01/29/2026
NOTE DE PRESSE
Le Bureau des Avocats.es Internationaux (BAI) appelle, à l’approche du 7 Février 2026, la population haïtienne à transformer le conflit ouvert entre la Primature et le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) en opportunité pour imposer un changement réel et irréversible dans notre pays.
Le Bureau des Avocats.es Internationaux (BAI), dans sa mission principale de défendre les droits des plus démunis, les droits inaliénables, imprescriptibles et inhérents à la personne humaine, en particulier ceux des victimes de graves violations de Droits Humains, du terrorisme d’Etat, du Choléra importé par la Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), des femmes et des filles victimes de viols et d’agressions sexuelles et d’autres abus de droit, salue le courage du peuple haïtien, qui subit quotidiennement des attaques sanglantes et des violences, sous diverses formes, orchestrées par des gangs armés agissant avec la complicité active ou passive de l’État haïtien. Par la même occasion, le BAI, lance un appel solennel à la conscience citoyenne, à l’approche du 7 Février 2026, marquant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
Peuple haïtien! Notre pays est plongé depuis trop longtemps dans un chaos généralisé. Nous traversons l’une des périodes les plus sombres de notre histoire collective. Beaucoup de choses ont changé et beaucoup d’autres vont changer. Chaque jour, des milliers de déplacés internes affluent vers des camps de fortune pour échapper aux atrocités des gangs. Des jeunes diplômés, désespérés, risquent leur vie pour quitter le pays, doutant, à juste titre, de toute perspective d’avenir en Haïti. Ils ne se sentent en sécurité nulle part sur le territoire national.
Aujourd’hui, le pays est entré dans l’âge des ténèbres, où la violence et l’effusion de sangs sont au rendez-vous. Les femmes et les hommes au pouvoir veulent vous rassurer, vous forcer à minimiser la situation, car, après tout, ils ont beaucoup de gens qui prennent en charge leur sécurité. Ils vivent dans le déni le plus total et n’agissent en rien pour le bien-être collectif. Ils laissent la situation se dégrader, se contentant de dilapider les ressources du pays pendant que le peuple meurt de faim. Chacune des communes et quartiers du département de l’ouest est dirigé par des gangs, lesquels s’allient pour faire la guerre à la population afin d'étendre leurs territoires.
C’est dans ce contexte que le BAI s’adresse à vous pour vous convaincre de vous lancer dans la bataille pour sauver le pays. Le salut du pays repose avant tout sur le peuple lui-même. Vous ne pouvez plus continuer à fermer les yeux ni de rester les bras croisés à cette tragédie. D’autant plus, nous ne pouvons désormais plus compter sur : « la Communauté Internationale, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et la Primature, la classe politique, le secteur privé des affaires, ni même sur la police et l’armée.»
1. La communauté internationale
Si la Communauté Internationale voulait réellement aider Haïti, elle fournirait à la police les moyens nécessaires pour neutraliser les gangs armés. Elle s’y refuse, car son objectif n’est pas la stabilisation du pays, mais le maintien d’un désordre profitable, garantissant la perpétuation, la mise sous-tutelle du pays. D’ailleurs, elle ne veut pas que nous soyons heureux et ne supporte pas notre développement. Depuis la naissance de la nation haïtienne, le pays a toujours été victime de politiques discriminatoires et racistes de la communauté Internationale. Elle trouve du bonheur dans notre malheur. Les gens qui meurent sous les balles des gangs n’ont pas d’importance à leurs yeux, parce que ce sont des noirs venant d’Afrique. Les grandes puissances, dotées des services de renseignement les plus performants et des armées les plus puissantes du monde pourraient agir efficacement si elles le voulaient. Or, ce sont leurs industries d’armement qui alimentent la violence qui nous détruit. Les multiples interventions de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) en Haïti de 1994 à 2024 ont contribué à l’effondrement moral, économique et politique de la société haïtienne.
2. Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et la Primature,
Les dirigeants actuels n’ont ni la dignité, ni la personnalité, ni l’autorité morale, ni la légitimité pour continuer à agir au nom de la population haïtienne. Il suffit de regarder le chaos qui règne dans les institutions du pays pour voir que le pays est dirigé par des incompétents ou encore des gens qui n’ont pas d’âme. Leur objectif n’est pas d’améliorer les conditions de vie humaine, ni de rétablir la sécurité, mais de se maintenir au pouvoir en alimentant une économie de guerre et de prédation. Ils laissent mourir la population par pur calcul politique. Ils kidnappent et utilisent l’État comme espace d’accumulation de richesse pour le compte d’un clan ou pour résoudre leurs problèmes de famille. Selon l’organisme de défense des droits humains, RNDDH, le CPT coûte chaque mois au trésor public 93 millions de gourdes, soit près 186 milliards au cours de leur mandat. Sous leur direction, la crise de l’insécurité s’est intensifiée.
La première mission du CPT consistait à organiser les élections et à rétablir la sécurité dans le pays. Or, près de vingt mois au pouvoir, aucun jalon n’a été posé. Au contraire, la situation sécuritaire du pays s’est dramatiquement aggravée : massacres, assassinats et enlèvements se sont multipliés. Environ 5600 morts dans la violence des gangs en 2024 selon les chiffres de l’ONU , 4000 personnes tuées entre le 1er janvier et le 30 septembre 2025 , soit environ 9600 personnes qui ont été tuées durant le mandat du CPT. Les gangs ont conquis plus de territoires qu’avant. Il convient de noter qu’il y a entre 27 à 30 femmes et filles victimes de violences sexuelles par jour, près de deux millions de déplacés internes et plus de six millions de personnes plongées dans une extrême précarité. Malgré ce bilan catastrophique, ils veulent même trouver des compromis politiques pour continuer au-delà du 7 février 2026.
Parallèlement, les autorités de transition se livrent à une corruption systémique : dilapidation des fonds publics, détournement de ressources destinées aux élections, marchandisation des postes publics, braquage de la Banque Nationale de Crédit (BNC), évaporation d’environ 800 000 dollars américain et 50 millions de gourdes qui étaient destiné à la réalisation des élections et du référendum constitutionnel. Sans compter que le pays est aujourd’hui isolé diplomatiquement, l’aéroport international est fermé, plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs vols et les Haïtiens sont devenus indésirables dans de nombreux pays du monde.
À l’approche du 7 février 2026, marquant la fin de leur mandat, les conseillers présidentiels réclament des indemnités de départ compris entre 500 000 et 600 000 dollars américains. De plus, ils adoptent des décrets destinés à garantir leur impunité et leurs privilèges, dans un silence total sur la souffrance des mères qui enterrent leurs enfants. Des familles qui ne peuvent ni manger, ni soigner, ni envoyer leurs enfants à l’école. Par exemple, Ils sont tellement inquiets pour leur avenir après le 7 février 2026, ils ont publié un Décret sur la Haute Cour de Justice, le 23 décembre 2025, qui accorde, dans ses articles 4 et 11, une immunité et impunité à vie aux grands commis de l’État.
Selon l’article 4 :« les Hauts fonctionnaires ne peuvent être poursuivis que devant la Haute Cour de Justice pour les crimes et délits commis dans l’exercice de leurs fonctions ». L’article 11, de son coté, dispose que : « les rapports des institutions de Lutte contre la Corruption et le blanchiment des capitaux ayant épinglé un grand commis de l’État doivent d’abord être validés par le Conseil des ministres. » Avec le Décret portant sur la réorganisation de la Haute Cour de Justice, ils ont fabriqué un bouclier pour leurs crimes présents et futurs. Ils ont la garantie que leurs responsabilités restent diluées dans de procédures complexes et verrouillées. Tandis que des innocents meurent sans justice, les victimes de viols, de corruptions, de violences d’État, de misère organisée, attendent une justice qui ne vient jamais.
3. La classe politique et le secteur privé des affaires
La classe politique est aussi responsable que le CPT et la Primature. Elle a transformé la politique en un instrument d’enrichissement personnel, au mépris de l’intérêt général. De nombreux politiciens sont impliqués dans des réseaux de trafic d’armes, utilisant l’effondrement institutionnel et l’impunité comme des leviers pour asseoir leur pouvoir, au détriment de la sécurité de la population. En plus, ce sont des menteurs. Ils étaient censés rétablir la sécurité dans le pays et conduire une transition de rupture. Ils continuent avec la même pratique du banditisme comme mode de gouvernance.
Le secteur privé des affaires, quant à lui, s’arrache les meilleurs morceaux, en tirant profit du chaos généralisé. Il transforme l’instabilité en opportunité pour consolider ses privilèges tout en bloquant toute perspective de changement réel. De plus, il est impliqué dans des pratiques de contrebandes, de blanchiments d’argent et d’autres activités illicites qui affaiblissent l’État haïtien et appauvrissent la population.
5. La police et l’armée
La Police Nationale d’Haïti (PNH) n’est plus un rempart pour la population. Elle est devenue un instrument politique au service des dirigeants de pacotilles. Les policiers, pour la plus part, sont tous corrompus. Ils se comportent comme des chiens de garde pour les politiciens et les puissants du secteur privé des affaires. Ils ne sont jamais attaqués aux entités corrompus. Ils chassent les pauvres, comme s’ils sont allergiques à la misère. Aujourd’hui, le peuple haïtien est pris en otage par une double forme de banditisme : le banditisme illégal des gangs armés, qui pillent, massacrent, violent les femmes et les filles et le banditisme légal des élites prédatrices, qui profitent des ressources du pays, tous deux au service des mêmes intérêts économiques et financiers.
Dans ce contexte, le BAI appelle à l’émergence d’un leadership de rupture, à l’instar de Assimi Goïta, Ibrahim Traoré et Abdourahamane Tiani, pour assumer avec courage la restauration de l’autorité de l’État et la sécurité publique sur l’ensemble du territoire, l’organisation d’élections libres, inclusives et crédibles, la mise en place d’une Commission de vérité, justice et réparation, la prise en charge effective des victimes ainsi que le relogement des déplacés internes et l’affranchissement de l’enfer de la domination occidentale.
Tout compte fait et face à l’incapacité des autorités actuelles à gouverner dans l’intérêt général, il revient aux citoyennes et citoyens de reprendre leur place du destin national. En conséquence, le BAI, invite la population à transformer le conflit ouvert entre la primature et le CPT en opportunité pour imposer un changement réel dans le pays