12/01/2026
de l’Est : la modernité en marche, immobile👇
Pendant que des pays d’Afrique de l’Est comme la , le , ou le redessinent leurs villes avec audace, planification et vision, la République Démocratique du Congo — pourtant qualifiée de « grand pays riche » — reste prisonnière d’un urbanisme colonial fossilisé et d’une irresponsabilité étatique chronique. À Kinshasa, ce sont encore les bâtiments laissés par les Belges qui font rayonner la ville : ministères, immeubles administratifs, bureaux de l’État… presque tout ce qui tient debout et impressionne date de la colonisation. Soixante ans après l’indépendance, l’État congolais n’a pratiquement rien ajouté de structurant, rien de symboliquement fort, rien de durable.
En Afrique de l’Est, les autorités ont compris une chose essentielle : une ville est un moteur économique, politique et touristique. Il faut la désengorger, la planifier, la rendre vivable et attractive. Les bidonvilles sont restructurés, des villes reculées sont urbanisées, des complexes modernes sortent de terre, et les touristes viennent du monde entier. Même avec des mandats courts, les dirigeants agissent. Suluhu Hassan, en seulement trois ans, a lancé et construit des projets urbains majeurs comme le Samia Housing Scheme. En RDC, on parle beaucoup, on promet encore plus, mais on ne construit presque rien.
Résultat : , , Goma deviennent des centres permanents de catastrophes. Inondations, érosions, glissements de terrain, embouteillages monstres, quartiers entiers sans routes ni drainage. La demande de vivre en ville explose chaque jour, mais l’État est incapable de désengorger, d’anticiper, de planifier. Ce sont les privés qui construisent, chacun pour soi, sans plan directeur, sans vision d’ensemble. On a parfois l’impression que les autorités n’existent tout simplement pas dans la gestion urbaine.
Alors une question s’impose, brutale mais nécessaire : qu’est-ce qui cloche en RDC ? Manque de vision ? Mépris pour la chose publique ? Incompétence ? Priorités ailleurs que dans le développement réel ? Un pays qui ne construit pas ses villes se condamne au chaos. Jusqu’à quand allons-nous accepter des villes non présentables, dangereuses, indignes de leur population ? Jusqu’à quand allons-nous nous cacher derrière l’excuse de la taille du pays ou de la durée des mandats ? La modernité est un choix politique, pas un miracle. Et pour l’instant, la RDC refuse encore de faire ce choix.
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✍️ Stone Tegz