01/31/2026
ÉDITORIAL
La cacophonie haïtienne emporte ce qui nous reste de souveraineté
À 8 jours du 7 février, date prévue depuis deux ans pour la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, aucune solution n’a émergé au sein de la classe politique haïtienne pour dessiner la suite.
À 8 jours du 7 février, date prévue depuis deux ans pour la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, aucune solution n’a émergé au sein de la classe politique haïtienne pour dessiner la suite.
Ce vendredi 30 janvier 2026, des partis politiques et acteurs de la société civile se sont tournés encore une fois vers la Caricom pour essayer de construire un projet commun. Comme c’est le cas depuis deux ans lors de toutes les rencontres entre les acteurs haïtiens et les Éminentes personnalités de la Caricom, la cacophonie a pris la place de tout éventuel consensus.
Chaque groupe politique avait sa petite proposition de sortie de crise et aucun autre n’y adhérait à cent pour cent. Résultat, nos congénères de la Caraïbe ont assisté, une fois de plus, au naufrage de l’intelligence haïtienne lestée de sectarisme, de mauvaises évaluations, de failles et d'inconsciences.
Pour la énième fois, une réunion de la plus haute importance se termine sur une demande de convocation d’une future réunion pour épuiser le point à l’ordre du jour. Il en est ainsi depuis des mois. Chacun sait pourtant que jamais on ne pourra satisfaire les intérêts de tout le monde.
Caractéristique majeure de la réunion du jour, les principaux poids lourds signataires de la dernière entente qui a permis la création du Conseil présidentiel de transition en 2024 n’ont pas participé à la rencontre. Les membres du CPT non plus. Le premier ministre en poste non plus.
Il est à se demander quelle légitimité peut avoir une solution de dernière minute autour d’un aréopage limité ?
L’autre question est qu’est-ce qui est encore possible alors que la résolution prise par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 29 janvier 2026 semble avoir déjà décidé des contours de la prochaine transition ?
En politique, aucune bataille n’est jamais finie tant qu’il y a des voix, des bras, des têtes qui continuent de vouloir la victoire. Alors, jusqu’au 7 février et même après, le combat pour orienter ou organiser la transition va se poursuivre.
Une seule certitude, nos politiques sont des spécialistes des notes discordantes et la cacophonie érode la souveraineté. Elle pourrait même finir par la réduire à un souvenir flou.
Frantz Duval