21/04/2021
Feuilleton AZIZA : l’histoire d’un génie du cinéma oublié 🔥🔥
🛑🛑🛑🛑🛑Une œuvre deux fois révolutionnaire !
Une révolution cinématographique.
✅Nous sommes en 1996 et les feuilletons brésiliens tels que « le cercle de feu » et les productions européennes comme « Chevalier de Pardaillan » trustent les programmes de l’ORTB ; les programmes béninois et africains étant réduites à peau de chagrin.
Un soir, nous découvrons l’histoire d’un conducteur de taxi-moto rongé par la pauvreté, qui connaitra la fortune en rencontrant Mami-Wata, la princesse de l’océan. Du jour au lendemain, Aziza, le pique-assiette se transforme en un multimilliardaire, déroulant une vie pleine de faste, dans une résidence au luxe insolent et pavoisant dans des voitures haut de gamme.
✅Le feuilleton donne un premier électro-choc, il est entièrement tourné au Bénin par une équipe et des moyens béninois et réalisé par un béninois : le regretté Romain Assongba (décédé en 2010). Le natif de Dassa-Zoumè, instituteur à ses premières heures, journaliste à l’ORTB et cinéaste formé en URSS est véritable couteau suisse du 7ème art. Le feuilleton au six épisodes de 26 min fera un carton.
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🛑🛑🛑Une révolution socioreligieuse.
✅Dans une société béninoise très influencée par les religions chrétienne et musulmane et où les religions traditionnelles sont marginalisées dans l’espace audiovisuel, Aziza réussit à mettre en avant une divinité du panthéon afro-brésilien sans susciter la répulsion.
✅Mieux, une divinité africaine sort du rôle « satanique » et « maléfique » auquel la catonnent habituellement l’Islam et le Christianisme, dans leur schéma manichéen, pour endosser magistralement le rôle de protectrice et de réparatrice des injustices.
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🛑🛑🛑Le feuilleton Aziza : quand tu nous tiens !
Lorsque l’ORTB diffusera à nouveau le feuilleton en 1999, l’engouement sera le même. Aziza battra des records d’audience, malgré l’apparition quelques années plutôt de la chaine LC2, première chaine privée et la concurrence des télénovelas comme « Marimar », ou « Sublime mensonge ».
L’engouement sera tel qu’on assistera à des scènes cocasses, les acteurs se retrouvant victimes de leurs succès. Les fans de la série ne pardonneront jamais au personnage de Major Ayéchoro, grand ennemi du héros Aziza et figure de l’anti-héros par excellence. L’interprète de Madohou, la femme d’Aziza se fera huer et jeter des tomates en plein marché Dantokpa, prise à partie par des fans hystériques, pour avoir « trahi leur héros Aziza » dans la série.
🛑🛑🛑Aziza, l’œuvre d’un génie dans tous les sens du terme
L’œuvre laisse transparaitre une fibre identitaire et panafricaine, tant dans les idées, que dans les scénarios, les noms, la musique, les divinités et les costumes. Quand on jette une œil superficiel à cette série qui n’a malheureusement pas connu de suite, on s’arrête sur l’originalité et les talents de scénariste, d’acteur et réalisateur de
Romain Assongba.
✅Mais l’observateur avisé notera que ce qui a fait le succès de cette série, c’est aussi le sens du détail et l’ancrage local. Aziza, ce sont surtout des costumes éblouissants, des parures en bogolan, en batik, en or, qui dénotent un sens de l’esthétique et une méticulosité sans pareil et qui révèlent aussi la beauté de la femme africaine à l’écran, dans ses plus beaux atours.
✅Aziza, c’est aussi un large choix de chansons rythmant les épisodes avec des percussions afro-brésiliennes que les béninois ont appris à connaitre par cœur. Aziza aura, à bien des égards, balisé le terrain pour le groupe musical Apouké.
✅ Enfin, Aziza, c’est cette célèbre voix qui nous fera toujours frissonner « Aziza, Aziza, viens me voir tout à l’heure à la plage !».🤫🤫🤫🤫
PS: Partageons pour le faire connaitre aux jeunes générations qui ne l'ont pas connu