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*EMMA ACHILLE, UNE VOIX AU SERVICE DE DIEU**_par Claudel Victor (pajlistwa@gmail.com)_*Emma Achille, icĂ´ne de la musique...
07/12/2023

*EMMA ACHILLE, UNE VOIX AU SERVICE DE DIEU*
*_par Claudel Victor ([email protected])_*

Emma Achille, icône de la musique évangélique en Haïti, s'est éteinte paisiblement hier, le lundi 10 juillet, en Floride, à l'âge vénérable de 89 ans. Son départ est dû aux séquelles d'un accident vasculaire cérébral survenu l'année précédente, une épreuve qui a marqué son existence.

Reconnue pour ses chants de Noël enchanteurs et ses interprétations émouvantes de cantiques tels que "Dans le silence", "Syèl la desann" et "Là-haut dans le ciel", Emma Achille a consacré une grande partie de sa vie à la musique sacrée. Ses premiers pas dans le domaine musical ont commencé au tournant des années 50, à l'Église Baptiste de Trou du Nord, non loin de sa ville natale de Sainte Suzanne, où elle a vu le jour le 24 avril 1934. Dès l'âge de 14 ans, elle s'implique activement dans sa communauté en participant à des événements tels que des enterrements, des mariages et des parades du 18 mai.

En 1968, elle publie son tout premier album intitulé "Emma Achille chante son Dieu". Deux ans plus t**d, animée par la quête d'une vie meilleure, elle émigre aux États-Unis. Cette même année, elle collabore avec Roger Colas pour sortir l'album "Cadeau de Noël".

En 1974, elle épouse Victor Placide.

En 1976, Emma Achille sort l'album "Nuit de Noël", qui sera réédité à plusieurs reprises par Géronimo Records. S'ensuivent "Les airs d'antan # 1" en 1984, "Les airs d'antan # 2" en 1987, "Pourquoi ne pas chanter / Les airs d'antan # 3" en 1990, et enfin "Foi et compassion" en 2003.

En raison de problèmes cardiaques, de diabète et d'hypertension, Emma Achille était peu mobile. Elle se déplaçait uniquement pour des visites médicales, des obligations familiales ou des séances de thérapie. Néanmoins, jusqu'à son dernier souffle, elle gardait espoir en une guérison complète de ses maladies. Son désir ardent était de continuer à servir le Seigneur à travers sa voix, une passion qui l'animait depuis toujours. D'ailleurs, elle travaillait sur un projet d'album en anglais.

Avec le décès d'Emma Achille, Haïti perd une figure marquante de la musique évangélique, mais son héritage musical et son dévouement inébranlable resteront gravés dans les mémoires. Ses chants continueront d'inspirer et d'élever les cœurs, rappelant l'importance de la foi et de la compassion.

5 Faits que vous devrez savoir sur le VenezuelaPar Claudel Victor (pajlistwa@gmail.com)A l’occasion du 5 Juillet, jour d...
07/06/2023

5 Faits que vous devrez savoir sur le Venezuela
Par Claudel Victor ([email protected])
A l’occasion du 5 Juillet, jour de sa fête nationale, plongez dans les coulisses de ce pays d'Amérique du Sud et découvrez cinq informations étonnantes qui éveilleront votre curiosité.
Un nom inspiré par l'architecture autochtone
Avant l'arrivée des Européens, le territoire était peuplé par diverses communautés indigènes, telles que les Caraïbes, les Arawaks et les Cumanagatos. Cependant, c'est en 1498, lors de son troisième voyage, que Christophe Colomb devint le premier navigateur européen à atteindre cette région. Rapidement, les Espagnols entreprirent de coloniser les îles et les régions côtières, dès 1520. La ville de Caracas, fondée en 1567, se distingua en tant que première colonie d'importance dans la région.
La dénomination "Venezuela", qui signifie littéralement "Petite Venise", est issue de l'observation des premiers explorateurs européens face aux habitations autochtones construites sur pilotis. Ces constructions leur rappelaient les canaux de la célèbre ville de Venise, en Italie. Ainsi, le territoire fut baptisé "Petite Venise" ou "Venezuela".
Les héros Simón Bolívar et Francisco de Miranda
Au Venezuela dans les années 1790, les idéaux révolutionnaires de la France, de Saint-Domingue et des autres îles des Antilles firent naître des mouvements de révolte. Les esclaves aspiraient à leur liberté, tandis que les métis réclamaient l'égalité. Malgré cela, la monarchie espagnole avait encore la capacité de mobiliser des troupes pour maintenir l'ordre établi.
À partir de 1806, Francisco de Miranda, un Vénézuélien et vétéran de la Guerre d'Indépendance américaine et de la Révolution française, tenta de rassembler les indépendantistes, mais sans succès. Cependant, le 5 juillet 1811, une déclaration d'indépendance fut proclamée à Caracas, profitant du chaos causé par l'invasion napoléonienne et les conflits entre les colons espagnols et les hispano-américains. Malheureusement, Miranda fut vaincu et emprisonné jusqu'à sa mort.
Simón Bolívar prit alors les rênes de la lutte pour l'indépendance. Après des années de combats, les forces dirigées par Bolívar, avec le soutien des Haïtiens et des Britanniques, remportèrent la victoire. En 1819, Bolívar proclama la République de Grande-Colombie, regroupant le Venezuela et la Colombie (y compris le Panama), puis l'Équateur en 1822. La bataille décisive de Carabobo, le 24 juin 1821, marqua un tournant majeur dans la quête de l'indépendance vénézuélienne, scellant sa liberté.
L’esclavage n’a pas été abolie rapidement
Élu président de la Grande-Colombie, Bolívar chercha à établir un régime autoritaire en s'appuyant sur le soutien populaire. Il continua à combattre les forces espagnoles dans l'espoir d'atteindre l'indépendance complète de toute l'Amérique hispanique.
Les indépendantistes abolirent les distinctions sociales et raciales de l'ancien régime, mais l'esclavage persista. Progressivement, les esclaves furent intégrés dans les armées en échange de leur liberté. Malgré les libérations armées, l'alliance avec Haïti et les efforts de Bolívar, l'indépendance ne signifia pas immédiatement la fin de l'esclavage. Ce n'est qu'en 1854 que l'abolition de l'esclavage fut enfin proclamée au Venezuela.
Turbulences de dictatures et de révolutions
L'histoire du Venezuela indépendant a connu des périodes agitées. Après la séparation de la Grande-Colombie en 1830, le pays a été marqué par des dictatures, des guerres civiles et des réformes. Les conservateurs ont pris le pouvoir jusqu'en 1848, suivis par la dynastie des Monagas. Des conflits ont éclaté avec la Colombie et le Pérou. En 1858, une guerre civile a éclaté, puis le dictateur Antonio Guzmán Blanco a dirigé le pays de 1870 à 1888, cherchant à moderniser l'économie. Les dictatures militaires ont ensuite pris le contrôle, dont celle de Cipriano Castro. En 1908, Juan Vicente Gómez est arrivé au pouvoir, suivi de divers présidents jusqu'en 1958.
Après des années de dictature, Rómulo Betancourt a instauré une république démocratique en 1945, introduisant une nouvelle constitution en 1961. Le Venezuela a connu des périodes de stabilité politique avec l'alternance des partis politiques. Cependant, des coups d'État militaires et des crises financières ont ébranlé le pays. L’industrie pétrolière a été nationalisée en 1975, générant des revenus importants pour moderniser l'économie.
Le Venezuela a connu un bouleversement économique majeur avec l'exploitation du pétrole à partir de 1922. Ce secteur est devenu le pilier de l'économie vénézuélienne, favorisant une croissance rapide et une modernisation du pays. Cependant, cette dépendance économique a également engendré des défis et des inégalités qui persistent encore aujourd'hui.
La Révolution bolivarienne d’Hugo Chávez
En 1998, Hugo Chávez, est élu président, marquant un nouveau tournant dans l'histoire du pays. Opposant farouche du néolibéralisme, il a initié la « révolution bolivarienne », prônant une redistribution plus équitable des richesses, des mesures sociales améliorées et le renforcement des pouvoirs présidentiels. Il a mis en place des programmes sociaux ambitieux, tels que les "missions" dans le domaine de la santé, en éducation, visant à lutter contre la pauvreté et à promouvoir l'alphabétisation. Réélu à plusieurs reprises, il a survécu à un coup d'État en 2002 et est resté au pouvoir jusqu'à sa mort en 2013.
Son successeur, Nicolas Maduro, a dû faire face à la chute des prix du pétrole et à des sanctions internationales qui ont fortement affecté l'économie du pays. Cette situation a entraîné une détérioration des conditions sociales, provoquant un mouvement migratoire massif sans précédent. La gouvernance autoritaire de Maduro a également suscité des protestations croissantes au sein du Parlement et dans les rues. En janvier 2019, Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale, s'est autoproclamé président par intérim, mais cela n'a pas réussi à remettre en question le pouvoir de Maduro.

https://sptfy.com/OdEE
07/05/2023

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*Sept choses que vous ne saviez pas sur la guerre de l’Indépendance des États-Unis**Par Claudel Victor (pajlistwa@gmail....
07/05/2023

*Sept choses que vous ne saviez pas sur la guerre de l’Indépendance des États-Unis*
*Par Claudel Victor ([email protected])*
*_La guerre de l'Indépendance des États-Unis, souvent évoquée dans les livres d'histoire, recèle encore bien des faits peu connus. Retraçons ensemble sept aspects de cet événement fondateur qui a changé le destin des 13 colonies américaines._*

*1) La guerre de Sept Ans et le Siècle des Lumières, des ingrédients clés de l'indépendance*
Le conflit majeur entre la France et la Grande-Bretagne, la guerre de Sept Ans (1756 - 1763), a laissé des cicatrices durables chez les Britanniques, endettant leur pays et incitant à des taxes plus élevées pour les colonies américaines. Cette période coïncidant avec le Siècle des Lumières a également joué un rôle crucial. Les idées éclairées ont renforcé le mécontentement des colons envers la domination britannique. La croissance démographique rapide et l'expansion coloniale (de 300 mille habitants en 1700 à 2,5 millions en 1770) ont favorisé le développement d'identités régionales distinctes, qui se sont unifiées, notamment à la suite d’événements marquants tels que le massacre de Boston et la Boston Tea Party, préparant ainsi le terrain pour la Révolution américaine.

*2) Le premier Congrès continental et la mobilisation des colons*
En septembre 1774, les délégués du premier Congrès continental, représentants de douze colonies sur treize, ont déclaré illégaux les actes de coercition britanniques et appelé à la formation de milices de défense. Certains colons, appelés loyalistes, restaient fidèles au gouvernement britannique, tandis que d'autres protestaient sans prendre les armes. Les délégués, issus des familles les plus fortunées, ont habilement mobilisé des marchands, des avocats, des artisans et utilisé la propagande pour obtenir le soutien populaire. Cette élite coloniale aspirait à davantage de pouvoir et d'autonomie.

*3) George Washington, un choix clé pour diriger l'armée continentale*
La bataille de Lexington en 1775 marque le début du conflit armé, avec le Massachusetts devenant le "berceau de l'indépendance". Le deuxième Congrès continental décide alors de former une armée continentale placée sous le commandement de George Washington. Ce choix repose sur sa réputation de patriote engagé et de riche propriétaire terrien de Virginie, garantissant son indépendance financière. Son expérience de chef lors de la guerre franco-indienne a également pesé dans cette décision. En tant que Virginien, sa provenance du Sud a contribué à renforcer l'union des colonies pour une indépendance solide et représentative.

*4) Les limites de la Déclaration d'indépendance*
La Déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776, qui exprime le désir de liberté des colons, reflète néanmoins les valeurs de son époque. Si elle proclame l'égalité, elle ne reconnaît pas les droits des femmes, des Amérindiens, ni des personnes réduites en esclavage. Cette égalité proclamée s'appliquait principalement aux hommes blancs, créant ainsi des limites dans son application. L'omission de l'esclavage reflétait la situation dans certaines colonies qui ne l'avaient pas encore aboli, et parmi les rédacteurs se trouvaient des esclavagistes.

*5) La guerre d'indépendance, un long combat pour la reconnaissance*
La guerre d'indépendance s'est étendue de 1775 à 1781. Elle a opposé principalement l'armée continentale, sous le commandement de George Washington, à l'armée britannique soutenue par les milices loyales aux colonies et des alliés européens. Les principaux affrontements se sont déroulés sur la côte est, à Boston, New York et Philadelphie. Malgré les difficultés rencontrées par les troupes américaines, moins nombreuses et moins bien équipées, l'armée continentale, constituée de volontaires aux effectifs fluctuants, a remporté des victoires décisives grâce à l'appui crucial de la France en 1778. Les tactiques de guérilla américaines ont également rendu difficile le triomphe britannique. La guerre s'est achevée par la capitulation britannique à Yorktown en 1781, suivie de la reconnaissance officielle des États-Unis en tant que nation souveraine par le traité de Paris en 1783.

*6) Les esclaves et la guerre d'indépendance*
Dans une tentative d'affaiblir l'économie et l'armée américaines en privant les colonies de main-d'œuvre, les Britanniques ont cherché à recruter des esclaves en leur promettant la liberté. Bien que de nombreux esclaves aient fui leurs maîtres pour rejoindre l'armée britannique, la plupart ont été utilisés principalement comme main-d'œuvre plutôt que comme soldats. La promesse de liberté n'a pas toujours été tenue, certains esclaves recrutés ayant été ré-esclavagisés ou vendus à de nouveaux maîtres dans les plantations des Caraïbes. Les Britanniques ont recruté des esclaves dans leurs propres intérêts stratégiques, et non dans un esprit abolitionniste.

*7) Le siège de Savannah et la contribution haïtienne*
Le siège de Savannah en 1779 constitue une bataille importante de la guerre d'indépendance. Les forces franco-américaines ont tenté de reprendre la capitale de la Géorgie aux Britanniques. Le comte Charles-Henri d'Estaing, gouverneur de Saint-Domingue, est arrivé avec près de 4000 hommes pour soutenir les troupes américaines. Parmi ces combattants, un groupe d'environ 800 affranchis connus sous le nom de "les chasseurs volontaires" de Saint-Domingue s'est distingué. Henry Christophe, Jean-Baptiste Chavannes, André Rigaud et Jean-Louis Villate ont participé à cette bataille. Il faudra attendre 2008 pour qu'une résolution souligne leur participation et leur rende hommage. Cette résolution a été introduite par Kendrick Meek, représentant démocrate du 17e district de la Floride.

Jean-Claude Duvalier naquit à Port-au-Prince le 3 Juillet 1951. Alors qu'il n'avait que six ans, son père devint préside...
07/04/2023

Jean-Claude Duvalier naquit à Port-au-Prince le 3 Juillet 1951. Alors qu'il n'avait que six ans, son père devint président d’Haiti. Ses études classiques se déroulèrent au Collège Bird et au Collège Saint Louis de Gonzague, mais il ne put jamais terminer ses études de droit. Le 22 janvier 1971, François Duvalier désigna publiquement Jean-Claude comme son successeur. Un référendum ratifia cette décision en janvier 1971.

Ainsi, en avril 1971, après la mort de son père, Jean-Claude Duvalier prêta serment et devint président d'Haïti, à seulement 19 ans. Durant son mandat, un corps d’élite appelé les Léopards fut créé avec l’aide des États-Unis, et l’académie militaire rouvrit ses portes. Des avancées significatives furent accomplies, notamment en irrigation dans la vallée de l’Artibonite et dans la plaine des Gonaïves, ainsi que la rénovation des équipements portuaires de Port-au-Prince et la construction de bâtiments scolaires et hospitaliers.

Haïti devint le premier producteur mondial de balles de baseball, des investissements touristiques étrangers furent réalisés, et la deuxième vague de migration contribua à l'économie nationale. Cependant, la répression politique en 1980 mit fin à la libéralisation du régime.

Les modifications constitutionnelles de 1983 et 1985 n'apaisèrent pas les tensions politiques grandissantes. Face aux manifestations et aux morts, Jean-Claude Duvalier quitta le pays en février 1986 à bord d’un avion militaire américain, laissant derrière lui un Conseil national de gouvernement.

Il s'exila en France avec sa femme Michele et leurs enfants Nicolas et Anya, emportant avec lui une fortune estimée à près de 120 millions de dollars, provenant des fonds de l'état haïtien et transférés en partie dans des banques suisses.

Pendant 24 ans, 11 mois et 9 jours, il vécut en exil jusqu'à son retour inattendu à Haïti le 16 janvier 2011. Accueilli par des sympathisants nostalgiques de son ancien gouvernement, il fut rapidement confronté à des poursuites judiciaires.

Malgré des convocations devant le cabinet d’instruction pour être interrogé, Jean-Claude Duvalier vécut une vie relativement tranquille dans son pays. Sa santé fragile le fit cependant faire face à plusieurs alertes médicales, mais personne n'aurait pu prévoir que sa mort surviendrait subitement le samedi 4 octobre 2014, apparemment victime d’une crise cardiaque.

*25 ans après la disparition de Théodore Beaubrun "Languichatte", que devient son héritage artistique ?*  _Théodore Beau...
07/01/2023

*25 ans après la disparition de Théodore Beaubrun "Languichatte", que devient son héritage artistique ?*

_Théodore Beaubrun, comédien emblématique, tambourineur, chanteur et danseur, a marqué de son talent le théâtre populaire haïtien pendant presque cinquante ans. Aujourd'hui, nous célébrons le quart de siècle écoulé depuis sa disparition, rendant hommage à cet homme aux multiples facettes._

*Une vie dédiée au théâtre populaire*
Il était un homme de théâtre et de télévision, mais il a également exercé les métiers de journaliste, de tambourineur, de chanteur et de danseur. Personne n'a autant incarné et contribué au théâtre populaire haïtien au cours des cinquante dernières années que celui que nous saluons aujourd'hui. Personne n'a autant travaillé à son épanouissement et à lui conférer sa renommée.

Théodore Beaubrun est né le 26 décembre 1918 à Port-au-Prince, aîné d'une fratrie de cinq enfants. Ses parents sont Chardavoine Beaubrun et Clémence Michel. Dès son enfance, il se démarquait par ses mimiques et ses paroles comiques, ce qui lui valait quelques ennuis à l'école. Théodore Beaubrun a fait ses études primaires au Petit Séminaire Collège Saint Martial et ses études secondaires au Lycée Alexandre Pétion. Il a suivi les cours privés d'Antoine Vieux et a obtenu son diplôme de bachelier. Sa plus grande passion était le folklore.

*Un parcours prolifique*
En 1938, à l'âge de vingt ans, il réalisa son premier sketch intitulé "Languichatte Avocat". Au début de l'année 1940, il embrassa brièvement la carrière d'enseignant. La même année, il rejoignit le groupe folklorique "L'heure de l'art haïtien" fondé par Clément Benoit. En 1941, il coanimait une émission à la radio avec les Frères Caraha, Georges et Charles, et ses blagues succulentes faisaient déjà sensation. En 1942, il fonda la troupe Languichatte et présenta sa pièce intitulée "Languichatte se Marie" au Rex Théâtre, remportant un énorme succès pour un débutant. Parmi ses autres pièces de théâtre, on compte "Coup sur coup" (1942), "La maison de Baca" (1942) et "Ti Zoute" (1943).

Le 25 décembre 1944, il lança son propre journal humoristique intitulé "Le Rasoir", qui cessa de paraître en 1960. Il quitta le journalisme pour revenir à son véritable domaine, le théâtre. En 1947, il partit pour les États-Unis, où il fonda une troupe folklorique avec d'autres musiciens et danseurs. Cette troupe représentait Haïti lors de différentes rencontres culturelles à l'étranger. Il fit également partie d'une troupe cubaine appelée Orelia. Lors d'une tournée à Washington D.C., il rencontra la mère de ses trois premiers enfants, Luce Améris.

En 1954, il devint directeur général du Théâtre de Verdure, occupant ce poste jusqu'en 1957. Grâce à cette fonction, il put participer à divers festivals internationaux en Espagne, en Grèce et aux États-Unis. En Espagne, il remporta le premier prix folklorique, et les États-Unis lui décernèrent un certificat honorifique au grade de "Colonel". En 1954, il fit une apparition dans le film américain "The Golden Mistress", tourné en Haïti et sorti la même année.

Pendant les années 1965 et 1966, il se produisit sur Télé Haiti, l'unique chaîne de télévision du pays à l'époque. Il y racontait des blagues, jouait des sketches et chantait des chansons, immortalisant notamment son célèbre pantalon trois quarts. Il faisait également de la publicité pour la marque de ci******es Banda.

En 1972, il sortit son premier album intitulé "Languichatte Debordus. 30th Anniversaire 1942 - 1972", accompagné par l'Orchestre Septentrional. Trois autres albums suivirent : "Blagues ... Musiques ... Blagues" en 1978, accompagné par l'Ensemble Select de Coupé Cloué ; "Le Roi du Rire en Haïti. Troupe Languichatte. 1942 A l'occasion du 38ème Anniversaire" en 1980 ; et "Ses Meilleures Blagues & Chansons" en 1984.

Pendant cette période, il faisait également beaucoup de publicités pour différentes marques et maisons de commerce.
Théodore Beaubrun joua dans le téléfilm "Gouverneurs de la Rosée", réalisé par Maurice Failevic en 1975, une adaptation du roman de Jacques Roumain, tourné entièrement en Haïti dans des décors naturels.

Le 27 mai 1978, lors d'une cérémonie organisée par la communauté haïtienne de New York, par l'intermédiaire de la Haitian American Independent Talents Inc., il reçut un magnifique trophée en tant que "Le plus grand acteur haïtien de tous les temps".
En 1982, il commença à jouer dans sa propre série télévisée "Languichatte au 20ème Siècle" diffusée sur la TNH, avec Mantoute, Azibe et Mélanie. Cette série, composée de 500 épisodes, diffusée le vendredi soir, marqua toute une génération.
Le 24 avril 1982, il présenta sa comédie "La vie nan New York" au Rex Théâtre.

En 1988, il réalisa son premier long métrage intitulé "Founérailles", le premier film haïtien tourné entièrement en vidéo, projeté au ciné Capitol.
En 1990, il fut contraint de mettre fin à ses activités en raison de la maladie de Parkinson dont il souffrait depuis une dizaine d'années. Les deux dernières années de sa vie, il fut cloué au lit, mais son état s'améliora au cours des trois derniers mois avant sa mort.

Il décéda le 30 juin 1998, à l'âge de 80 ans, et fut enterré dans la plus stricte intimité. Sa dépouille fut exposée au Musée du Panthéon National (MUPANAH) le jour de ses funérailles. Deux autres piliers de la troupe, Renel Delsoin "Azibe" décédé le 13 mai 1999 et Marie-André Raymond Jeudy alias "Mantoute" décédée le 18 janvier 2013, disparurent par la suite.

En 2002, la troupe Languichatte revint sur scène avec "Les locataires des Debordus", une série télévisée de 12 épisodes. Le projet bénéficia finalement du soutien financier du Ministère de l'Environnement.

Théodore Beaubrun, père de neuf enfants, se maria deux fois. Sa deuxième femme, Ginette Mompremier, joua le rôle de Mélanie dans la série et sur scène. Ginette Mompremier Beaubrun, de son vrai nom Mélanie, fut initiée au théâtre par son mari, Théodore Beaubrun. Elle révéla ses talents de couturière professionnelle et fonda son propre atelier de haute couture, "Ginette Haute Couture", qui permit de subvenir aux besoins de la famille.

*Un héritage artistique vivant*
Bien que sa famille ne soit plus impliquée dans le théâtre et la comédie, elle continue d'évoluer dans le monde de la musique et de la danse. Théodore Beaubrun Jr "Lolo" est le co-fondateur et leader du groupe rasin Boukman Eksperyans, qu'il dirige depuis 1978 avec sa femme Mimerose Pierre "Manzè" Beaubrun. Jean Daniel "Dadi" Beaubrun, guitariste et bassiste, est un brillant compositeur, parolier, producteur, multi-instrumentiste et ingénieur. Depuis sa carrière bien remplie avec les Boukman Eksperyans, Daniel a collaboré avec des artistes reconnus. Marjorie Beaubrun a également collaboré en tant que chanteuse et danseuse avec Boukman Eksperyans. Emmanuel Beaubrun "T-man" est un rappeur, chanteur et écrivain.

Après avoir collaboré pendant plusieurs années avec Boukman Eksperyans, TAL et Dadju, Ralph Beaubrun a décidé de poursuivre sa carrière musicale en solo.

Les petits-enfants de Théodore Beaubrun sont également impliqués dans le domaine artistique. Ted Gabriel Beaubrun "TedyBoy", producteur évoluant dans le rap, a joué du tambour pendant un certain temps au sein de Boukman Eksperyans. Paul Beaubrun a lancé le groupe Zing Experience en 2005. Laura Beaubrun, danseuse, chorégraphe et professeure de danse, a réalisé les chorégraphies des spectacles de Boukman Eksperyans par le passé.

*Claudel Victor*
*([email protected])*

06/30/2023

Paj Listwa sou Languichatte (Théodore Beaubrun) pi gran komedyen popilè

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06/29/2023

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