17/08/2026
Ousmane Sonko déb***e: Le divorce avec Bassirou Diomaye, les caisses noires et les lobbies...
Quatre médias, un président de l’Assemblée, et surtout une impression : la boîte noire du pouvoir vient de perdre son couvercle.
Ousmane Sonko n’a pas simplement donné une interview. Il a ouvert les tiroirs. Et certains doivent déjà chercher fébrilement la clé.
Avec Diomaye, explique-t-il, le problème n’était ni l’ambition, ni la rivalité, encore moins la politique. C’était la gouvernance. Transparence, fonds spéciaux, souveraineté : le compagnonnage aurait commencé à tousser lorsque les principes de Pastef ont rencontré les réalités du palais.
Le plus savoureux ? Les fameuses « caisses noires ». Hier présentées comme presque « haram » lorsqu’elles échappent à tout contrôle, elles deviennent aujourd’hui des fonds sensibles dont Sonko ne réclame pas la suppression, mais la traçabilité. Autrement dit : la caisse peut rester noire, mais qu’on sache au moins qui y met la main.
Et puis il y a les 3 milliards de la Primature dont Sonko réclame les explications, renvoyant la b***e au ministre des Finances. Une partie de ping-pong budgétaire qui risque de finir en commission d’enquête.
Sur le foncier, le président de l’Assemblée sort également l’artillerie : lotissements supposés irréguliers, prête-noms, intérêts privés, lobbies et même une « société civile encagoulée ». Bref, derrière certains terrains, il y aurait tellement de monde qu’on pourrait bientôt demander un permis de construire pour les dessous de table.
Sonko promet surtout une chose : les enquêtes ne protégeront personne, même pas Pastef. Voilà une promesse qui, si elle est tenue, pourrait faire transpirer quelques militants plus sûrement qu’une campagne électorale en plein mois d’août.
Et sur le carburant, le ton change. L’augmentation des prix ? Pour Sonko, elle ressemble furieusement à un « ajustement structurel ». Lui qui affirme avoir demandé le contraire laisse entendre que le gouvernement aurait pris un virage qu’il n’aurait pas validé.
Au fond, cette interview ressemble moins à une conférence de presse qu’à un procès-verbal de divorce politique : pas de « je t’aime, moi non plus », mais des divergences consignées, des comptes demandés et des dossiers empilés.
Sonko est désormais président de l’Assemblée. Il n’a donc plus seulement le micro : il a aussi les commissions, les enquêtes et le contrôle parlementaire.
La partie change de plateau. Et au Sénégal, quand Sonko commence à parler de transparence, ce ne sont pas seulement les caisses qui deviennent nerveuses : ce sont aussi ceux qui savent ce qu’il y a dedans.
Malick BA
Photos de l'entretien