11/04/2026
Hommage à Monsieur Ni**od Bena Djangrang
Un digne fils du pays Kim, maître des mots, gardien de la mémoire
Ni**od Bena Djangrang, connu sous le nom de plume Ni**od, est de ces figures rares qui honorent à la fois leur terre natale et la conscience universelle. Écrivain profondément distingué, il l’est autant par la qualité de son œuvre que par les nombreuses distinctions qui ont salué son talent depuis Pierre, poussière (1989) jusqu’à ses publications les plus récentes.
Né le 7 décembre 1959 à Koyom, dans le pays Kim au sud du Tchad, il puise dans cette terre ses premières émotions, ses premières images, et cette relation intime à la parole qui marquera toute son œuvre.
Après des études primaires et secondaires au Tchad, il commence très tôt à transmettre le savoir en enseignant au collège de Koyom entre 1981 et 1983. Mais l’histoire du pays s’impose à lui : la guerre civile, déclenchée en 1979, le contraint à quitter sa terre natale. Il rejoint la Côte d’Ivoire, où il poursuit ses études supérieures à Abidjan, tout en enseignant dans les collèges et lycées.
Sa quête de connaissance le conduit ensuite en France, à Paris, où il soutient en 1996 un doctorat en philosophie. Il devient par la suite rédacteur en chef de la r***e ALEPH, BETH de 1997 à 2000, puis fonde la r***e littéraire AGOTEM qu’il dirige de 2003 à 2005. Enseignant et penseur, il partage également son savoir dans des universités en Amérique du Nord et anime des séminaires à l’Université de Picardie Jules-Verne à Amiens, où il réside aujourd’hui.
L’œuvre de Ni**od traverse les genres avec une rare intensité.
✍️ Poésie
Pierre, poussière (1989),
Passage à l’infini (1999),
Babel, Babylone (2010),
Sur les berges du Chari (2016),
Nébuleux trésor (2018),
Petit éloge de la lumière nature (2020),
et plus récemment Pavane pour le cimetière de Dembé (2025), publié aux éditions Tarabuste, où il érige des stèles poétiques pour honorer la mémoire des disparus de N’Djaména.
📖 Romans, nouvelles et récits
Les Jambes d’Alice (2001),
Le Départ (2005),
Le Bal des princes (2008),
L’Or des rivières (2010),
Un balcon sur l’Algérois (2013),
L’enfant n’est pas mort (2017),
Gens de brume (2017),
La Traversée de Montparnasse (2020),
Le Temps liquide (2021).
📘 Essais
Tombeau de Léopold Sédar Senghor (2003),
Léopold Sédar Senghor (2006),
La Nouvelle Chose française (2008),
Visite à Aimé Césaire (2013),
Léon-Gontran Damas, le poète jazzy (2014).
👧🏾 Littérature jeunesse
Rosa Parks, non à la discrimination raciale (2008),
Aimé Césaire, non à l’humiliation (2012).
🏆 Distinctions
Prix de la vocation en poésie (1989), décerné par Valéry Giscard d’Estaing,
Prix Louise Labé (1999),
Prix Ahmadou-Kourouma (2008),
Prix Édouard Glissant (2008),
Prix Max Jacob (2011),
Prix Pierrette Micheloud (2016),
Prix Guillaume Apollinaire (2020).
Au-delà de son œuvre personnelle, Ni**od est aussi un passeur de générations. Il accompagne de jeunes talents, comme Olivier Mamgo, dont il a soutenu et publié l’ouvrage Bleu des saisons, contribuant ainsi à l’émergence d’une nouvelle voix littéraire tchadienne. Il a également préfacé plusieurs ouvrages, témoignant de son engagement envers la transmission.
Écrivain de la mémoire et de l’exil, Ni**od n’a jamais cessé de porter en lui le pays Kim. À travers ses mots, il fait exister notre terre, nos paysages et nos histoires dans l’espace universel de la littérature.
Aujourd’hui, le pays Kim s’honore de compter parmi ses fils un homme de cette envergure :
un écrivain, un penseur, un bâtisseur de mémoire.
Que son œuvre continue d’éclairer,
que sa parole demeure,
et que son nom inspire les générations à venir.
**od