08/01/2026
Insécurité en Haïti : Myriam Amilcar estime que la sécurité doit précéder les élections
Invité de l'émission Regard Enfo Non-stop, animée par la journaliste Helena Valmont, l'ancien député de Saint-Michel de l'Attalaye, Myriam Amilcar, a affirmé qu'aucune force de sécurité étrangère ne pourra résoudre durablement la crise sécuritaire en Haïti. Selon lui, les différentes missions internationales déployées dans le pays n'ont pas permis de rétablir la sécurité ni de mettre fin à l'expansion des groupes armés.
Pour appuyer son argumentation, l'ancien parlementaire a rappelé les principales missions internationales ayant été déployées en Haïti depuis 2004 :
Force multinationale intérimaire (FMI) : 2004 ;
Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) : 2004-2017 ;
Mission des Nations Unies pour l'appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH) : 2017-2019 ;
Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) : depuis 2019 ;
Mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS) : depuis 2024 ;
Force de Répression des Gangs (FRG) : 2026.
Selon Myriam Amilcar, malgré le déploiement de ces différentes missions, la situation sécuritaire n'a cessé de se détériorer. Il a notamment dénoncé la progression des groupes armés dans le département de l'Artibonite, où une partie importante des terres agricoles est sous leur contrôle, empêchant les agriculteurs de produire du riz. Il a également exprimé son inquiétude face à la situation dans la commune de Saint-Michel de l'Attalaye, affirmant que les bandits commencent à s'implanter dans la 7ᵉ section communale.
Abordant la question des élections, l'ancien député s'est déclaré favorable à leur organisation afin de permettre au pays de retrouver des dirigeants élus. Toutefois, il estime qu'aucun scrutin crédible ne pourra être organisé tant que les candidats ne pourront pas mener librement leur campagne, que les routes nationales resteront bloquées et que plusieurs territoires demeureront sous le contrôle des gangs.
Afin de rétablir la sécurité, Myriam Amilcar préconise un renforcement du système judiciaire à travers la création de nouveaux tribunaux, la nomination d'un plus grand nombre de juges d'instruction et un meilleur encadrement de la Police nationale d'Haïti. Il plaide également pour un processus de vérification des policiers impliqués dans des activités criminelles, le renforcement des Forces armées d'Haïti par l'acquisition de nouveaux équipements, l'augmentation du recrutement de jeunes militaires et la construction de nouveaux commissariats afin de freiner l'expansion des gangs.
Enfin, Myriam Amilcar propose la fermeture temporaire de la frontière avec la République dominicaine pendant deux à trois mois afin de limiter l'entrée d'armes illégales. Il recommande également le déploiement des Forces armées d'Haïti aux frontières, dans les ports, les aéroports et sur les espaces maritimes afin de renforcer le contrôle du territoire national.
Pour conclure, l'ancien député a réaffirmé que sans sécurité, il ne peut y avoir d'élections crédibles en Haïti, faisant de la lutte contre l'insécurité la priorité absolue pour le pays.