12/11/2025
La guerre des communiqués entre Diomaye Faye et le Pastef : le malaise s’installe au sommet du pouvoir
Une véritable bataille de communiqués secoue la majorité présidentielle. À quelques heures d’intervalle, la Présidence de la République et le parti Pastef – colonne vertébrale du régime – ont publié deux documents aux contenus diamétralement opposés.
En toile de fond : la nomination de Madame Aminata Touré à la tête de la coalition “Diomaye Président”, une décision du chef de l’État qui ne fait visiblement pas consensus au sein de son propre camp.
Le président Diomaye Faye annonce le changement de leadership
Dans une lettre datée du 11 novembre 2025, le président Bassirou Diomaye Faye annonce la fin de mission de Madame Aïda Mbodj à la tête de la coalition Diomaye Président.
Le chef de l’État y justifie sa décision par la nécessité de “restructurer la coalition pour la rendre plus opérationnelle et mieux adaptée aux défis actuels”.
Pour conduire ce processus, Diomaye Faye dit avoir porté son choix sur Madame Aminata Touré, ancienne superviseure générale de la campagne présidentielle de mars 2024.
Le communiqué souligne la volonté du président de bâtir “une coalition plus forte, au service de la vulgarisation positive de l’action du gouvernement”.
La riposte ferme du Pastef
Quelques heures plus t**d, le Pastef – Les Patriotes, parti du Premier ministre Ousmane Sonko, publie à son tour un communiqué au ton particulièrement tranchant.
Le Bureau politique national du Pastef y apporte de vives précisions :
“Monsieur Bassirou Diomaye Faye n’a pas le pouvoir de démettre Madame Aïssatou Mbodj, désignée par la Conférence des leaders”, écrit le parti.
Le texte rappelle également que la coalition “Diomaye Président” avait atteint son objectif électoral et qu’un nouveau cadre, baptisé APTE (Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique), était déjà en préparation sous la direction d’Aïssatou Mbodj.
Le Pastef va plus loin en déclarant qu’il ne reconnaît aucune initiative coordonnée par Madame Aminata Touré, affirmant ne pas partager avec elle “les mêmes valeurs ni les mêmes principes”.
Un malaise politique assumé
Ces deux positions, rendues publiques le même jour, traduisent une tension croissante entre le président et son Premier ministre.
Si le premier semble vouloir élargir sa base politique en s’appuyant sur des profils d’ouverture comme Aminata Touré, le second cherche visiblement à préserver la cohérence idéologique du projet initial de Pastef.
Dans les milieux politiques, cette “guerre des communiqués” est perçue comme un tournant majeur dans les rapports entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko.
Certains y voient un simple malentendu institutionnel, d’autres y lisent les premiers signes d’un bras de fer latent au sommet de l’État.
Vers une clarification prochaine ?
En attendant une éventuelle médiation ou clarification, la dualité des positions pose question :
Qui détient réellement le contrôle politique de la coalition au pouvoir ?
Et jusqu’où ira cette divergence entre le président et son principal allié politique ?
Une chose est sûre : la séquence de novembre 2025 marque un tournant dans la relation Sonko–Diomaye, et pourrait bien redessiner les équilibres internes du camp présidentiel dans les mois à venir.
Cheikh NDOYE