Le Prophète de L’Islam (psl) n’est point leur égale car, pour reprendre les propos d’Al Maktoum, il a su user d’un pouvoir sans dictature, d’une religion sans hégémonie, d’une fortune sans inconscience aucune, d’une misère sans ignominie, d’un humanisme sans arrogance, d’une compassion de la part d’une communauté sans présomption, de liens de parenté sans encombrement, et enfin d’une intelligence à la limite ébouriffante sans indécence.
Maam Cheikh
Coach, Formateur
Axe Dakar 1 (DMWM)