13/11/2025
Posture et intégrité : L'’essentiel ne dépend pas de nous
C’est sans doute la leçon la plus difficile que j’essaie de transmettre.
Celle qui revient sans cesse, peu importe la pratique, peu importe le niveau :
L'essentiel ne dépend pas de nous.
C’est ce que disent les arts traditionnels depuis toujours : Yoga, Qi Gong, Arts de combat.
Et c'est au delà d'une formule à retenir. C'est une vérité à éprouver.
Je l’ai apprise surtout après mon expérience personnelle
Certains comprennent vite, d’autres pas.
Certains s’accrochent, d’autres renoncent.
Certains se transforment parce qu’ils ont choisi de faire leur part, quand d’autres retombent encore et encore dans leurs vieilles habitudes.
Et pour les uns comme pour les autres, ce que je transmets ne représente qu’un détail.
Un souffle, une direction, un appui.
La différence, c’est le destin que chacun choisit d’honorer.
Le travail postural en est une parfaite métaphore.
qu’est-ce qui fait l’intégrité d’une posture ?
« le relâchement « l’alignement »,« la position du bassin », « le regard »...
Toutes ces réponses décrivent des aspects réels, mais elles témoignent aussi de notre difficulté à nous abandonner à ce qui nous dépasse.
A accepter notre impuissance.
La vérité, simple et brutale, est que l’intégrité ne dépend pas de ce que nous faisons.
Une posture intègre repose sur des forces qui échappent à notre volonté :
- La gravité : il ne s’agit pas de lutter contre elle, mais de se laisser traverser.
- La respiration : automatique si on n’y prête pas attention, mais infinie si on s’y abandonne.
Se tenir en posture, c’est donc accepter de ne rien contrôler.
- Ce qui se cache dans l'ombre de notre subconscient.
Abandonner la lutte contre la gravité, contre notre propre Souffle et enfin contre le monde entier ( en commençant par nous même).
La véritable difficulté n’est pas dans la pratique.
Elle est en nous. Dans notre mental, notre envie de bien faire, dans toutes ces tensions que nous accumulons.
Les tensions sont la cristallisation de nos idées sur nous-mêmes.
Des croyances et des jugements qui, via le système nerveux et le fascia, s’impriment dans le corps et façonnent ses lignes.
C’est ainsi que naissent des hyperlordoses, des cyphoses, des jambes arquées, des varus, des valgus…
C’est ainsi que se figent des postures archétypales, que Jung et d’autres ont tenté de décrire : le masochiste, le psychopathe, le schizoïde...
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L’origine du désordre à tous les niveaux est toujours la même :
Notre tentative aussi vaine qu’humaine de réduire l’immensité de l’expérience à la petitesse de notre mental.
La tension est donc un message.
Un appel de l’Esprit, qui nous dit : « Regarde. Sens. Il y a une âme qui cherche à respirer dans ce corps. »
Et l’ordre ne se crée pas par notre volonté de tout arranger.
Il survient de lui-même, comme un printemps, quand nous cessons d’imposer une forme.
Quand nous abandonnons toute idée de ce qui “devrait être”.
Alors le mouvement, la posture, le corps deviennent ce qu’ils ont toujours été : un terrain d’exploration du mystère.
Un laboratoire vivant pour comprendre qu’il n’y a rien à fabriquer.
Que tout est déjà là.
La méditation n’est rien d’autre que cela :
Se tenir là, au centre.
Ni dans les projections du futur.
Ni dans les fantômes du passé.
Simplement là, dans le seul espace où la connaissance est possible : le présent.