07/12/2026
❤️🇨🇺 Mon corps me parlait déjà...
Quand je me suis réveillée ce lundi matin, mon corps n'avait jamais vraiment eu la chance de récupérer.
Les quatre heures de sommeil de notre première nuit n'avaient rien réparé.
J'avais l'impression de commencer cette journée avec toute la fatigue de la veille encore accrochée à moi. Je me sentais brûlée. Vidée. Pourtant, je continuais de me répéter que ce n'était qu'une mauvaise nuit et que j'allais finir par récupérer.
Après tout...
la semaine ne faisait que commencer.
On avait tellement de choses à faire.
Le lendemain, les enfants arrivaient. L'anniversaire de mon mari approchait. Il fallait parcourir La Havane pour trouver de l'eau, des boissons, des verres en plastique et tout ce qu'il fallait pour recevoir la famille.
Là-bas, organiser un anniversaire, ce n'est pas simplement aller au magasin.
Chaque commission demande plusieurs déplacements en bicytaxi, beaucoup de marche, de la patience... et parfois plusieurs arrêts avant de trouver ce qu'on cherche.
Je savais déjà que cette journée me demanderait beaucoup d'énergie.
Une énergie que je n'avais plus vraiment.
Mais je n'ai rien dit.
J'ai choisi de cacher ma détresse.
Je ne voulais pas être celle qui ralentissait tout.
Je ne voulais surtout pas que mon mari passe nos retrouvailles à s'inquiéter pour moi.
Après cinq mois à attendre cette semaine, je voulais qu'il profite de chaque minute. Je voulais préparer une belle fête, réunir sa famille et leur offrir, le temps d'une soirée, un petit répit dans un quotidien qui est souvent difficile.
Alors je me répétais sans arrêt :
« Je vais toffer. »
On a passé la journée à courir d'un endroit à l'autre.
À chaque déplacement, j'avais l'impression que tous mes sens étaient mis à l'épreuve en même temps.
La chaleur qui m'écrasait.
L'odeur du diesel qui semblait s'accrocher à mes vêtements.
La musique qui s'échappait des maisons, des voitures... de partout.
Être entassés les uns sur les autres pour se déplacer.
J'avais l'impression que mon cerveau n'avait plus une seule seconde de répit.
Et mon corps non plus.
En fin d'après-midi, on est allés rendre visite à des amis qui occupent une place bien spéciale dans mon cœur. Ils m'ont accueillie à bras ouverts dès notre toute première visite, en décembre dernier.
Quand on est arrivés, il y avait de l'électricité. On en a presque profité comme si c'était un luxe.
Trente minutes plus t**d...
plus de courant.
Personne ne s'est plaint.
Personne ne s'est fâché.
La vie a simplement continué.
Comme si c'était normal.
Et je crois que c'est à ce moment-là que j'ai commencé à comprendre, pour vrai, ce que les Cubains vivent au quotidien.
Je savais que je devais manger...
La nourriture était devant moi.
Mais avec cette chaleur...
mon corps refusait.
Les seuls repas que j'arrivais vraiment à avaler étaient ceux pris dans un restaurant climatisé.
Dès que je retrouvais un peu de fraîcheur, mon appétit revenait d'un seul coup.
J'avais l'impression que je pourrais manger un cerf au complet.
Puis on ressortait...
et tout recommençait.
Au fond, ce qui me faisait le plus mal n'était pas la chaleur.
Ce n'était pas le manque de sommeil.
Ce n'était même pas la faim.
C'était de ne plus me reconnaître.
Tous ceux qui me connaissent savent que je suis une personne active. J'aime prendre soin des gens que j'aime. J'aime cuisiner pour mon mari, le dorloter et être aux petits soins pour lui. C'est ma façon de lui dire que je l'aime.
Mais cette semaine-là...
mon corps ne me permettait plus d'être la Tania que mon mari connaît.
La Tania qui cuisine.
La Tania qui rit.
La Tania qui court partout.
La Tania qui prend soin de lui.
J'avais l'impression qu'il ne restait qu'une partie de moi.
Ce voyage, c'est le seul moment de l'année où je peux être simplement une femme.
Pas une maman.
Pas celle qui organise tout.
Pas celle qui pense à tout le monde avant de penser à elle.
Simplement...
une femme amoureuse.
Et même ça...
mon corps était tranquillement en train de me l'enlever.
Je voulais tellement prendre soin de mon mari.
Sans même m'en rendre compte...
c'était lui qui commençait doucement à prendre soin de moi.
Je n'étais simplement pas encore prête à l'accepter.
Et malgré tout...
je continuais de sourire.
Je continuais de dire que ça allait.
Je continuais de me répéter :
« Je vais toffer. »
Mon corps me demandait d'arrêter.
Mon cœur, lui, refusait de perdre une seule minute avec l'homme que j'aime.
Cette semaine-là, j'ai compris une chose.
Le corps a ses limites.
L'amour, lui, nous pousse parfois à aller un peu plus loin que ce qu'on croyait possible.
Et c'est exactement ce que j'ai fait. ❤️
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