01/12/2026
Real Madrid : autopsie d’un projet avorté autour de Xabi Alonso
Quand le doute tactique, les fractures internes et la désinformation finissent par tout emporter
Une défaite révélatrice plus que décisive
La défaite 3-2 face au FC Barcelone en Supercoupe d’Espagne n’a pas, à elle seule, provoqué la rupture. Elle en a simplement été le révélateur.
Dans un Real Madrid habitué à juger ses entraîneurs autant sur le contenu que sur le résultat, ce revers est venu confirmer un malaise déjà perceptible depuis plusieurs semaines. Derrière le score, c’est surtout l’absence de maîtrise, de progression et de message clair qui a alarmé la direction.
Un vestiaire qui n’a jamais totalement adhéré
L’un des points de fragilité majeurs du projet Xabi Alonso réside dans sa relation avec le vestiaire.
Des tensions, notamment avec Vinícius Jr., ont marqué son passage. Si une tentative de réconciliation a bien eu lieu, elle n’a jamais suffi à restaurer une relation de confiance durable. Plus globalement, le problème dépasse les individualités : entraîneur et joueurs n’ont jamais semblé parler le même langage footballistique. À Madrid, cette fracture est rédhibitoire.
Un projet tactique trop flou pour convaincre
Sur le terrain, le constat est tout aussi sévère. Le système mis en place, exigeant et parfois hermétique, n’a jamais été pleinement assimilé par les joueurs. Pire encore, il n’a produit aucun progrès tangible dans le jeu collectif. Match après match, les mêmes déséquilibres sont réapparus, nourrissant un doute croissant au sein de l’administration. À force de promesses non tenues, la croyance dans le projet s’est érodée.
Rodrygo, le tournant d’une perte de crédibilité
La gestion du cas Rodrygo marque un point de rupture symbolique. L’écarter totalement du projet était un choix fort, légitime, assumé. Mais revenir ensuite vers lui, non par conviction mais par nécessité, après une série d’échecs, a fragilisé l’autorité du coach. Dans un club de l’envergure du Real Madrid, ce type de revirement est perçu comme un aveu de faiblesse. Le risque pris n’a pas payé, et l’exposition publique de cet échec a amplifié la crise.
Des défaites sans apprentissage
Perdre fait partie du football. Ne rien apprendre de ses défaites est bien plus grave. Or, sous cette direction, le Real Madrid a donné l’impression de stagner. Ni évolution tactique notable, ni montée en puissance collective. Les intentions affichées n’ont jamais trouvé leur traduction sur le terrain. À Madrid, l’absence de trajectoire est souvent plus condamnable que l’échec lui-même.
Arbeloa, solution interne ou pari dangereux ?
Le nom d’Álvaro Arbeloa circule pour assurer la succession. Respecté, formé à la maison, incarnation des valeurs madrilènes, il bénéficie d’une forte cote interne. Mais son expérience reste limitée à la Castilla. Suffisant pour gérer la pression, les egos et l’exigence immédiate du Santiago Bernabéu ?
La question reste entière.
Le besoin d’un patron sur le banc
De nombreux observateurs s’accordent sur un point : le Real Madrid a besoin d’un entraîneur expérimenté, capable d’imposer une vision claire, une discipline collective et une autorité naturelle. Un tacticien, certes, mais surtout un gestionnaire d’hommes, apte à recadrer certaines mentalités pour faire avancer l’équipe. Dans ce contexte, le nom de Jürgen Klopp revient régulièrement, plus comme un idéal que comme une option concrète.
Mbappé, cible facile d’une polémique malhonnête
Enfin, impossible d’ignorer la vague de désinformation entourant Kylian Mbappé. Une séquence vidéo, sortie de son contexte, a été utilisée pour accréditer l’idée d’un joueur défiant l’autorité du coach et entraînant le vestiaire dans sa rébellion. Cette lecture est intellectuellement malhonnête. Il s’agissait avant tout d’une réaction émotionnelle, sous l’effet de la colère et des tensions du Clasico. Rodrygo adoptait d’ailleurs une attitude similaire.
Assimiler frustration et insubordination relève d’un raccourci volontairement trompeur.
Conclusion : le football exige plus que des symboles
Xabi Alonso reste un entraîneur prometteur, mais le Real Madrid n’est pas un laboratoire. Ici, la conviction doit être immédiate, la progression visible, l’autorité incontestable. Les rumeurs de vestiaire ingérable et de joueurs irrespectueux relèvent davantage du sensationnalisme que de l’analyse. La vérité est plus simple, et plus cruelle : un projet qui n’a jamais trouvé son ancrage.
La Fuerza Blanca