UniverSao

UniverSao Médias en ligne pour la jeunesse tchadienne, traitant de divers problèmes de société.

19/06/2026

‎L'opération « Le Cœur des Jeunes avec MIDI » consiste à octroyer des fonds de commerce non remboursables d'une valeur de 2 000 000 FCFA destinés à financer des activités génératrices de revenus pendant les vacances, au profit de 100 orphelins de père et de mère ou de l'un des deux, résidant à N'Djaména, âgés de 14 à 21 ans. La cérémonie officielle de remise collective se tiendra le samedi 4 juillet 2026 à l'ONAMA.

‎Les inscriptions se font par SMS ou via WhatsApp en envoyant les informations suivantes : nom et prénom(s), date et lieu de naissance, classe fréquentée et établissement scolaire, au numéro +235 60 00 09 78.

‎NB : Le comité d'organisation se réserve le droit de procéder à la vérification des informations fournies avant la sélection définitive des bénéficiaires.

03/02/2026

Chers passionnés de livre, cette année, je voudrais partager mes notes de lecture, écrites librement sur les œuvres lues. Dans ces notes, je mettrai en avant les phrases inspirantes et les insolites. Le tout sans dévoiler l'intégralité du livre, pour inciter les autres à chercher à les lire ou inviter ceux qui les ont lus à partager leurs sensations. C'est en définitive juste un amoureux de la lecture qui s'amuse avec les livres.

Pour ce premier numéro, je commence par un classique : Joseph Brahim Seid. Au Tchad sous les étoiles. Paris : Présence Africaine, 1962, réédité en 2017 avec une préface de Noël Netonon Djékéry. Justement, c'est cette mention de la préface qui m'a interpellé quand j'étais passé, en ce début d'année 2026, pour préparer ma lecture de l'année, à la Librairie la Source. Je ne sais pas combien de fois j'ai déjà lu ce livre, mais chaque fois avec la même sensation, le même plaisir et le même émerveillement devant ces histoires plus légendaires les unes que les autres. J'aime lire les livres que j'ai déjà lus !

Cette version donc, avec la préface de Djékéry, c'est une autre lecture qui commence. Comme une invite à la lecture, le préfacier dira : « Lisons ou relisons "Au Tchad sous les étoiles", partout et en tout temps, pas seulement comme un antidote à toute inhumanité, mais aussi pour le plaisir d'entrer en douceur en poésie. »

Le conte est un hymne à la beauté, à la merveille et à la diversité du Tchad. La première narration raconte d'ailleurs le Tchad comme héritier d'une tribu épargnée par Dieu après la destruction de la terre. La tribu d'Alifa en l'occurrence, qui sera sauvée par les géants, formera une alliance matrimoniale avec ces derniers pour donner naissance aux Saos, dont les descendants Kotoko sont nos contemporains. Quelle merveille !

Que dire de « Djingué ou le sagaie de la famille », l'histoire des douze tribus qui formèrent Massenya. Il s'agit de Dokko, Birni Desse, Lubat Ko, Dukuat, Daboleni, Diongou Djougueldou, Niougounidoualla, Goumgoul-Darko, Goumgoum-Bida, Niougo-Kouboudga, Maguerba et NGolgargue. Les branches actuelles de ces tribus sont les Sokoros, les Barguirmiens, les Kengha, les Bouas, les Bilalas, les Koukas, les Goulas, les Sarouas et tous les Saras. Un adage kengha extrait de cette partie, en faisant rapport avec ces groupements, dit ceci : « Les gens de Massenya sont comme nous-mêmes, les gens du Fittri, du lac Irro et les Saras sont nos frères. »

Sur le Royaume du Ouaddaï, on y apprend une leçon d'histoire de l'Islam, revenant aux origines du schisme entre Sunnites (ou les orthodoxes) et les Chiites (ou dissidents), partisans du gendre du Prophète. Saleh, le fondateur de l'Islam au Ouaddaï, descend directement du Prophète. Il est aussi connu sous le nom de Abd-el-Kérim ben Djamé ou encore Saleh ibn Abd Allah ibn Abbas. Il chassa les Toundjours du Ouaddaï en 1700 ou en 1635, c'est selon les sources. Le Sultan Saboun, septième descendant de Saleh, dont le livre raconte qu'il avait fait écrire au fronton des bâtiments publics cette phrase : « L'injustice qui dure ruine, la justice qui dure enrichit ». Vivement, nos administrateurs, à vos écritoires ! Saboun fut l'un des hommes les plus puissants à l'époque. Son royaume fut un centre intellectuel où les gens vinrent des quatre coins pour y apprendre les arts et les lettres. Il noua des relations diplomatiques avec Le Caire, Tripoli, le Khordofan. Ses conquêtes, sa prospérité, sa sagesse font de Saboun le meilleur sultan de l'histoire du Tchad - à ma connaissance bien sûr.

Que dire aussi de « Bidi-Camoun, le cheval de Tchouroma », une histoire magnifique d'un cheval sauveur de son maître en le transportant au ciel tel un avion. De même, la quadruple déception amoureuse de Liman qui perdit tour à tour sa fortune, son bonnet, sa bourse et sa canne magiques, mais réussit à reconquérir la princesse Aïcha avec les dattes qui font pousser les cornes et les dattes antidotes.

L'histoire de Gamar et Guimerie, qui n'est pas sans rappeler l'histoire de Joseph vendu par les siens mais dont le destin l'avait propulsé comme sauveur. Et ce n'est pas le premier récit qui ressemble aux récits des livres saints. L'histoire de la tribu d'Alifa a également des traits forts avec l'histoire de Noé et son arche. L'histoire de ces deux enfants se termine avec cette magnifique expression : « ... Il n'y a pas de bonheur sans joie familiale. »

Aussi, ai-je découvert une citation de l'auteur dont j'interroge avec humour la véracité. Il affirme que « ... la plus flatteuse louange qu'on puisse faire aujourd'hui à une femme du Tchad, c'est de lui souffler discrètement au creux de l'oreille : "vous êtes belle comme la fille d'Am-Sitep ou la femme d'Abakar" ». Je lance donc un appel à témoignage 😅. Mes sœurs, je vous invite à lire ou relire Au Tchad sous les étoiles.

Et « la justice du lion »... Pas de commentaire. Ce récit est, avec « l'ingrat », l'un des contes africains les plus légendaires.

Mon coup de cœur, c'est « Le vagabond », et vous saurez pourquoi après cet extrait : « ... à quelques kilomètres de Doba, dans un paysage paradisiaque, vivent particulièrement les Saras Gor. Bodo est leur capitale. Une grande forêt s'y trouve. C'est là que la vie a fait sa première apparition dans le monde. » Si vous pouviez savoir la tête que je faisais en dévorant cet extrait. J'en arrive à une conclusion : le jardin d'Éden est mal localisé dans les livres saints, ou encore Toumaï s'était probablement déplacé de Bodo pour mourir dans le désert du Djourab.

Ici, Joseph Brahim Seid ne déroge pas à la règle de la mythification de son terroir. L'écrivain japonais Yukio Mishima, dans son chef-d'œuvre Le Pavillon d'or, l'a affirmé avec éloquence : « À croire que mon cœur, mon instable cœur, c'est ce terroir qui l'a fait ce qu'il est. » Joseph Brahim Seid est de Bodo ; donc pour lui, Bodo est le berceau de l'humanité. Il n'y a de pourquoi, ni de comment. C'est comme ça !

Le livre est disponible à la Librairie La Source au prix de 5 000 francs. À lire ou à relire absolument.

La semaine prochaine, je vous ferai découvrir ou redécouvrir Les jambes d'Alice de notre célébrissime compatriote Ni**od.

Le 03 février 2026
Mortordé Bonheur

17/11/2025

‎🎉Bonne nouvelle ! Je suis heureux de vous annoncer la date de dédicace de mon roman "Les Déchus de Klessoum" : ce sera le 10 janvier 2026 !

‎Et bonne nouvelle supplémentaire : la précommande sera ouverte dès cette semaine ! Restez connectés. ❤️

Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici un petit extrait. 👇

«Désolé de ne rien pouvoir faire pour toi. Regrette mon avocat. Tu es placé sous mandat de dépôt. Ça veut dire que tu vas être incarcéré en attendant le procès en audience publique qui décidera de ton innocence ou de ta culpabilité. Pour le moment, le ministère public estime que ta liberté nuirait à la manifestation de la vérité.»

Je restai de marbre face aux explications et à la tentative de mon avocat de me rassurer. Le procès, les arguments du procureur, la disposition de mon avocat à faire de son mieux pour m'innocenter… n'avaient pas d'importance à mes yeux. Du moins pas à cet instant-là. Ma hantise, mon anxiété, c'étaient plutôt la prison, la maison d'arrêt. Dans quelques heures, peut-être dans quelques minutes, je vais intégrer la maison d'arrêt. Cette idée même est anxiogène au regard des récits qui la décrivent comme un enfer terrestre. Mythe ou réalité, je le saurais bientôt. Ce n'est pas pour autant un satisfecit, car de plein gré, je n'aurais jamais cherché à connaître ce qu'est la maison d'arrêt ou ce qui s'y passe. Ni en touriste ni en curieux. La réalité est qu'au moment où le procureur ordonne mon placement sous mandat de dépôt, ce n'est pas seulement ma liberté qui cesse. Mes humeurs et mes désirs aussi. C'est-à-dire l'essentiel de ce qui fait de moi un humain. Quiconque est privé de liberté est privé de l'essentiel de son humanité. Quiconque est privé de liberté et de la dignité est déchu de son humanité.

Quand il vient le moment de quitter la méchante cour de justice qui abrite le palais dont la beauté contraste avec les décisions qui s'y prennent, les gendarmes inspectent mes faits et gestes avec le doigt sur la gâchette, prêts à faire feu sur moi en cas de faux-pas. J'avais une seule prière :

Mère terre
Sauve moi de la main de ma race
Ouvre ta bouche et engloutis moi
Crache un feu qui supprime ma trace
Du premier cri à la maternité jusqu'à cet instant T
Fais de moi un néant
Fais de moi un rien
Sauve moi des miens.

Une prière que la terre n'avait pas exaucée.

Mercredi 16 septembre 2020. Il est 13 heures. Moi, Meindah Monan, sexe masculin, vingt-cinq ans, 1,98m de hauteur, la coupe à la Don Juan, chemise bleue marine sous un costume rouge bordeaux, «étudianpreneur» à l'université de N'Djaména, marié et père d'un bébé de huit mois, en route pour la maison d'arrêt de Klessoum à N'Djaména, inculpé pour abus de confiance.

— Bien de courage à toi jeune homme ! Ça arrive à tout le monde. Aujourd'hui c'est ton tour. Demain ça sera le mien ou pour une autre personne. Ainsi va la vie. Tu t'en sortiras ! Inchallah. M'encourage t-il, l'un des trois gendarmes chargés de m'escorter à Kessoum.
— Amine ! Lui réponds-je l'air perdu, avec en fond sonore le crépitement des pneus de la fourgonnette qui se fraie le chemin au milieu des zigzags.

Après les formalités au secrétariat de la régie, on me délivre un morceau de papier sur lequel y figurent les informations suivantes : numéro d'écrou : 25276, la date de mandat de dépôt, l'autorité responsable, les éléments de mon identité, mon statut de prévenu, le type d'infraction et le numéro de la cellule.

Mon passe en main, un planton reçoit l'ordre de me conduire dans la chambre numéro 11. J'avance aux pas de pachyderme en sa compagnie en direction de l'imposant portail noir du mur géant, coiffé de triple barbelés. Au fur et à mesure que nous avançons, le portail s'ouvre jusqu'à dégager un minuscule espace qui ne peut laisser entrer qu'une seule personne. Au moment de franchir le portail, le temps paraît en mi-temps. Un sursis pour réaliser combien mes pas hésitants constituent une ultime sommation intérieure rappelant la gravité du moment. Ce léger repli du temps entre la liberté quand bien même déjà retirée par le procureur et la prison qui constitue sa matérialisation me plonge dans un dernier espoir qu'il est encore possible de ne pas franchir ce portail qui porte bien sa couleur noire. L'espoir qu'un éventuel événement rocambolesque survienne. Il faut se battre jusqu'au bout. C'est un baroud d'honneur, sinon un rêve. Les cris et les hourras m'annoncent que j'ai déjà franchi le portail. Je suis bien dans la prison. Je suis donc en prison.

Une nuée d'individus se ruèrent sur moi, chacun voulant arracher plus que l'autre mes habits, les pièces d'argent, ma chaussure ou toute autre chose qu'il aurait trouvé en ma possession. Je n'opposais aucune résistance. Mieux, j'ai collaboré. Mes expériences à l'université m'interdirent de faire la tête contre le bizutage. Mais était-il le même bizutage que celui des bleus de la fac ? Nullement. Malgré ma passivité, rien n'arrêtait ces êtres qui ressemblaient aux éboueurs en action et qui puaient de la tête aux pieds. Comme un arbre après l'assaut d'une colonie de sauterelles qui ne garde que ses branches sans feuilles, je n'avais que mon slip pour cacher ma nudité, là où s'étaient réfugiés les rescapés de ma dignité.

Deux chaînes humaines équidistantes se formèrent jusqu'à la chambre 11. Derrière le planton qui laissa faire ses acolytes, je marchai au milieu de cette chaîne sous les chants qui donnèrent les allures d'une initiation d'un secte secret. Arrivé au bout de la procession, deux jeunes se présentaient devant moi à l'entrée de la chambre 11. En position des gardes républicaines en service sur le perron du palais présidentiel à l'accueil d'un dirigeant en visite d'Etat, ils m'intimaient l'ordre d'entrer. J'ai obtempéré. Ils entrèrent à ma suite et me sommèrent de m'agenouiller devant un autre gars que je compris tout à coup qu'il était leur boss. Habillé en complet pagne, la trentaine apparemment, cheveux posés en natte sur la tête soutenue par un menton à la forme d'un entonnoir au bout duquel s'éparpillent trois brindilles de barbe. Il allumait difficilement une cigarette à l'aide d'un briquet rebelle qu'il avait dû battre à plusieurs reprises contre sa paume de main gauche avant de le voir cracher sa flamme. Il prit le temps de fumer sa cigarette. Quand il libéra la dernière fumée, aussitôt un sourire rouge se dessinait sur ses lèvres sèches. La couleur de son sourire était sans doute la marque de la cola...»

Adresse

Ndjamena
N'djamena
235

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque UniverSao publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Contacter L'entreprise

Envoyer un message à UniverSao:

Raccourcis

Partager

Type