21/10/2025
Dakar n’est que le début : Le Grand Nettoyage Gagne Tout le Sénégal
L’onde de choc est partie de la capitale. Les images des artères de Dakar, de Guédiawaye et de Pikine enfin libérées ont marqué les esprits. Mais ce que beaucoup ont perçu comme une opération ciblée révèle en réalité une ambition bien plus vaste. L’ordre donné par le Ministre de l’Intérieur, Maître Bamba Cissé, est sans équivoque : le rééquilibrage de l'espace public, initié dans les grandes métropoles, doit s'étendre à l'ensemble du territoire national. Le plan suit son cours, méthodique et implacable.
Cette vision nationale est cruciale. Elle démontre que la reconquête de l'espace public n'est pas un simple coup d'éclat médiatique, mais une politique d'État, profonde et cohérente. De Thiès à Saint-Louis, de Kaolack à Ziguinchor, le même principe s'appliquera : la rue appartient à tous, la loi est la même pour tous. Cette uniformité dans l'action est un gage de justice et d'égalité de traitement entre tous les Sénégalais, où qu'ils résident.
La fermeté affichée est un préalable non négociable à la modernisation du pays. Dans un contexte économique où la compétitivité est reine, les régions ont, tout autant que la capitale, besoin de fluidité, de sécurité et d'un environnement organisé pour attirer les investissements et dynamiser leur économie locale. Libérer les abords des gares routières de Touba, les marchés de Tambacounda ou les places publiques de Kolda, c'est redonner sa chance à l'économie formelle partout où elle était étouffée.
Mais cette généralisation du plan pose avec une acuité encore plus forte la question du "après". Si la méthode est claire – l'autorité de l'État doit s'imposer sur l'ensemble du territoire – la réussite dépendra de la capacité à déployer, partout, des solutions d'accompagnement. La responsabilité du gouvernement est immense : il ne s'agit pas seulement de faire respecter la loi à Diourbel comme à Dakar, à Tambacounda comme à Kaolack mais aussi d'y apporter les mêmes alternatives.
Les commerçants de Vélingara, de Goudiry ou de Kidira auront-ils accès aux mêmes dispositifs de réinstallation et de micro-crédit que ceux de la capitale ? C'est ce défi logistique et financier que le gouvernement doit maintenant relever pour transformer cette politique de fermeté en une véritable réussite de justice sociale et de développement équitable.
Le Sénégal est donc à la croisée des chemins. Le mouvement est lancé, il est irréversible. Sa positivité réside dans cette vision nationale et cette affirmation d'un État qui assume son rôle régalien. Mais son héritage véritable se jouera maintenant dans sa capacité à être non seulement un État fort, mais aussi un État juste et bâtisseur, pour toutes ses régions, sans exception.
A.F | 2G MÉDIAS